La Cinquième République 1995 – 2012

D’après Histoire de France sous la Cinquième République, wikipedia
 

La présidence de Jacques Chirac (1995-2007)

Premier mandat : septennat (1995-2002)

Jacques Chirac

Le 7 mai 1995, Jacques Chirac est élu président de la République au second tour de l’élection présidentielle face au socialiste Lionel Jospin. Il nomme Alain Juppé Premier ministre, et écarte du gouvernement les personnalités qui ont soutenu la candidature de Édouard Balladur, notamment Nicolas Sarkozy. Le début de son mandat est marqué par une vague d’attentats. Fin 1995, le pays est paralysé par une grève historique, en cause la réforme de la sécurité sociale appelée plan Juppé, et l’ensemble de la politique économique du gouvernement, notamment les privatisations. L’année 1996 est marquée par l’expulsion de sans-papiers de l’Église Saint-Bernard. Face à une forte impopularité, et souhaitant relancer son action, Jacques Chirac décide de dissoudre l’Assemblée nationale au printemps 1997. La Gauche plurielle l’emporte, le socialiste Lionel Jospin devient Premier Ministre et c’est la Troisième cohabitation.

La priorité du nouveau gouvernement est de réduire le chômage, ainsi que la préparation de l’entrée de la France dans la Zone euro. Martine Aubry lance les 35 heures, et Dominique Strauss-Kahn mène une politique de réduction des déficits. En juin 1998, la France organise la Coupe du monde de football, et la remporte. Le pays est pris d’euphorie, d’autant que les résultats économiques sont bons, le chômage baisse fortement. En 1999, le préfet de Corse Bernard Bonnet est impliqué dans L’affaire des paillotes, le pétrolier l’Erika pollue les plages bretonnes, et deux tempêtes historiques frappent la France. Le gouvernement est remanié début 2000 à la suite de la démission de Dominique Strauss-Kahn, plusieurs figures historiques de la gauche intègrent le gouvernement, comme Laurent Fabius ou Jack Lang. En septembre 2000, le mandat présidentiel est réduit à cinq ans par un référendum marqué par une forte abstention (69,81 %).

Les derniers mois du mandat de Jacques Chirac sont marqués par l’émotion internationale suscitée par les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, par le soutien militaire français lors de la guerre d’Afghanistan, et par une forte hausse du sentiment d’insécurité.

Les élections de 2002

Candidat arrivé en tête dans chaque département au 1er tour de l’élection présidentielle de 2002

Articles détaillés : Élection présidentielle française de 2002 et Élections législatives françaises de 2002.

Au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, le candidat frontiste Jean-Marie Le Pen suscite une surprise historique en éliminant Lionel Jospin. Tous les sondages créditaient le président du Front national de « troisième homme », avec entre 9,5 et 14 % d’intentions de vote. Il arrive finalement en 2e position avec 16,86 % des suffrages, devançant de justesse Lionel Jospin (16,18 %). Au second tour le 5 mai, profitant du vaste sursaut républicain (l’abstention passe de 28,40 à 20,29 %) et du report exceptionnel des voix de la gauche, Jacques Chirac est massivement réélu avec 82,21 % des voix, un score sans précédent dans l’histoire de la Ve République; il entame un second mandat qui dure cette fois-ci 5 ans, en obtenant dans la foulée la majorité à l’Assemblée nationale à l’issue des élections législatives. Il peut ainsi nommer un Premier ministre de droite : Jean-Pierre Raffarin.

Second mandat : quinquennat (2002-2007)

Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin a plusieurs objectifs : renforcer la sécurité (par Nicolas Sarkozy), réformer les retraites (par François Fillon) et relancer l’économie (par Francis Mer). En février 2003, Jacques Chirac refuse d’engager la France dans la guerre en Irak. Durant l’été 2003, la France doit faire face à une canicule au cours duquel 15000 personnes âgées décéderont. En raison de la colère sociale, la majorité perd les élections régionales de 2004, ce qui entraîne un 1er remaniement. Mais les résultats ne s’améliorent pas et les français disent non au référendum sur la Constitution européenne. Jean-Pierre Raffarin est alors remplacé par Dominique de Villepin.

Six mois plus tard, après la mort de deux jeunes poursuivis par la police nationale, et réfugiés pour leur échapper dans un transformateur EDF (un troisième ne sera que blessé), des émeutes éclatent dans des banlieues en novembre 2005 qui s’expliquent par le manque de l´intégration des immigrés en provenance des anciennes colonies et ce sont eux les plus touchés par le chômage. Au niveau international, la France est décrite comme vivant un climat insurrectionnel. Un couvre-feu provisoire sera mis en place en décembre.

La lutte contre le chômage est la priorité du gouvernement, qui propose en septembre 2005 le CNE (déclaré en juillet 2007 illégal par les Instances Internationales). Six mois plus tard, il propose le CPE réservé aux jeunes, mais un vaste Mouvement anti-CPE se met en place et fait reculer le gouvernement. À la fin de ces événements agités, le Pouvoir se contentera de gérer les affaires courantes, et sera principalement occupé par l’affaire Clearstream, puis par la présidentielle de 2007.

La présidence Nicolas Sarkozy (2007 – 2012)

Nicolas Sarkozy

Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la République au second tour de l’élection présidentielle face à la socialiste Ségolène Royal. Il nomme François Fillon Premier ministre, et pratique l’ouverture à des personnalités de gauche, comme Bernard Kouchner. Plusieurs réformes sont rapidement lancées : Loi TEPA qui met en place plusieurs mesures fiscales, suppression (partielle) de la publicité sur France Télévisions, création du RSA, réforme de la carte judiciaire, proposition et adoption du Traité de Lisbonne qui remplace la constitution européenne morte née en 2005.

Fin 2008, la France doit faire face à la Crise des subprimes. Les bourses s’effondrent et l’économie entre en récession. Des mesures de relance sont mises en place, comme la suppression de la 1e tranche de l’impôt sur le revenu, ou le retour d’une prime à la casse automobile. Malgré cela, le chômage augmente, le pouvoir d’achat des Français baisse. Durant l’été 2010, la France est vivement critiquée pour avoir mis en place des expulsions massives et discriminatoires de roms à la suite d’un fait divers. Dans le même temps, les retraites sont réformées par Éric Woerth, avec de nombreuses manifestations et une polémique qui éclate à la suite de l’implication présumée du ministre dans plusieurs affaires. Le président atteint alors un niveau d’impopularité record16.

Fin 2010, le président choisit de relancer l’action gouvernementale, avec le départ de Jean-Louis Borloo, Bernard Kouchner et Éric Woerth et le retour d’Alain Juppé. Quelques semaines plus tard, la nouvelle ministre des affaires étrangères Michelle Alliot Marie est contrainte de démissionner après une série de maladresses au cours de la Révolution tunisienne. Elle est remplacée par Alain Juppé, ainsi que Brice Hortefeux au ministère de l’intérieur par Claude Guéant, qui durcit alors le discours sur l’immigration. Dans le même temps, la France intervient militairement en Libye et en Côte d’Ivoire sous mandat de l’ONU.

Une nouvelle étape de la crise frappe la France et l’Europe durant l’été 2011. Les bourses s’effondrent à la suite de la perte du triple A par les États-Unis, et la confiance disparaît dans les dettes publiques. Le gouvernement est contraint de lancer un premier plan d’austérité de 11 milliards d’euros fin août, puis un autre de 8 milliards en novembre. De plus, les sommets européens tentent de résoudre les problèmes grecs, espagnols et italiens.

Mais les efforts du gouvernements sont vains, et l’agence de notation Standard & Poor’s dégrade la note de la France en janvier 2012. Le président, alors en difficulté dans les sondages pour sa réélection, réunit un sommet social pour atténuer la hausse du chômage. Il décide également de relancer la TVA sociale, entraînant un passage de la TVA de 19,6 % à 21,2 %. La fin du mandat de Nicolas Sarkozy est marquée par les tueries de Toulouse et Montauban.

Candidat à sa propre succession, Nicolas Sarkozy mène une campagne marquée par un positionnement très à droite. Lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, il se qualifie pour le second tour au cours duquel il rassemble 48,36 % des voix. Il quitte la présidence de la république le 15 mai 2012 avec un beau geste républicain, les cérémonies du 8 mai où il accueille son successeur, François Hollande.

La présidence François Hollande (depuis 2012)

François Hollande en janvier 2012.

Le 6 mai 2012, François Hollande est élu président de la République au second tour de l’élection présidentielle face au candidat sortant Nicolas Sarkozy. Il nomme Jean-Marc Ayrault Premier ministre, et compose un gouvernement paritaire (17 femmes et 17 hommes), et marqué par une grande diversité.