La Cité de Lyon, cadre de vie des citoyens

La Cité de Lyon, cadre de vie des citoyens

Description de Lyon par STRABON, géographe grec, au Ier siècle de notre ère. La ville compte alors 50 à 80000 habitants.

« La ville même de Lugdunum qui s’élève adossée à une colline, au confluent de la Saône et du Rhône, est une établissement romain. Il n’y pas dans toute la Gaule, à l’exception cependant de Narbonne, de ville plus peuplée, car les Romains en ont fait le centre de leur commerce, et c’est là que leurs préfets font frapper toute la monnaie d’or et d’argent. C’est là aussi qu’on voit ce temple ou édifice sacré, hommage collectif de tous les peuples de la Gaule, érigé en l’honneur de César Auguste ; il est placé en avant de la ville, au confluent même des deux fleuves, et se compose d’un autel considérable, où sont inscrits les noms des soixante peuples d’un même nombre de statues, dont chacune représente un de ces peuples, enfin d’un grand naos ou sanctuaire. Lugdunum est en même temps le chef lieu du territoire des Ségusiaves, lequel se trouve compris entre le Rhône et le Doubs. » Strabon, Géographie, IV, 3.

Texte des Tables claudiennes, 48

« Certes, ce fut une initiative hardie que prirent mon grand-oncle maternel, le divin Auguste, et mon oncle Tibère César, lorsqu’ils voulurent que toute la fleur des colonies et des municipes, de n’importe quelle région, s’agissant bien entendu de personnalités honorables et riches, puisse entrer dans cette curie. Eh quoi ? Un sénateur italien ne doit donc pas être préféré à un provincial ? J’aurai bientôt, quand j’en viendrai à vous faire approuver cette partie de ma censure, à vous exprimer sur ce point mon avis. Mais je ne crois pas qu’il faille repousser les provinciaux, pourvu qu’ils puissent faire honneur à la curie. Voyez cette très distinguée et très puissante colonie des Viennois, qui depuis longtemps déjà fournit des sénateurs à cette curie ! C’est de cette colonie que sort Lucius Vestinus, qui honore plus que beaucoup l’ordre équestre, que j’aime d’une très proche affection et que je retiens actuellement dans mes services.(…) C’est maintenant, Tibère César Germanicus, de révéler aux Pères conscrits le but de ton discours, car tu es déjà parvenu aux limites extrêmes de la Gaule narbonnaise. Voyez tous ces brillants jeunes gens, qui sont devant mes yeux ! Il n’y a pas plus de raison de regretter de les voir sénateurs, que de regretter de voir Persicus, de très grande noblesse et mon ami, lire parmi les portraits de ses ancêtres le nom d’Allobrogique. Et si vous approuvez qu’il en soit ainsi, que désirez-vous d’autre, sinon que je vous montre du doigt que le sol même qui se trouve au-delà de la Narbonnaise vous envoie déjà des sénateurs, puisque nous avons dès maintenant dans notre ordre des personnalités de Lyon, dont nous n’avons pas à regretter la présence ? Timidement, certes, Pères conscrits, j’ai dépassé les bornes provinciales qui vous sont accoutumées et familières, mais c’est ouvertement que doit être plaidée maintenant la cause de la Gaule chevelue. Et si on considère que ses habitants ont fait pendant dix ans la guerre au divin Jules, il faut aussi mettre en regard les cent années d’immuable fidélité et d’obéissance plus qu’éprouvée, en de nombreuses circonstances critiques pour nous. Lorsque mon père Drusus soumettait la Germanie, ils lui ont assuré une paix garantie par leur calme et leur sécurité sur ses arrières, et cela au moment même où la guerre le détournait du recensement, opération alors nouvelle et insolite pour les Gaulois … »

Ph. Fabia, La table Claudienne de Lyon, Lyon, 1929, pp. 64-65.

Après avoir présenté les documents, répondez aux questions suivantes :

1. Quelles informations contenues dans les documents prouvent que Lugdunum, Lyon, est une cité romaine ? En quoi peut-elle même être qualifiée de capitale des Gaules ?

2. Quel est l’objectif du discours de l’empereur Claude prononcé devant le Sénat de Rome en 48 et gravé sur des tables de bronze placées sur l’autel des Trois Gaules à Lyon ?

3. Que nous apprennent ces documents sur la citoyenneté romaine en Gaule au Ier siècle de notre ère ?

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