La guerre d’indépendance vue par l’histoire officielle en Algérie

Les causes de la révolution

Avant d’aborder les débuts et les étapes de la Révolution, situons-en les causes, même si le terme de colonialisme suffit pour expliquer les raisons de la révolte. Nous pouvons donc résumer ces causes en une seule expression : la présence coloniale en Algérie. Cette présence ne fut jamais acceptée par le peuple algérien qui la combattit durant plus de quarante ans (1830-1871) en sacrifiant deux millions et demi des siens. Malgré ses énormes pertes, le peuple algérien ne se soumit jamais ; il continua à résister ici et là, et à des périodes différentes sur tout le territoire national, jusqu’à l’insurrection de 1954 (…).

À minuit, le 1er novembre 1954, le FLN alluma le feu de la Révolution en attaquant trente centres des forces coloniales. Ce furent les premières actions armées du Front. Le peuple ouvrit alors les yeux et en répercuta l’information.

Le FLN ouvrit la voie au peuple avec foi et courage pour chasser définitivement la présence coloniale. Les premiers chefs sillonnèrent le pays pour mobiliser et appeler à la Révolution, constituer les brigades de volontaires, collecter les armes en possession du peuple (essentiellement des fusils de chasse, dont quelques-uns étaient de fabrication récente), créer des cellules politiques dans chaque douar, mechta, quartier ou village.
Le nombre des volontaires, hommes et femmes, s’accrut, ainsi que le nombre des moudjahidin, car les chefs n’avaient rencontré aucune difficulté pour mobiliser les gens tant l’accueil et l’adhésion étaient grands ; aussi, grande et élevée fut l’aide matérielle et grand et élevé fut le soutien moral. La seule grande difficulté résidait dans le manque d’armes, cela à tel point que les chefs en furent réduits à diminuer le nombre des volontaires qui préféraient l’organisation fidâ-iyy(e) au travail politique.

L’ennemi, lui, réagit avec frayeur aux événements qui marquèrent le début de la Révolution. Des mesures de sécurité importantes furent prises, des renforts militaires envoyés (comme au XIXe siècle). Le général Gilles mena des campagnes de répression arbitraires et d’une violence diabolique qu’il appelait « les opérations de purification » contre les enfants du peuple et de la Révolution. Les révolutionnaires étaient appelés soit « dissidents », « fellaghas », « hors la loi », « bandits de grand chemin » ou « coupeurs de routes. » Les autorités coloniales annoncèrent qu’elles avaient mis hors d’état de nuire, fin novembre, 4 270 « dissidents » et en avaient arrêté plus de 2 000.[…]

Manuel algérien officiel d’histoire, classes terminales ;
texte obligeamment traduit et communiqué par
Khaoula Taleb-Ibraimi cité par B. Harbi et Meynier,
 Le FLN, documents et histoire, 1954-1962, Fayard, 2004

 

A l’aide de vos connaissances et d’après les informations contenues dans le document faites une analyse critique montrant quelle image du FLN et quelle construction de la mémoire ressortent de ce document.

Advertisements