Vivre et mourir en temps de guerre

(notes)

Quels sont les rapports entre deux faits fondamentaux de la guerre, l’expérience combattante et la dimension « totale » du conflit? Comment les modalités et les formes de l’expérience quotidienne du front, expérience tragique, éprouvante et inédite, ont un impact fort sur la mobilisation totale des États, des firmes et des sociétés pour une guerre qui dure bien au-delà de ce que les dirigeants militaires et civils avaient prévu ; il faut donc aussi réfléchir aux conséquences que l’adaptation des États et des sociétés à ce conflit inédit a eues sur le quotidien des combattants sur les champs de bataille.

  1. Pourquoi l’expérience combattante produit-elle une guerre qui devient « totale » ?
  2. Quel impact la guerre totale a-t-elle sur l’expérience des combattants au front ?
  3. En quoi les civils français ont-ils été acteur de la première guerre mondiale ?

Rappel : Chronologie du conflit

Effondrement de la paix

  • 28 Juin 1914 Assassinat de l’archiduc F. Ferdinand à Sarajevo
  • 2 Août 1914 ordre de mobilisation générale
  • 4 Août 1914 déclaration de guerre

Guerre de mouvement : août 1914 – décembre 1914

  • Offensives françaises en Alsace et Lorraine: échecs Plan Schlieffen les allemands passent par la Belgique Septembre 1914 contre offensive de la Marne qui sauve Paris

Guerre de position : janvier 1915 – Mars 1918

  • Les armées s’enterrent, emploi systématique de l’artillerie lourde, utilisation des gaz asphyxiants (Mai 1915), offensives meurtrières (Artois, Champagne en 1915, Verdun et La Somme en 1916, chemin des Dames 1917) sans résultats militaires.
  • Retrait Russe, intervention des USA (1917) Premiers chars, développement de l’aviation

Guerre de mouvement : mars 1918 – novembre 1918

  • C’est la reprise des offensives: d’abord succès allemands puis à partir de juillet contre offensive
  • 9 novembre 1918 : Révolution à Berlin et abdication de Guillaume II
  • 11 novembre 1918 : Armistice

I – La Première Guerre mondiale : l’expérience combattante dans une guerre totale

L’expérience combattante conditionne une guerre « totale »

  • Mort et souffrance de masses concernent l’intégralité des sociétés en guerre
  • La durée imprévue du conflit oblige États et firmes à s’adapter
  • La brutalité du conflit radicalise les cultures de guerre

La guerre totale influence l’expérience combattante

  • La production industrielle des armes aggrave le bilan humain
  • Le refus de céder des dirigeants civils et militaires durcit la violence des combats
  • La radicalisation des cultures de guerre endurcit les combattants

A – Les « dispositifs de survie » sur le champ de bataille

1. Survivre sous le feu, la part du hasard et/ou du destin…
2. … La part de l’expérience « professionnelle » du combat
3. L’importance du « groupe primaire »

B – La sociabilité quotidienne des tranchées

1. Régénérer le corps et l’esprit : s’alimenter/dormir/discuter
2. Communiquer avec l’arrière (poids fondamental de la correspondance postale)
3. Se détendre : pratiques de loisirs du front

C – Consentir au combat

1. Un consentement à la guerre unanime ou presque : le refus du combat ultra-minoritaire
2. Facteurs institutionnels du consentement : le poids de la contrainte
3. Facteurs relevant des « cultures de guerre » : faire son devoir patriotique, mener une guerre juste, défensive, pour la civilisation, pour le sol natal, etc.

II – Les civils et la guerre en 1914-1918, en France

A – L’état d’esprit de l’arrière face à la guerre.

1 : L’union sacrée.
2 : Un consentement entretenu par la propagande.
3 : La crise de 1917 : l’arrière touché lui aussi.

B – Un arrière mobilisé par la guerre totale.

1 : Une mobilisation économique.
2 : La mobilisation des civils.
3 : Une vie quotidienne rendue difficile.

C – Des civils traumatisés par le conflit.

1 : Une société saignée et appauvrie.
2 : Les effets du traumatisme.

III – Deux organisations pour la paix internationale : la SDN et l’ONU

Quels sont les rôle et fonctionnement des deux organisations internationales dont l’objectif était de garantir la sécurité collective et la paix internationale et qui se sont succédé en 1945-1946? On peut traiter ce sujet soit chronologiquement soit thématiquement en comparant les deux organisations dans leurs points communs et leurs différences.

1. Après deux conflits mondiaux dévastateurs, quelles solutions la communauté internationale recherche-t-elle pour maintenir la paix et la sécurité durablement ?
2. Comment fonctionnent les deux organisations successives chargées d’atteindre cet objectif ?
3. Pourquoi la première a-t-elle totalement échoué ? Pourquoi la seconde se heurte-t-elle à de lourds obstacles dans l’accomplissement de sa mission ?

A – Deux organisations internationales au service de la paix et de la sécurité

1. Les lendemains des deux conflits mondiaux dévastateurs voient la mise sur pied de deux organisations internationales, la Société des nations en 1920 puis l’Organisation des Nations unies en 1945, sous l’impulsion fondamentale des grandes puissances, anglo-saxonnes notamment.

2. Dans les deux cas, il s’agit de donner à la communauté internationale un outil institutionnel capable de désamorcer et d’éviter conflits et agressions internationales ainsi que de mettre sur pied des principes et des pratiques juridiques et diplomatiques novateurs, transparents et démocratiques.

B – Mécanismes de fonctionnement de la SDN et de l’ONU

1. Dans les deux cas, différentes institutions sont mises sur pied afin de réunir régulièrement des représentants de tous les États du monde, de discuter, de réfléchir et d’agir dans des contextes où la situation internationale se caractérise par de fortes tensions et des conflits permanents.

2. Outre une Assemblée annuelle de toutes les nations participant à ces organisations, on retrouve dans les deux cas un directoire plus restreint regroupant les grandes puissances du moment, afin d’agir rapidement le cas échéant contre des pays dérogeant au nouveau droit international.

3. En 1945, le Conseil de sécurité de l’ONU en est l’illustration accueillant notamment les États-Unis absents de la SDN.

C – De l’échec de la SDN aux difficultés de l’ONU

1. Malgré quelques succès dans l’Europe redessinée par le traité de Versailles, la SDN a échoué finalement dans sa mission, ne pouvant empêcher le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Elle s’est notamment heurtée à la détermination belliciste de l’Allemagne nazie ou de l’Italie fasciste dans les années 1930, tout en étant handicapée par l’absence en son sein des États-Unis isolationnistes, et par l’attentisme pacifiste de la France et du Royaume-Uni qui repoussent toute intervention armée contre Hitler ou Mussolini.

2. Ne voulant pas rééditer l’échec de la SDN, les grandes puissances regroupées au sein de l’ONU dans le Conseil de sécurité acceptent davantage le principe d’interventions militaires au service de la paix. Toutefois les prémices puis le déclenchement de la guerre froide en 1947 vouent l’ONU à une certaine impuissance comme le montre par ailleurs la question israélo-palestinienne.