De nouveaux horizons au XVIème siècle : l’Europe humaniste

Qui sont  les humanistes ?

  • élite intellectuelle (Cf Érasme)
  • formation de l' »homme complet » (Cf Rabelais, « éducation de Pantagruel », Gargantua, Livre II, chapitre VIII)

langues : grec, latin, héb./chaldéen, arabe,
style (lat, gr) histoire
sciences : géométrie, arithmétique, astronomie, biologie, zoologie, physique- chimie, musique
droit : droit civil,(≠ droit pénal)
médecine : théories grecques, arabes, juives, anatomie
théologie :
NT en grec, AT en hébreu, morale

ne pas attacher d’importance à l’astrologie et ne pas être orgueilleux (vanité)

 I – La Révolution du Livre

Gutenberg (Mayence, ≈ 1450)

  • clarification des textes : séparation des mots, ponctuation
  • clarification des idées (fixation +/- vraie de l’orthographe)

Plus grande diffusion et changement des habitudes intellectuelles :

  • développement lecture silencieuse et personnelle
  • développement livre et surtout Bible

A – Développement des études

Comme Italiens, Humanistes d’Europe = d’abord dignité de l’homme

  • Critiques
  • Éducation différente de celle des universités donnée par les clercs
  • Latin (langue universelle et intemporelle)
  • Mathématiques
  • SVT (de la Biologie à la physique ou à la chimie)
  • Morale et critique des systèmes politiques (cf doc 8 p 157)

B – Renaissance des lettres

Naissance des langues nationales
  • – France : Édit de Villers Cotterêts 1539
  • – Luther et Bible en allemand
  • – Cervantès (1547-1616) en Espagne
  • – Shakespeare (1564-1616) en Angleterre
  • – Pléiade en France et par exemple Ronsard (Ode à Cassandre) Du Bellay (Heureux qui comme Ulysse.)
Poésie française, XVIème siècle:

Ronsard, Odes, I,

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
N’a point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée
Son teint au vôtre pareil.
Las ! Voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
O vraiment marâtre Nature,
Puisqu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté
Cueillez, cueillez votre jeunesse
Comme à cette fleur,la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

Du Bellay, Regrets, XXXI

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge.
Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
reverrai-je le clos de ma propre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantages
Plus me plait le séjour qu’ont bâti mes aïeux
Que des palais romains le front audacieux ;
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,
Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin
Et plus que l’air marin, la douceur angevine.

C – Eclosion des sciences

• Curiosité des humanistes => développement de l’esprit de recherche scientifique
• Cette curiosité s’exprime essentiellement par la réflexion sur le monde, faite à partir d’observations concrètes.
• Par ailleurs, redécouverte de la science antique et surtout grecque, notamment des œuvres d’Aristote. Parmi les précurseurs, on peut citer les astronomes et les médecins
• meilleure connaissance de l’homme et de son environnement.
• la Terre n’est qu’une planète parmi tant d’autres : ce n’est pas la conception de l’Église
• limites pourtant : il n’existe pas de différence tranchée entre science et magie, d’où une succession de mythes et de légendes, dont par exemple celle de Faust et celle de Dracula.

II – Les hésitations de la raison

Les idées humanistes ont-elles eu un retentissement dans le domaine religieux, si oui lequel ?

 A – Le choix déchirant de la Réforme

  • Tout débute par la Bible :
    => pour les uns on doit repartir du texte pour comprendre le monde et dans ce cas, les œuvres des hommes sont peu de choses.
    => pour les autres les œuvres des hommes sont des reflets de la puissance divine.
  • Dans le 1er cas, l’homme serait capable seul de comprendre le monde et donc aussi le bien et le mal. Il n’aurait donc pas besoin du Christ (et donc de la Vierge) mais seulement du livre. Luther se fait le porte parole de ces idées.
  • De plus, prêche en langue vulgaire : à Strasbourg (Martin Bucer) et à Zurich (Ulrich Zwingli), la Réforme est en marche mais condamnation par Rome : celle-ci continue grâce à ces hommes que par dérision on dit « protestants ».
  • Allant encore plus loin, Jean Calvin organise une réforme encore plus radicale qui achève de diviser l’Europe chrétienne.
Luthéranisme Calvinisme
Bible = source unique de foi
Doctrine du péché originel
Retour à la simplicité primitive de l’Église : critique de la hiérarchie et du monachisme (seuls sacrements : baptême et eucharistie, consubstantialité)
Bible = source unique de foi mais autorité des 5 premiers conciles (dont le premier est Nicée)
Doctrine de la prédestination et de la grâce (Cf Augustin)
Retour à la simplicité primitive du culte (seuls sacrements : baptême et communion, sens symbolique)

B- La Réponse de l’Église tridentine

  • Face à ces Réformes, l’Église organise un concile, à Trente, en Italie de 1545 à 1563
  • Objectifs : réaffirmer la doctrine, réformer le clergé (souvent incompétent), donner plus de pouvoir aux évêques, organiser l’instruction religieuse.
  • Rôle des images, vénération de la Vierge Marie et des saints => dégagement d’une sensibilité propre (en plus, époque des grands papes : Pie V, Sixte V)
  • Partage religieux de l’Europe
    => 2 Europe, l’une catholique (sud), l’autre protestante (nord)
    => tensions puis guerres (sur le territoire français)
  • Guerres de religion (1563 à 1598)