Les mémoires : l’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie

Excellente présentation, claire et complète :

http://www.ac-paris.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-06/fiche_professeur_demarche_detaillee_tle_es_l_lhistorien_et_les_memoires_de_la_guerre_dalgerie.pdf

on regardera aussi :

http://www.lyceedadultes.fr/sitepedagogique/documents/HG/HGTermL/livret_hg_TermLES/TermL_H02_T1_Q2_Etude_l_historien_et_les_memoires_de_la_guerre_d_Algerie.pdf

Il s’agit dans cette préparation de tenter de montrer que la guerre d’Algérie est un sujet encore très sensible dont les représentations par les différents acteurs sont multiples et parfois antagonistes. Pour cela, il faudrait pouvoir sortir des conflits de mémoires. Celles-ci sont des représentations subjectives, propres à chaque individu, à chaque groupe, plus loin aux différents groupes, chacun ayant plus ou moins sa propre mémoire. Le travail de l’historien consiste donc à étudier les représentations du passé et à tenter d’approcher les rapports entre les sociétés et leur passé, afin d’aller vers l’objectivité. A partir de là, il semble plus aisé de comprendre le questionnement à savoir en quoi la guerre d’Algérie est-elle aujourd’hui un enjeu de mémoires en France et en Algérie ? Plus loin, on peut se demander comment le travail de l’historien peut en faire un objet d’histoire.

I –  l’élaboration des mémoires de la guerre d’Algérie.

A En France

  1. Une perte de puissance depuis 1940 et l’entrée dans la période de décolonisation
  2. La violence répond à la violence :  violence tant dans les actes terroristes que dans la répression
  3. Une société divisée (intérêt national ou autodétermination) en période de Guerre froide
  4. Un contexte de fin de régime et de mise en place de la Vème République et du pouvoir gaulliste

B En Algérie

  1. Le FLN donne un caractère légitime au conflit qui héroïse les combattants
  2. Violence légitimée et minoration de certains événements pendant et après la guerre
  3. Installation de la dictature de Boumédienne en 1965 et création d’un mythe fondateur

II – Non pas une Mémoire mais des mémoires

Les mémoires se construisent et s’affrontent : elles sont liées au politique

A – la mémoire du pays perdu

  1. Mise en avant d’un certain nationalisme (OAS par exemple)
  2. Rapatriés d’Algérie et Harkis réfugiés en France

B – Une mémoire des violences

  1. durant le conflit pour les militaires (face à l’insurrection mais aussi les revirements politiques) comme pour les civils (abandon de certains groupes)
  2. mémoire douloureuse aussi après la guerre (accueil en France des rapatriés)

C – Donner un sens à la mémoire ?

  1. Une mémoire de l’engagement : lutte idéologique anticoloniale
  2. Une mémoire officielle en Algérie

III – Comment construire l’histoire ?

A – La méthode historique

  1. S’appuyer sur les faits et tenter de mettre en lumière des faits occultés en France, les travaux des historiens continuent de s’appuyer sur les mémoires de la guerre)
  2. Tenter de comprendre les faits en rapport avec le contexte qui les a vu naître
  3. Échapper à la main-mise des États? (En Algérie cette main mise est aujourd’hui remise en cause : dénonciation du blocage des archives, des crimes de la colonisation mais aussi du FLN, par exemple)

B – Proposer une prise de recul sur le conflit

  1. Répondre aux mémoires oubliées
  2. Proposer un travail historique en collaboration de part et d’autre de la Méditerranée pour une histoire franco-algérienne