Le proche et le moyen orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale

Le traitement peut s’effectuer selon un plan assez classique (qui est celui suggéré dans les instructions d’eduscol)

Fiche Eduscol « foyer de conflits »

Une région qui concentre de multiples et puissants enjeux

  1. Une situation géostratégique
  2. Une mosaïque humaine
  3. Des ressources convoitées (hydrocarbures, eau)

Une histoire politique et diplomatique complexe

  1. Un espace largement influencé par les grandes puissances
  2. Les racines politiques des tensions et conflits régionaux
  3. Les conflits autour de la création et de l’existence d’Israël

La montée de l’islamisme politique

  1. L’émergence de l’islamisme politique
  2. La diffusion de l’islamisme au Moyen-Orient
  3. Le tournant du 11 septembre 2001

Différents traitements possibles, par exemple ce PDF de l’académie d’orléans tours

Moyen Orient

Le proche et le moyen orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale

*Video dessous des cartes

*Une définition précise du cadre géographique est nécessaire. Les expressions renvoient à des découpages géopolitiques (point de vue européen) effectués il y a un siècle :

  • Le Proche-Orient : l’expression – employée par les diplomates français dès la fin du XIX è s. – désigne les régions orientales du bassin méditerranéen, de la Turquie à l’Egypte [attention à la date en cas d’énumération des Etats] ; cette région est aussi désignée par l’expression aujourd’hui datée de « Levant ».
  • Le Moyen-Orient : expression employée et imposée par les Anglo-saxons (Middle East) dès le début du XX è s.pour désigner une zone médiane entre Proche et Extrême-Orient, centré sur le Golfe persique = un espace géographique limité par le Levant à l’ouest, l’Iran, le Pakistan et l’Afghanistan à l’Est ; il s’étend du sud du Caucase à la péninsule arabique. L’Egypte est incluse dans cette région. L’expression de Moyen-Orient est de nature géopolitique.

 

*Il s’agit d’étudier cette région depuis la « fin de la Première Guerre mondiale », c’est-à-dire depuis la disparition et l’éclatement de l’empire ottoman consécutif aux traités de paix (1919-1920), de dégager les motifs et les formes de conflictualité, de mesurer et de comprendre l’extraordinaire résonance des conflits de cette région au niveau mondial.

I – Une région qui concentre de multiples et puissants enjeux

A – Une situation géostratégique

Empire ottoman 1914

— Un carrefour « géographique » entre Afrique, Méditerranée orientale et Asie occidentale, au climat semi-aride (unité climatique). Un espace ouvert.

— Un espace qui se définit par les nombreux flux qui le traversent :

  • humains (migrations des peuples),
  • économiques : cf. par ex. les routes commerciales (au Moyen Age la région est traversée par des flux reliant l’Occident à l’Extrême-Orient et l’Égypte tout comme les ports de Syrie et Palestine sont des points de passage importants ; au XIX s. le passage par Suez devient un enjeu pour les Européens // colonisation ; évocation de la construction du canal de Suez, achevé en 1869, qui évite le contournement de l’Afrique).

— Une région qui attire les convoitises des grandes puissances dès le XIXe s. : il est possible d’évoquer, au XIXe siècle, les rivalités entre La France (qui possède d’importants intérêts dans les ports du littoral syro-palestinien et qui se présente comme la protectrice des catholiques), la Russie (désireuse de s’assurer un débouché maritime et qui jette son dévolu sur la région des détroits) et le Royaume-Uni (qui souhaite à la fois sécuriser la route des Indes – via Suez – et contrecarrer les ambitions russes). Les tensions peuvent déboucher sur des affrontements, à l’exemple de la guerre de Crimée (1854-1856).

 B – Une mosaïque humaine

Sur le plan culturel, trois grandes groupes humains : les Turcs (installés sur le plateau anatolien), les Persans (souligner la complexité de l’espace irano-afghan), les Arabes (répartis dans la zone égypto-soudanaise, dans le Croissant fertile et la péninsule arabe. Tout ceci compose une grande variété ethnolinguistique.

peuples proche orient

— Sur le plan religieux, diversité également : une approche très pédagogique et bien informée, prenant pour exemple l’Irak, est proposée dans une interview d’Antoine Sfeir accessible en suivant le lien :

http://www.lesite.tv/videotheque/0521.0029.00-antoine-sfeir-pourquoi-la-guerre-en-irak-les-raisons-religieuses).

L’islam est la religion majoritairement pratiquée, mais elle est marquée par une diversité de courants. L’exemple de l’Irak permet de montrer et comprendre l’opposition entre les courants sunnites (20 %) et chiites (55 %) – reste : Kurdes (25 %). Remarquer que Saddam Hussein était sunnite (comme dans d’autres pays voisins, les minorités religieuses occup[ai]ent le pouvoir)

Existence de communautés chrétiennes (orthodoxes, Arméniens…) en Irak.

Note : il existe, en particulier dans le Croissant fertile, des minorités juives [sauf cas israélien] et chrétiennes (11 communautés au Proche Orient : 6 rattachées à Rome, 5 séparées de Rome).

religion Proche orient La présence des lieux saints des trois grands monothéismes : Jerusalem

1)    Le statut donné aux Lieux saints et la reconnaissance de l’importance de cette ville : au milieu du XIX e s., la protection des Lieux saints à Jérusalem suscite une querelle entre grandes puissances. La France propose sans succès l’internationalisation de la ville sainte. Les oppositions dégénèrent en (et nourrissent) un conflit : la guerre de Crimée. En 1856, le traité de Paris consacre la défaite du tsar. Dans les années 1860-1880, Jérusalem profite de son accession au rang de capitale régionale et de la redéfinition de son territoire. Britanniques et Français y demeurent très influents jusqu’en 1914. En dépit des accords Sykes-Picot, les Britanniques souhaitent accentuer leur influence dans la région. Ils profitent du renoncement français (Clemenceau, décembre 1918) pour imposer un mandat sur la Palestine.

2)    A partir des années 1920, si les disputes entre chrétiens se poursuivent, l’épicentre du problème se déplace vers la question des Lieux saints musulmans et leur revendication par les Juifs (alors même que de plus en plus de Juifs immigrent en Palestine). Sous l’impulsion d’Hadj Amin al-Husseini, nommé grand mufti de Jérusalem en 1922, la sacralité de Jérusalem pour les musulmans s’accentue. L’esplanade des mosquées est de plus en plus destinée à devenir une nécropole des héros de l’islam (cf. inhumation de nationalistes musulmans indiens). Constatant l’échec du projet de Palestine unitaire, les Britanniques travaillent à un plan de partage qui exclut toutefois Jérusalem, la cité devant demeurer sous mandat britannique. Les Britanniques reculent devant l’opposition arabe (grande révolte de l’automne 1937). Au début de 1947, ils chargent l’ONU de concevoir un plan de partage qui est voté en novembre de la même année et prévoit la partition de la Palestine en deux Etats et (mais) le placement de Jérusalem sous administration de l’ONU (corpus separatum). La naissance de l’Etat hébreu s’accompagne d’une courte campagne militaire opposant Israéliens et Jordaniens pour le contrôle de la ville. Jérusalem est divisé en deux, elle est de fait annexée par Israël et la Jordanie (qui en font chacune leur capitale), mais cette situation n’est pas reconnue par la communauté internationale.

3)    Jérusalem au cœur du conflit israélo-palestinien : la partie est de la ville est conquise par les Israéliens en 1967, mais pour l’ONU il s’agit d’un territoire occupé et l’installation de juifs y est illégale. La défense des intérêts islamiques est aujourd’hui portée par la Comité Al-Qods (crée en 1975). Depuis les accords d’Oslo (1993), il est prévu que le statut de Jérusalem soit réglé à la fin du conflit israélo-palestinien. Cette question reste donc au cœur de la politique régionale et internationale.

Deux lieux saints de l’islam : la Mecque et Médine.

Bref rappel de leur place dans l’histoire de l’islam. Assure à la dynastie saoudienne une puissante source de légitimité et les revenus des pèlerinages. Souligner la rivalité arabo-iranienne pour la suprématie dans la région et l’existence de tensions entre les deux régimes. Les pèlerins iraniens sont fréquemment accusés d’utiliser le pèlerinage à la Mecque comme tribune politique. En 1987, de violents affrontements ont fait 400 morts dont plus de 200 Iraniens. Les Iraniens ont à cette occasion été interdits de pèlerinage jusqu’en 1991.

C – Des ressources convoitées

1°) Les hydrocarbures

Plus de 60 % des réserves mondiales estimées de pétrole et 40 % du gaz  » un lieu de production et un acteur majeurs de l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.

Historiquement, premiers gisements explorés en 1908 en Perse. Durant la première moitié du XX è s., l’exploitation est aux mains de grandes compagnies privées européennes et américaines (les majors). Le contrôle de l’exploitation du pétrole devient un enjeu central à partir des indépendances.

— Après la fin de la guerre contre l’Iran (1988), souhait de l’Irak de demeurer un acteur clé dans la région sans laisser les seuls Etats-Unis protéger le Golfe et régler la question palestinienne. Ambitions régionales + nécessité de relever son économie entraîne tensions avec d’autres producteurs d’hydrocarbures. Ces tensions se cristallisent au Koweït, petit émirat indépendant depuis 1961 et peuplé de 2 M d’habitants (17 M pour l’Irak). Irrédentisme irakien accentue la crise.

— 2 août 1990 : l’Irak envahit le Koweït. Guerre du Golfe. L’Irak est vaincue en février 1991 par une coalition internationale sous l’égide de l’ONU et dirigée par les Etats-Unis. Montrer ainsi l’internationalisation du conflit et la résonnance qu’il a au niveau planétaire.

hydrocarbures2°) L’eau

eau moyen orientVoir : http://www.lesclesdumoyenorient.com/L-eau-au-Moyen-Orient.html

Les enjeux autour de cette ressource doivent être reliés

  • Aux conditions climatiques
  • A la rareté / irrégularité de la ressource
  • Aux prélèvements grandissants (! croissance démographique, nécessité de développement économique).

Une carte  permet de localiser les zones conflictuelles : régions traversées par le Tigre et l’Euphrate ; Proche-Orient = problème dont la solution est un facteur déterminant de la paix entre Israéliens et Palestiniens

II – Une histoire politique et diplomatique complexe

A – Un espace largement influencé par les grandes puissances

Trois moments

1°) De la fin de la Première Guerre mondiale à 1948 : les rivalités franco-britanniques.

1918-1920 : effondrement et démantèlement de l’empire ottoman. Les détroits sont neutralisés et démilitarisés. F et RU seules puissances en mesure d’imposer leurs vues (Russie en révolution)  » mandats confiés par la SDN. Européens tracent des frontières sans se soucier des réalités du peuplement. Les Etats s’organisent autour de groupes humains soutenus par les puissances. RU encourage le sionisme (et souhaite la création d’un foyer national juif en Palestine) et le nationalisme arabe incarné par le mouvement hachémite. La France souhaite dominer en Syrie au nom de la protection des catholiques d’Orient et dans une logique impériale (PO = prolongement naturel de ses possessions au Maghreb). Elle favorise la création du Liban (indépendance proclamée en 1941 et officiellement reconnue en 1945).

Certains territoires acquièrent leur indépendance dans l’entre-deux-guerres : l’Irak en 1932 et l’Egypte en 1936.

Bien que dominants, Français et Britanniques sont contraints d’associer des compagnies américaines à l’exploitation du pétrole.

2°) Pendant la guerre froide, Proche et Moyen-Orient sont des espaces situés au cœur de la rivalité entre les Etats-Unis et l’URSS.

Motifs : la longue frontière commune avec l’URSS et les réserves pétrolières. On peut montrer que la guerre froide y débute par la résistance britannique et états-unienne aux pressions soviétiques sur l’Iran et la Turquie. Au cœur de l’affrontement, le flanc sud de l’URSS est ancré au camp occidental (Turquie, Iran, Pakistan) tandis que les régimes nationalistes arabes (Egypte, Syrie, Irak) reçoivent le soutien de Moscou.

Les Etats-Unis cherchent à contenir l’influence de Nasser et du nationalisme arabe en apportant leur soutien aux régimes conservateurs (Jordanie, Arabie saoudite), en intervenant (Liban, 1958), en tenant de dialoguer avec le dirigeant égyptien Nasser. Craignant que les peuples arabes ne tombent dans le giron soviétique, les Américains affichent leur détermination (doctrine Eisenhower, 1957). De son côté, l’URSS accentue son aide militaire, diplomatique et économique afin de s’assurer de la fidélité de Etats « clients ».

3°) Depuis 1991, l’influence des Etats-Unis perdure :

  • par le soutien privilégié à certains régimes : Israël, Arabie saoudite…
  • par des interventions directes en 1991, 2001 (Afghanistan), 2003 (Irak).

B – Les racines politiques des tensions et conflits régionaux

Trois éléments importants :

–       L’instabilité des frontières : legs de la période de domination européenne, les frontières politiques ne coïncident pas avec les frontières culturelles.

–       La fragilité de la notion d’Etat dans la région : à l’exception d’Israël, les Etats de la région n’ont pas de tradition démocratique. Noter que le « printemps arabe » a entraîné la chute de plusieurs régimes de nature autoritaire ou dictatoriale et porté des aspirations libérales. Il est possible de caractériser l’originalité du cas turc. La Turquie est le seul Etat ne pas avoir connu la domination directe des Européens. Née sur les décombres de l’empire ottoman, la Turquie s’est lancée, à l’initiative de Mustapha Kemal, dans une politique de modernisation et de laïcisation. Le kémalisme entend porter le changement au cœur de la société, sur la base d’un système politique centralisé et autoritaire, avec un parti unique. La politique de laïcisation, conduite dès les années 1920 (abolition de califat en 1924, Constitution de 1928 qui ne reconnaît plus l’islam comme religion d’Etat, revendication de la laïcité comme principe de l’Etat turc en 1937), est restée sans équivalent dans le monde jusqu’à aujourd’hui dans un Etat musulman.

–       Les oppositions interétatiques : l’exemple de la guerre Iran / Irak (1980-1988) peut être mobilisé. On peut partir de l’extrait de la déclaration de guerre prononcée par Saddam Hussein le 17 septembre 1980

C – Les conflits autour de la création et de l’existence d’Israël

1°) La naissance d’Israël

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/cartes/conflits/c001003-creation-de-l-etat-d-israel-et-premiere-guerre-israelo-arabe-1949

Israel 1947*La situation en 1945 : la Palestine est sous mandat britannique, compte 1,2 M d’Arabes et 560 000 Juifs. Ces derniers sont pour la plupart arrivés dans l’entre-deux-guerres. Les Britanniques ont cherché à freiner leur immigration pour conserver de bonnes relations avec les pays de la région ; mais la révélation de la Shoah accélère l’arrivée des Juifs et renforce la cause du sionisme. Le climat est tendu dans l’immédiat après-guerre et l’échec du mandat britannique est patent (Henri Laurens). Londres propose deux plans successifs de partage qui n’aboutissent pas, et s’en remet ensuite à l’ONU, qui adopte la résolution 181 = plan de partage.

*Le plan : l’ONU propose de diviser la Palestine en deux Etats, un Etat juif et un Etat arabe avec union économique.

  • Deux Etats discontinus dont les territoires sont reliés par d’étroits corridors.
  • Etat juif = étroite bande côtière, Galilée orientale, Néguev (= territoires de l’immigration juive).
  • Etat arabe = Galilée occidentale, Gaza, Cisjordanie.
  • Jérusalem est internationalisée et placée sous contrôle de l’ONU en raison de la présence des lieux saints.

Les Arabes rejettent plan et prennent les armes. Les sionistes acceptent –car le plan leur concède la souveraineté et l’immigration sans entrave- et fondent l’Etat d’Israël le 14 mai 1948. Reconnaissance immédiate par les EU. Puis par l’URSS.

*Conséquences : l’affrontement intercommunautaire (dans années 1930) devient un conflit classique entre Etats.

  • départ des Britanniques (dès le 15 mai !)
  • exode de centaines de milliers de Palestiniens (700 000 en tout, entre décembre 1947 et juillet 1949) = c’est la Nakba (« catastrophe » en arabe).
  • réaction des Etats arabes voisins déclarent guerre à Israël. « Guerre d’indépendance » pour Israéliens (voir Elie Barnavi). 1èr conflit israélo-arabe. Tourne à l’avantage de Tsahal
2°) persistance des conflits entre Israël et les Etats arabes voisins jusqu’au début des années 1970.

3°) Le tournant des années 1970 : l’épicentre du conflit se déplace vers la question palestinienne. Approche chronologique, l’essentiel pour les élèves est en gras.

*Le facteur clé est la renaissance du nationalisme palestinien au cours des années 1960-1970 à l’initiative d’étudiants comme Georges Habache (qui crée le FPLP), ou d’élites comme Yasser Arafat qui crée le FATAH (acronyme inversé de Mouvement de libération de la Palestine). Ce mouvement devient une des principales branches de l’OLP. 1969 : le Fatah prend contrôle de l’OLP

*La situation conduit Israël à réagir . Begin et son 1er ministre Sharon pensent être en mesure de pouvoir porter le coup de grâce à l’OLP : 6 juin 1982 Tsahal frappe le Liban où se sont réfugiés des chefs palestiniens, fait le siège de Beyrouth, et oblige ainsi les principaux leaders palestiniens à fuir en Tunisie.

Mais c’est derrière cette apparente victoire un échec. D’une part, il n’y a plus Etat fort au Liban dominés par le chrétiens (assassinat du président Béchir Gemayel) qui pourrait faire la paix avec Israël. D’autre part, les massacres de Palestiniens dans camps de Sabra et Chatila par milices chrétiennes sans que forces israéliennes interviennent ont provoqué l’indignation du monde entier, y compris en Israël où le consensus national autour du conflit se rompt.

http://www.arte.tv/fr/sabra-et-chatila-30-ans-apres/6933412,CmC=6932942.html

sabra et chatila

Tsahal quitte le Liban en 1985 : l’intervention n’a rien apporté à la solution du problème palestinien.

*L’OLP cherche à être en position de force pour pouvoir négocier lance l’Intifada (1987, d’abord spontanée puis très vite encadrée ; guerre des pierres + opérations de désobéissance civile Gaza et Cisjordanie). Militarisation croissante du mouvement (s’éteint en 1993).

*En fait, Intifada seule n’amène pas Israël à négocier ; il faut un nouveau conflit dans la région (la guerre du Golfe), qui démontre la formidable puissance américaine. Place les Etats-Unis dans situation hégémonique et leur permet de lancer processus de paix.

Rabin Clinton arafat oslo 1993

Portée politique = création d’une Autorité palestinienne présidée par Arafat et d’un Conseil législatif élu en 1996. L’Autorité palestinienne n’a pas les pouvoirs d’un Etat souverain (relations extérieures, défense…) et ses compétences sont limitées (éducation, santé, police….). Sur le plan territorial, l’Autorité palestinienne contrôle 70 % de Gaza et une partie Cisjordanie.

*Le processus de paix est en bonne voie (la Jordanie signe accord de paix avec Israël en 1994) mais en 1995 Rabbin est assassiné.

Bilan partiel

  • Les négociations ont échouées en raison des contentieux portant sur la notion d’Etat palestinien, le contrôle de Jérusalem, l’implantation des colonies juives sur les territoires habités par les Palestiniens.
  • La rivalité entre l’Autorité palestinienne et le Hamas
  • La permanence du soutien américain à Israël, malgré des divergences
  • L’hostilité des opinions publiques des Etats de la région à la normalisation des relations avec Israël.

III – La montée de l’islamisme politique

Définition possible de l’islamisme = mouvement politique et religieux qui vise à instaurer un Etat et une société organisés selon les normes juridiques de la charia. Repose sur la stricte observance de la loi coranique dans tous les domaines de la vie publique et privée.

A – L’émergence de l’islamisme politique

*Le premier mouvement islamiste naît en Egypte en 1928 avec les Frères musulmans. Crée par Hassan al-Banna, ce mouvement prône une politique sociale réformatrice. A partir des années 1960, il se fragmente et se radicalise, en contestant le pouvoir nassérien en place et en organisant de nombreux attentats, dont l’assassinat du président Sadate en 1981.

*Un moment clé de l’apparition de l’islamisme politique est la révolution iranienne de 1979 qui renverse le Shah et porte l’ayatollah Khomeiny (1902-1989) au pouvoir.

Une approche des bouleversements induits par l’événement dans la BD Persépolis (publiée en 4 tomes de 2000 à 2003) de Marjane Satrapi, publié en film ensuite

Persepolis

On y voit l’instauration de normes sociales inspirées des préceptes religieux,  le radicalisme du nouveau pouvoir,  le refus de toute forme d’occidentalisation

B – La diffusion de l’islamisme au Moyen-Orient

*Une diffusion rapide au cours des années 1980-2000 :

Devient une composante essentielle dans la vie politique : cf. en Jordanie ou en Turquie (AKP – parti modéré, gagne en 2002 élections législatives et n’a pas remis en cause la laïcité) ;

Met en œuvre  l’action violente et / ou développe son influence à travers des réseaux comme Al Qaida :

  •  en Afghanistan : suite à l’invasion de 1979, essor de groupes islamistes qui mènent le djihad contre les Soviétiques et prennent le pouvoir (Talibans) ;
  •  au Proche-Orient (Hezbollah libanais, Hamas en Palestine)
  •  en Afrique (ex ; au Niger ou au Mali au début des années 2010)

 C – Le tournant du 11 septembre 2001

*Un rapide point sur les événements en eux-mêmes…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_11_septembre_2001

11:09

*conséquences pour la région : l’interventionnisme des Occidentaux en Afghanistan et en Irak pour lutter contre le terrorisme et au nom d’idéaux démocratiques.

*Une réaction fréquente d’hostilité devant ce qui est perçu comme une forme d’impérialisme.

D -L’enjeu démocratique

• Les espoirs du printemps arabe
En 2011, le mouvement du « printemps arabe » a conduit à la chute des dictatures en Tunisie et en Libye (qui ne se trouvent pas au Moyen-Orient). L’Égypte est également marquée par le mouvement, et le président Hosni Moubarak est chassé du pouvoir.

• Un avenir incertain
Aujourd’hui, l’avenir est incertain. En Syrie, Bachar El-Assad conserve le pouvoir par une répression féroce. En Égypte, l’armée contrôle le pouvoir. Souvent, des partis islamistes semblent en position de remporter les élections.