La République, trois Républiques (Fiche synthétique)

I. L’enracinement de la culture républicaine (les décennies 1880-1890)

A – L’installation de la IIIème République (1871-1877)

– Contexte : après la défaite de la France contre la Prusse (Napoléon III), épisode révolutionnaire : « La Commune de Paris » (1871). Elections organisées en 1871 => élections d’une assemblée conservatrice et d’un président de la république (Adolphe Thiers) favorables à la monarchie.
– 1875, élection du Président de la république au suffrage universel => élection du Maréchal Mac-Mahon, qui succède à Adolphe Thiers. Mac-Mahon souhaite une  restauration de la monarchie mais celle-ci échoue.
=> Division des royalistes => Les républicains conservent le pouvoir. 1875 : lois constitutionnelles pour régime républicain.
En 1877, le président Mac-Mahon dissout la Chambre des députés => nouvelles élections gagnées par les républicains => IIIème République = régime parlementaire (le président de la République a une fonction protocolaire seulement).

La République s’est donc imposée sur le plan des institutions. Elle doit encore s’imposer sur le plan de la culture politique.

B – Enracinement de la République

a- Caractéristiques : démocratie (les Français élisent les députés et pouvoirs locaux) et régime libéral (liberté de presse, de réunion…)
b- Sources des valeurs de la République : déclaration des Droits de l’Homme (1789 et philosophie des Lumières), positivisme, développement de l’instruction (Jules Ferry, qui a fait voter 2 lois dont l’école primaire gratuite et laïque -1881/ 1882) -> la culture républicaine s’apprend à l’école républicaine.
c- Valeurs matérialisées : « Liberté, Égalité, Fraternité », fêtes nationales (14 juillet), statues symboliques (buste de Marianne dans les mairies), drapeau de la Nation, La Marseillaise, Panthéon…

C – Débats et contestations

– Les républicains se divisent : « opportunistes » (modérés) / radicaux (laïcité), socialistes (égalité).
– Nombreuses crises : attentats anarchistes, Boulanger (droite) tente de faire un coup d’état en 1889 = climat antiparlementaire, corruption, affaire Dreyfus (=crise politique, France divisée en 2 -> honneur militaire contre justice des républicains).

II. Les combats de la Résistance (contre l’occupant et contre Vichy) et la République

A – Le régime de Vichy, antithèse de la IIIème République

– La France et l’Allemagne entre officiellement en guerre le 3 septembre 1939. Le front de guerre ne bouge pas pendant plusieurs mois => « Drôle de guerre ».
– défaite militaire de la France contre l’Allemagne de mai-juin 1940 -> Le Maréchal Pétain (président du Conseil) obtient du Parlement les pleins pouvoirs.  Pétain devient « Chef de l’État Français ». Le parlement est suspendu => Suspension de la République => Mort de la IIIème République.
– Vichy devient la capitale de la zone libre de la France et Pétain y installe son gouvernement (gouvernement de Vichy).
– Le gouvernement de Vichy collabore avec l’occupant allemand.
Pétain et son gouvernement de Vichy veulent profiter de cette occasion pour construire la France selon leurs propres principes => « La révolution Nationale » : régime autoritaire (pas d’élection avant fin de la Guerre, censure, syndicats interdits) qui règle ses comptes avec la IIIème République et ses représentants (Daladier et Bloom emprisonnés, quelques symboles républicains abolis) et qui est antisémite (statut des juifs copié sur lois de Nuremberg).

B – Développement et unification de la Résistance

Résistance intérieure et Résistance extérieure. La Résistance extérieure est née de l’appel du 18 Juin => appel lancé depuis Londres par le général de Gaulle sur la radio anglaise BBC. Cet appel fut peu écouté en direct mais fut relayé dans les jours suivants.
– Actes de Résistance (cacher des juifs, journaux clandestins, etc.) : à l’intérieur de la France, Résistance qui s’organise (maquis, Forces Françaises de l’Intérieur FFI, etc.) et à l’extérieur autour de De Gaulle (les Forces Françaises Libres FFL).
– Juin 1941 : invasion de l’URSS par les Allemands => entrée massive des communistes dans la Résistance.
Unification de la Résistance en 1943 : à l’intérieur, Jean Moulin créé le CNR (Conseil National de la Résistance) et à l’extérieur, De Gaulle créé le gouvernement CFLN (Comité Français de Libération Nationale).
– La Résistance participe à l’effort de guerre des Alliés. Les FFL (Forces françaises libres) jouent un rôle important dans la Libération.

C – Une République refondée par la Libération

Paris est libéré de l’occupation allemande le 25 août 1944.
=> De Gaulle fonde un gouvernement provisoire (septembre 1944-janvier 1946) : Gouvernement provisoire de la République française = GPRF.
– Une « épuration » officielle est mise en place visant à punir les personnes ayant collaborées avec l’occupant allemand (Pétain est condamné à mort, mais sa peine sera changée en peine d’emprisonnement à perpétuité. Il  meurt en 1951).
– Objectifs après la libération : restaurer la souveraineté française (les anglo-américains voulant administrer la France libérée) et refonder la République française (exemples : droit de vote des femmes en avril 1944, nationalisations d’entreprises privées, système de sécurité sociale, etc.).
– Octobre 1945 : élections pour élire une assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution. Cette assemblée est dominée par le PCF (Parti Communiste Français).
– Cette assemblée constituante propose une constitution favorisant le Parlement au détriment du Président de la République. De Gaulle se déclare en faveur d’une nouvelle république fondée sur un pouvoir exécutif fort (discours de Bayeux de juin 1946) et quitte donc le gouvernement.
=> La nouvelle constitution est acceptée par un référendum (au terme de 2 votes, le premier projet de constitution ayant été rejeté par les français) et créé la IVème République.Cette IVème République institue un régime de type parlementaire donnant la primauté à l’Assemblée nationale (contraire au souhait de de Gaulle).

III. Une nouvelle République (1958-1962)

A – 1958 : un contexte de crise lié à la Guerre d’Algérie

– 13 mai 1958, confusion : coup d’état militaire à Alger (les français d’Algérie réclament le retour au pouvoir de De Gaulle pour que l’Algérie reste française) => climat de tension. De Gaulle remplace donc René Pflimlin au poste de Président du Conseil de la IVème République (juin 1958) => rédaction d’une nouvelle constitution afin d’établir une nouvelle République.
Nouvelle constitution est adoptée par référendum avec près de 80 % de « oui » (septembre 1958). Promulguée le 4 octobre 1958 par le président de la République René Coty, elle donne officiellement naissance à la Vème République.

B – La constitution de 1958 : un régime mixte

Nouvelle constitution : pas de régime présidentiel (ex. : États-Unis) ou de régime d’assemblée (IVème République) : régime mixte ou régime semi-présidentiel -> Parlement affaiblit.
Régime semi-présidentiel dans lequel le chef du gouvernement (= Premier ministre) est nommé par le Président de la République. Le personnage central est désormais le Président de la République (pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale et rôle fondamental en matière de politique étrangère). Le Président de la République oriente la politique du gouvernement, le Premier ministre applique les volontés présidentielles.
– Après une large victoire de l’U.N.R. (Union pour la Nouvelle République, nouveau nom du parti gaulliste) aux élections législatives de novembre 1958, de Gaulle est élu Président de la République en décembre 1958 au suffrage universel indirect par 80 000 grands électeurs (le suffrage universel direct pour l’élection présidentielle sera établi en 1962).

C – Une monarchie républicaine ?

Poids déterminant de la guerre d’Algérie dans la vie politique française au début de la Vème République => Popularité du général de Gaulle => renforcement considérable de son autorité.
– Pratique gaullienne du pouvoir : utilisation du référendum pour passer au dessus du Parlement (Bonapartisme) + laisse au gouvernement les affaires intérieures + contrôle de la télévision (pas des autres médias).
– Contexte de croissance économique des Trente Glorieuses => de Gaulle prône l’intervention de l’Etat dans l’économie. Réalisations de prestige et de haute technologie => bombe atomique, construction d’avions de ligne (Caravelle), projet du Concorde (premier avion de ligne supersonique).
– Réforme de 1962 : après attentat du Petit Clamart (22 août 1962) visant la vie du général, De Gaulle change la constitution -> président désormais élu au suffrage universel direct.
– 1966 : la France sort du commandement intégré de l’OTAN en => fermeture des bases militaires américaines en France dans un contexte général d’anti-américanisme.

cf http://www.histoire-geographie-premiere.bacdefrancais.net/index.php