La fin des totalitarismes

Le monde est confronté à un effroyable bilan au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et à la découverte des images traumatisantes des camps de la mort. Il faut régler le sort des vaincus, et en particulier de l’Allemagne nazie, pour en finir définitivement avec un régime totalitaire qui a dépassé les limites de l’inhumanité avec le génocide de Juifs d’Europe et les horreurs des camps de concentration. La dénazification de l’Allemagne est décidée par le camp des vainqueurs dès juillet 1945 lors de la conférence de Potsdam. De 1945 à 1948 les quatre puissances occupant l’Allemagne s’attacheront à épurer l’appareil d’État allemand, mais également la société, de tous ses éléments nazis. Mais la responsabilité du peuple allemand n’est pas si évidente à faire accepter à une population traumatisée par une longue guerre, humiliée et souffrant de terribles privations.
Il n’en va pas de même pour le totalitarisme soviétique qui sort au contraire renforcé de la guerre et auréolé de son statut de vainqueur. Il faudra attendre la mort de Staline en 1953 pour que s’ouvre enfin une ère de réformes et que les crimes du stalinisme soient dénoncés. Pourtant, la déstalinisation ne met pas fin à la dictature en URSS et les Russes devront attendre la faillite totale du système et l’échec des réformes tentées par Gorbatchev pour en finir avec la période soviétique.

I. Allemagne année 0

Comment la dénazification est-elle mise en œuvre par les vainqueurs de l’Axe ?

A –  L’effondrement du régime nazi est lié à la défaite militaire

L’effondrement du régime nazi est brutal et lié à la défaite militaire avec la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945.  Le fascisme et le nazisme sont discrédités par la défaite et la découverte des camps de la mort, par la violence fasciste envers sa population. En 1945, après la conférence de Potsdam tenue du 17 juillet au 2 août 1945, l’Allemagne vaincue est divisée en quatre zones d’occupation : les zones étasunienne, britannique et française à l’ouest et la zone soviétique à l’est. Le pays est dirigé par un conseil de contrôle allié quadripartite prenant ses décisions à l’unanimité.

L’Allemagne est occupée par les Alliés (« buts de l’occupation de l’Allemagne » l. 1) et dans les zones occupées doivent être appliquées des mesures visant à supprimer le parti nazi (III) et à juger les nazis (IV article 5) et à démocratiser l’Allemagne (IV).  Il s’agit donc de punir et rééduquer les Allemands par la dénazification et la démocratisation du pays.

Les accords de Potsdam prévoient de dissoudre les organisations nazies, d’abolir les bases de la dictature et les lois raciales, de réorganiser la justice et l’enseignement, de juger les dirigeants du régime.

Les Alliés imposent à l’Allemagne les « 5 D » : dénazification, démocratisation et décentralisation, démilitarisation, décartellisation.

La dénazification doit permettre d’éviter le retour du militarisme allemand source de conflits. Ainsi les Français replacent la dénazification dans le cadre du « problème allemand » responsable de trois guerres en un siècle (1870, 1914-1918 et 1939-1945)

La démocratisation doit donc permettre de refonder une société profondément endoctrinée depuis 1933 par douze ans de nazisme en épurant l’administration, en changeant les mentalités et les institutions.

  • Changer les mentalités : La dénazification est autant affaire de pédagogie que de justice (visite de camps de concentration imposées aux populations locales, projection de documentaires, retransmission de procès à la radio dont celui de Nuremberg…).
  • L’épuration administrative : Un million de fonctionnaires et militaires sont renvoyés avec interdiction d’exercer un emploi public.

La dénazification économique : Les principaux dirigeants des grandes entreprises comme Krupp ou I.G. Farbenindustrie comparaissent devant les tribunaux. Le procès d’IG Farben (27 août 1947-30 juillet 1948) concerne 23 dirigeants accusés d’avoir contribué à l’effort de guerre nazi et d’avoir collaborer avec les nazis : pillages des territoires occupés, utilisation de déportés comme main d’œuvre comme dans l’usine d’Auschwitz-Monowitz, expérimentation de gaz sur des cobayes humains puis production du zyklon B pour les camps d’extermination.

Les Alliés veulent extirper définitivement toute trace du nazisme dans la société et les institutions allemandes. Pour cela, ils ont décidé de se lancer dans une vaste politique de dénazification et de rééducation des Allemands, déclarés coresponsables des crimes du nazisme. Cette position très dure vis-à-vis de la population allemande s’explique dans le contexte de la fin de la guerre et de la découverte des camps d’extermination et de leurs milliers de cadavres. À cette époque, certains n’hésitent pas à affirmer que le peuple allemand est à part, qu’il portait en lui les bases du nazisme. Nous savons aujourd’hui que cette idée est totalement fausse : le processus qui a entraîné les Allemands dans la spirale du totalitarisme nazi aurait probablement pu se reproduire ailleurs dans un contexte similaire. Dans tous les cas, c’est en 1945 un pays détruit matériellement et psychologiquement.

B – Le procès de Nuremberg, la base d’une justice universelle et supranationale

Le procès de Nuremberg se tient entre le 20 novembre 1945 et le 1er octobre 1946. C’est donc un procès extrêmement long et médiatisé pendant lequel 21 dirigeants nazis et six organisations du iiie Reich (dont la SS, la gestapo et les SA) seront jugés. La décision de juger les coupables remonte à « la conférence interalliés » qui se tient au St James’s Palace de Londres le 13 janvier 1942. Il est alors décidé que « la guerre ait pour but principal, entre autres, de châtier les coupables de ces crimes contre l’humanité, quel que soit le degré de responsabilité des auteurs ». Les protagonistes promettent de « poursuivre, de rechercher, de juger et de condamner les criminels, sans distinction d’origine, et de veiller à l’exécution des sentences dans le cadre d’une justice internationale ». En octobre 1943, une commission des crimes de guerre des Nations Unies (alliés) est chargée d’enquêter sur ces crimes qui sont précisés dans la « déclaration de Moscou ».

Le 20 juin 1945, un groupe de juristes des quatre pays accusateurs (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France) est réuni par le procureur et juge à la Cour suprême américain R.H.Jackson. Ils rédigent l’accord de Londres (signé par les États le 8 août 1945) qui définit le statut du tribunal et les chefs d’accusation :

  • les crimes contre la paix (« la direction, la préparation, le déclenchement ou la poursuite d’une guerre d’agression ou d’une guerre en violation des traités, assurances ou accords internationaux »)
  • les crimes de guerre (« la violation des lois et coutumes de la guerre »)
  • les crimes contre l’humanité (« l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout autre acte inhumain commis contre les populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux »)

Les crimes contre la paix et les crimes contre l’humanité sont nouveaux en droit international. Le procès dure 10 mois. 11 condamnations à mort par pendaison sont prononcées et une par contumace (le secrétaire particulier d’Hitler, Bormann, est absent). Au nombre des condamnés, des personnalités importantes du régime nazi comme Hermann Gœring (numéro deux du Reich), Von Ribbentrop (ministre des affaires étrangères du Reich), Hans Frank (gouverneur de Pologne). Il semble que les accusations de crime de guerre et de crime contre l’humanité aient été décisives dans la décision des juges.

Il y aura douze autres procès à Nuremberg après celui des hauts dignitaires nazis : ils jugeront des médecins, des membres des Einsatzgruppen, des juristes nazis, etc.

Le procès de Nuremberg est important à plusieurs titres. Il est en effet le premier grand procès d’une justice internationale. Il n’a été possible que parce qu’en 1945-1946 le monde n’a pas encore sombré dans la guerre froide : les États-Unis et l’URSS sont alors d’accord pour siéger ensemble dans le même tribunal.

Il faudra attendre les années 1990 pour qu’une justice internationale soit de nouveau en vigueur (cour de La Haye jugeant les crimes en ex-Yougoslavie, d’Arusha pour le génocide rwandais, cour pénale internationale).

En quoi la guerre froide naissante impose-t-elle des limites à la dénazification ?

La dénazification est moins importante dans les zones occidentales : moins de 5000 personnes jugées contre 13 500 dans la zone soviétique : quelle fut la spécificité de la dénazification soviétique ?

Dans la zone d’occupation soviétique la dénazification élimine des postes dirigeants les anciens nazis mais est aussi utilisée pour imposer le modèle communiste. Les propriétaires terriens et les industriels sont expropriés. Les adversaires politiques sont déportés ou exécutés. 40 000 personnes sont déportées dans des camps de travail en URSS, où beaucoup meurent.

Combien de cas ont été traités ? Comment sont classés les Allemands ?

Dans la zone occidentale la dénazification passe par un « Questionnaire en 131 points » distribués à plus de 13 millions de personnes de plus de dix-huit ans. Le questionnaire permet de classer les Allemands en fonction de leur attitude passée face au nazisme en cinq catégories devant les cours de justice alliées. Les peines prononcées vont de l’acquittement à la peine de mort.

La population, qui survit plus qu’elle ne vit, est soumise par les occupants à une intense propagande ayant pour objectif de lui faire accepter sa culpabilité. Or il est difficile pour beaucoup d’Allemands d’accepter de regarder en face la vraie nature du régime hitlérien. Cela revient finalement à prendre conscience que beaucoup, sans se l’avouer, s’étaient déjà doutés de ce qui se passait avant même la fin de la guerre (mais se l’avouer pendant la guerre les aurait obligés à faire un choix entre agir, et risquer sa vie, ou ne rien dire, et être complices des crimes). Beaucoup d’Allemands reconnaissent cependant leur faiblesse et leur lâcheté pendant la guerre et tentent de faire évoluer les esprits.

Les anciens membres du NSDAP peuvent facilement échapper aux sanctions grâce à l’intense trafic de certificats de bonne conduite, les Persilscheine. Les Persilscheine sont des certificats de « blancheur Persil » qui, lors des procès de dénazification organisés par les Alliés, font passer du brun des nazis au blanc de l’innocence.

C – A quelle difficulté se heurte la dénazification ?

La dénazification se heurte à la mauvaise volonté des tribunaux allemands de prononcer des peines contre des Allemands. Les tribunaux ont surtout servi à une réhabilitation de masse ! En 1951 en Bavière 94% des juges et des procureurs et 77% des employés du ministère des finances sont d’anciens nazis.

La dénazification est difficile et ne touche qu’une minorité de personnes pour plusieurs raisons :

La complaisance des tribunaux allemands : Les juges devant se prononcer sur le passé d’anciens nazis sont souvent eux-mêmes des anciens nazis ! Ainsi en 1951 en Bavière 94% des juges et des procureurs sont d’anciens membres du NSDAP !

  • Réhabilitation : De Allemands sont jugés, l’épuration de l’administration est forte avec la révocation de fonctionnaires et de ceux qui (jusqu’aux maires de villages) ont exercé une autorité à l’époque du Reich. Mais, à partir de mars 1948, dans le contexte de la guerre froide naissante, les anciens nazis sont réhabilités car leurs compétences sont nécessaires pour la reconstruction de l’Allemagne. A Bonn 102 médecins sur 112 sont nazis !
  • Amnistie : Des lois d’amnistie sont votées en RFA en 1949 et 1954 pour les peines inférieures à trois ans.
  • Fuite : Des nazis fuient à l’étranger et cachent leur identité et leurs crimes comme Adolf Eichmann réfugié en Argentine ou encore Klaus Barbie en Bolivie.
  • Protection des puissances occupantes : les scientifiques allemands sont employés par les vainqueurs de la guerre comme Werner Von Braun l’inventeur du missile V2 (construit dans le camp de concentration souterrain de Dora). Dans les années 1960 il est un des responsables de la NASA et est le concepteur de la fusée Saturne V pour la mission lunaire de 1969.

En revanche, les médias, l’administration sont épurés et des milliers de fonctionnaires sont renvoyés ou rétrogradés (surtout dans le secteur américain). Dans la zone soviétique, plus de 40 000 personnes sont déportées dans les goulags. Les biens des responsables nazis (mais aussi de familles de la bourgeoisie) sont saisis. Les terres ainsi récupérées sont divisées et données à des paysans pauvres : dans la zone soviétique, la dénazification accompagne la mise en place d’un régime proche de l’URSS et permet souvent d’écarter l’élite soupçonnée d’être anticommuniste.

À l’Ouest, les alliés réforment également l’enseignement et rétablissent la liberté d’expression pour rééduquer les Allemands. La population allemande a de nouveau accès à toutes les informations venues de l’étranger et à la culture, sans vraiment de censure (même si les alliés utilisent la propagande). Les opposants au nazisme qui ont survécu sont autorisés à former des partis politiques et des syndicats. Le pouvoir des Länder est rétabli est des élections ont lieu. En 1949, la République Fédérale Allemande est créée. Il faudra attendre les années 1950 pour que les Allemands de l’ouest s’interrogent vraiment sur le passé nazi de l’Allemagne.

A l’Est, dans la zone soviétique, des partis politiques et des syndicats sont également autorisés, mais ils sont intégrés dans un « bloc antifasciste » contrôlé par l’URSS et le SED (parti socialiste unifié d’Allemagne créé en 1946). L’enseignement est également réformé mais en vue de répandre une idéologie communiste. Ce sont donc des communistes qui dirigent la République Démocratique Allemande créée en 1949. L’URSS ayant officiellement dénazifié le pays, les Allemands de l’Est ne seront jamais amenés à réfléchir à leur passé jusqu’à la réunification en 1990.

II – Gorbatchev, de la Glasnost à la disparition de l’URSS

• La succession de Brejnev, décédé en 1982, pose problème. Après trois ans de gouvernements tenus par des vieillards qui meurent avant d’avoir pu faire un début de réforme, les dirigeants du PCUS mettent Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir. C’est un « apparatchik », il a fait toute sa carrière politique dans le PCUS avant d’atteindre les plus hauts échelons du parti et de devenir membre de la Nomenklatura. Mais surtout, il est jeune et attaché à l’Union Soviétique. Dans son désir de sauver l’URSS, il se lance dans une politique de réformes très audacieuse qui remet en cause la dictature soviétique.

A – Perestroika et glasnost : achever la révolution

• Avec la Perestroïka (« restructuration »), il tente de sauver l’économie soviétique tout en refusant d’adopter totalement une économie de marché. Il favorise les initiatives privées et la responsabilisation des citoyens en louant des terres d’État aux petits paysans, et en permettant aux particuliers de créer de petites entreprises. Il donne également davantage d’autonomie aux entreprises d’État, et permet l’arrivée d’investissements étrangers. Il met fin à la course aux armements, ruineuse pour le pays, et donne leur autonomie aux démocraties populaires du bloc de l’Est car l’URSS ne peut plus se permettre de soutenir les gouvernements communistes par les interventions des troupes russes du Pacte de Varsovie.

En 1985 l’arrivée au pouvoir de M. Gorbatchev inaugure des changements provoquant une rupture en URSS : réformes économiques de la perestroïka et liberté d’expression avec la glasnost doivent permettre d’assouplir le système soviétique sans remettre en cause l’idéologie communiste.

* Rupture avec la dictature communiste par la glasnost : La censure est abolie et les médias peuvent aborder des sujets sensibles comme l’explosion de Tchernobyl en 1986, le malaise des soldats envoyés en Afghanistan. De plus Gorbatchev démocratise l’URSS : il modifie la Constitution et organise les premières élections en partie libres de l’URSS en mars 1989 (présence de candidatures libres).

* Rupture avec l’économie centralisée avec la perestroïka : Dans les années 1980 l’URSS connaît une grave crise économique révélant les échecs de l’économie centralisée soviétique. Pour relancer l’économie Gorbatchev entreprend d’assouplir la planification, de donner de l’autonomie aux entreprises et créer un secteur privé soumis au marché. Le but est de débloquer un système économique marqué par la mauvaise qualité des productions et le manque de motivation des travailleurs.

La progression du chômage et de l’inflation, les grèves et les manifestations paralysant le pays pendant l’été 1989 montrent l’aggravation de la crise économique et sociale.

La liberté donnée aux médias permet de critiquer les échecs et les crimes du régime soviétique. Les habitants de l’URSS s’interrogent sur l’efficacité et la légitimité du communisme, ce qui aboutit à une crise morale.

B – L’échec des réformes et la fin de l’URSS

L’échec de Gorbatchev à réformer l’URSS et sauver le communisme s’explique par la volonté des Républiques composant l’URSS à prendre leur indépendance : Pays Baltes, Moldavie, Ukraine, Biélorussie. L’URSS a implosé.

Même la Russie dirigée par Boris Eltsine a déclaré son indépendance, ce qui met fin de fait au communisme. M. Gorbatchev est obligé de démissionner de sa présidence de l’URSS le 25 décembre 1991.

Dès 1989 M. Gorbatchev reconnaît aux démocraties populaires le droit de choisir leur politique et donc de sortir du communisme. La politique extérieure du désengagement contribue à la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 et à la fin du bloc soviétique.

À l’intérieur de l’URSS les revendications nationalistes s’intensifient et les pays Baltes proclament leur indépendance au printemps 1991. Face aux risques d’implosion de l’URSS les conservateurs tentent un coup d’Etat en août 1991 contre Gorbatchev, c’est un échec mais M. Gorbatchev est affaibli politiquement. Le président de la Russie Boris Eltsine parvient à interdire le PCUS en novembre 1991.

Le 21 décembre 1991 les chefs d’Etat de onze ex-républiques soviétiques, dont la Russie, déclarent leur indépendance et la dissolution de l’URSS ainsi que la création de la CEI (Communauté des Etats Indépendants). Gorbatchev doit démissionner le 25 décembre 1991. Avec la fin de l’URSS prend fin le totalitarisme soviétique.

Boris Eltsine est élu président de la Russie en juin 1991 au suffrage universel direct. Sa légitimité est énorme. Il soutient les républiques soviétiques qui veulent quitter la fédération. C’est trop pour les communistes conservateurs : ils tentent un putsch à Moscou en août 1991. Avec le soutien de l’armée et de la population de Moscou, Eltsine empêche le coup d’État, fait interdire le PCUS, et démantèle le KGB. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev démissionne : devant les yeux incrédules du reste du monde, l’URSS est dissoute et éclate en plusieurs républiques qui formeront la Communauté des États Indépendants.

Les totalitarismes en Europe disparaissent au XX siècle, mais avec des modalités différentes pour le nazisme d’un côté et le stalinisme et communisme de l’autre.

La dénazification est réalisée rapidement après la fin de la deuxième guerre mondiale, alors que le régime communiste connaît sur une longue période un essoufflement du régime aboutissant à la fin de l’URSS.

Les causes de la fin des totalitarismes sont également différentes : extérieures (défaite militaire et intervention étrangère) en Allemagne nazie, intérieures en URSS : essoufflement du régime, aspirations populaires à un changement et initiative des dirigeants provoquant des changements.

Enfin les formes de la dénazification et de la fin du communisme sont aussi dissemblables : procès comme le procès de Nuremberg, épuration et rééducation politique en Allemagne ; en URSS des libérations massives de détenus ont précédé l’ouverture culturelle puis les réformes politiques et économiques

La fin du totalitarisme soviétique est d’abord le résultat d’un processus interne amorcé au temps de Khrouchtchev, et qui s’est accélérée sous Gorbatchev après une phase de « stagnation » sous Brejnev. L’initiative est dans les deux cas venue du sommet, du fait d’une prise conscience par les deux dirigeants de l’impasse d’un système qu’ils souhaitaient sauver. Si la relative libéralisation relative et les volontés réformatrices de Khrouchtchev ont débouché sur un recul, la Perestroïka et la Glasnost ont fait tomber ce qui restait d’un système usé, dont la chute ne peut s’expliquer seulement par celle du Mur de Berlin.

BIBLIO/SITO (graphies)

  • Ministère de l’éducation nationale et de la recherche , fiche eduscol
  • Une fiche de révision en ligne
  • Vincent M.-B., (Dir.), La dénazification, Perrin coll. Tempus, 2008.
  • Werth N., Staline, in Histoire de l’Union soviétique de Khrouchtchev à Gorbatchev(1953-1991), PUF coll. Que-sais-je ? 2007