La Guerre froide de 1962 à 1991 : de la détente à l'entente

Les Relations Est-Ouest évoluent progressivement de la coexistence pacifique à la détente. Les origines de cette Détente sont en partie les mêmes que celles de la coexistence pacifique, mais on est désormais d’autant plus convaincu de la nécessité de la négociation que la crise de Cuba a amené le monde au bord du gouffre

Toute une série d’accords vont donc être signés qui vont limiter d’autant de risque d’affrontement et améliorer les relations E-W, mais en même temps la cohésion des blocs va être entamée et ces derniers vont être ébranlés

La rivalité pour la domination mondiale ne connaît cependant pas de pause

  • La guerre du Vietnam reste est en toile de fond de la première décennie (63-73 et 73-75) et l’expansion communiste prend ensuite le relais de 1975 à 1979.
  • Le tiers Monde est devenu le champ d’affrontement essentiel des deux grands
  • La course à l’espace devient un nouvel enjeu et une nouvelle manifestation de la rivalité Est-Ouest
  • En fait la Détente est aussi un contexte de « paix armée » : il ne faut pas baisser la garde devant l’ennemi potentiel

Les années 1973-75 constituent une rupture dans la vie politique internationale
C’est d’une part l’apogée de la détente, les relations E-W se dégradant ensuite de 1975 à 1979
Nombre d’événements importants font de 1973 un tournant

  • 4ème guerre israélo-arabe
  • 1er choc pétrolier avec une crise économique qui inaugure une période de dépression
  • Importante conférence du mouvement des non-alignés à Alger
  • Accords de paris sur le Vietnam qui mettent fin à l’intervention américaine sur place

Le monde, longtemps bipolaire devient manifestement multipolaire avec de nouveaux pôles de décisions incontrôlables par les deux supergrands (émergence du Tiers Monde et nouvelles relations Nord Sud)
Les années 75-85 marquent un regain de tension, le bloc soviétique profitant dans un premier temps de l’effacement des Etats-Unis affaiblis, avant que ces derniers ne réagissent et ne reviennent à une politique de fermeté. C’est une période dite de « guerre fraîche » ou de « paix froide »
A partir de 1985, commence un dégel des relations est-ouest, alors que parallèlement, la crise du bloc communiste s’approfondit, celui-ci s’avérant incapable de se réformer ; la faillite du système communiste et la disparition de l’URSS mettent fin à la guerre froide entre 1989-91, laissant un monde chaotique marqué par la domination sans partage des Etats-Unis sur le monde

I. LES ASPECTS ET LES LIMITES DE LA DETENTE : 1962 – 1975

A. ORIGINES ET PRINCIPES

1°) Les origines
Elles remontent aux années 1953-56 et à la coexistence pacifique
a) Des origines semblables à celles de la coexistence pacifique :
1. L’équilibre de la terreur :

  • Toute attaque nucléaire décisive en première frappe est impossible et entraînerait une riposte en seconde frappe par trop meurtrière et destructrice ; la dissuasion condamne donc, sinon à l’entente, du moins à la détente.
  • Tout affrontement direct serait donc suicidaire et il faut donc l’éviter tout en maintenant un équilibre entre les deux blocs : il ne faut donc surtout pas se laisser dépasser dans la course aux armements qui continue.

2. La nécessité de diminuer les dépenses militaires
Pour pouvoir financer les grands projets économiques et sociaux intérieurs

  • La résorption de la pauvreté aux EUA avec la « Grande Société de Johnson »
  • Le rattrapage du niveau de développement des EUA en URSS avec rêve de pouvoir passer du stade du socialisme à celui du communisme

b) Le pragmatisme des nouvelles équipes dirigeantes
1. Richard Nixon et sa « realpolitik »
• Nixon (Elu en 1968 et réélu en 1972, démissionnaire en 1974) et son conseiller puis secrétaire d’état H. Kissinger, entendent mener une politique réaliste, s’appuyant sur le monde tel qu’il est et non sur l’idéologie.
• Ayant pris conscience du déclin relatif des EUA ils préfèrent substituer la négociation à la confrontation, les EUA n’ayant plus les moyens de jouer à eux seuls les gendarmes du monde
• A l’intérieur du bloc de l’Ouest , les EUA ne comptent plus intervenir systématiquement, leurs alliés devant prendre une part plus active à leur défense

2. Léonid Brejnev en URSS
• Arrivé au pouvoir en 1964, Brejnev et la nouvelle équipe dirigeante se satisfait d’une situation permettant à l’URSS de dominer une partie du monde en consolidant les positions acquises en 1945
• A l’intérieur du bloc de l’Est, la doctrine Brejnev est celle de « la souveraineté limitée » : aucun pays socialiste ne doit changer de camp et si le risque se présentait, il serait du devoir de l’URSS et du pacte de Varsovie d’intervenir

2°) Les règles tacites

a) L’exclusion du conflit direct
Le risque nucléaire étant trop grand la négociation doit être privilégiée pour éviter toute menace de guerre
b) Le respect de la zone d’influence directe de l’autre
Chaque camp est libre d’imposer son hégémonie dans sa zone d’influence mais doit se garder d’intervenir dans l’autre camp
c) L’exercice du condominium
• La volonté de domination conjointe des deux supergrands (condominium) s’amplifie face à l’affirmation ou à l’émergence d’autres pôles dans le monde (Europe, Japon, Chine, Tiers-Monde)
• Les deux supergrands se veulent donc les gendarmes du monde, mais ensemble : mieux vaut dominer le monde ensemble, contrôler les crises internationales en évitant qu’elles ne dégénèrent, plutôt que de risquer une guerre et le cas échéant un conflit généralisé …

B. LE TEMPS DES NEGOCIATIONS ET DU DIALOGUE.

• Le premier signe de la Détente, consécutif à la crise de Cuba, fut la mise en place du « téléphone rouge », ligne directe de Télétype entre le Kremlin et la Maison Blanche pour que les dirigeant des deux pays puissent communiquer directement en cas de crise grave.
• Les deux grands vont donc parvenir à s’entendre, notamment dans le domaine du nucléaire, et avec une politique d’apaisement en Europe comme en Asie.

1°) Une meilleure entente dans les domaines nucléaire et commercial.

a) En matière stratégique
• Les EUA passent de la stratégie des représailles massives à celle des représailles flexibles, et d’une stratégie anti-cités à une stratégie anti-forces ( c’est à dire tournée contre les objectifs militaires ) ; cette politique proposée à l’OTAN dès 1962 est adoptée en 1967.
• Cependant, les EUA étant convaincus d’être en retard sur l’URSS en matière d’engins balistiques, Kennedy

  • augmente le budget de la Défense pour accroître l’équipement nucléaire et conventionnel des EUA
  • lance le programme « Apollo » pour dépasser les Russes dans la course à l’espace et envoyer deux américains sur la lune avant la fin de la décennie (en les faisant revenir …Ce sera chose faite en 1969)

b) En matière d’armes nucléaires.
A défaut de pouvoir envisager sérieusement un désarmement, pour l’instant prématuré, les deux grands vont au moins s’efforcer de limiter la course aux armements.

1. Le traité de Moscou : Août 1963

  • Traité d’interdiction des essais nucléaires autres que souterrains

Refus de la France et de la Chine de signer ce traité

2. Le traité de non-prolifération des armes nucléaires : Juin 1968

  • Conclu par les deux grands, il est signé par 115 pays, à l’exclusion de la France, de la Chine et de l’Inde, soucieuses de préserver leur indépendance et qui ne veulent pas s’interdire de développer leur potentiel nucléaire
  • Les puissances non nucléaires signataires s’interdisent d’acquérir ou de produire des armes nucléaires
  • Les puissances nucléaires signataires s’interdisent d’aider les autres pays à acquérir et fabriquer l’arme nucléaire, tout en leur communiquant les découvertes à EUAge pacifique

3. Les négociations et accords S.A.L.T. 1
= Strategic Arms Limitation Talks
= négociations ouvertes à Helsinki en 1969 et donnant lieu à la signature d’un accord entre les EUA et l’URSS en mai 1972 à Moscou (accord valable 5 ans)
– Contenu :

  • plafonnement des armes stratégiques ( missiles balistiques intercontinentaux) à un certain niveau, ainsi que des sous-marins atomiques lanceurs
  • limitation des missiles anti-balistiques ( = limitation des missiles antimissiles afin de ne pas rompre l’équilibre de la terreur tout en limitant la course aux armements)

Remarques :
On ne s’interdit pas d’améliorer les armes existantes (miniaturisation et missiles avec ogives à têtes multiples)
On ne s’interdit pas non plus d’en chercher de nouvelles ( bombe N = bombe à neutrons, qui détruit toute forme de vie mais laisse le matériel intact tout en engendrant une moindre contamination …)

4. Le traité sur la prévention de la guerre nucléaire
– Il est signé par les EUA et l’URSS en 1973, lorsque Brejnev se rend en voyage officiel aux Etats-Unis
– Les deux pays s’engagent à éviter un conflit nucléaire entre eux ou avec des tiers
c) En matière commerciale
• Les échanges commerciaux se développent entre l’URSS et les EUA, à partir du voyage de Nixon à Moscou en 1972, mais surtout avec celui de Brejnev aux Etats-Unis où sont signés des accords de coopération économique et technique
• Ces accords sont plutôt avantageux pour l’URSS qui va pouvoir bénéficier de crédits avantageux et importer ce qui lui fait cruellement défaut :

  • Des céréales
  • De la technologie, y compris par l’intermédiaire d’usines clés en main

• Les EUA importeront plutôt des hydrocarbures en provenance d’URSS, mais sont en même temps ravis de trouver de nouveaux marchés surtout pour une agriculture qui croule sous les excédents

2°) L’apaisement en Asie

a) la fin de l’intervention américaine au Vietnam
• Interminable négociation de Paris avec le FNL et le Nord Vietnam, parallèlement à l’EUAge de la force
• Signature en janvier 1973 des accords de paris et retrait des américains du Vietnam
b) le rapprochement Pékin-Washington
• Les EUA deviennent favorables à l’entrée de la Chine à l’ONU avec le Siège au Conseil de Sécurité, aux dépens de Taïwan : c’est chose faite en 1971
• Différents voyages en Chine, des pongistes dans un premier temps, de H. Kissinger ensuite, précèdent la visite officielle de Nixon à Pékin en février 1972
– C’est une forme aussi inattendue que spectaculaire de la coexistence pacifique, utilisée d’ailleurs aussi comme un moyen de pression sur l’URSS, qui ne peut pas laisser prendre une alliance Chine-EUA se constituer ( Nixon est d’ailleurs immédiatement invité à Pékin où il se rend en mai 72 et où sont signés les accords SALT)

3°) L’apaisement en Europe

a) « L’Ostpolitik du chancelier Willy Brandt »

1. Willy Brandt
• Ancien président de l’Assemblée, puis maire de Berlin-Ouest, il devient chancelier de RFA en Octobre 1969 avec la victoire du parti social-démocrate aux élections ; il le restera jusqu’en 1974 où il doit démissionner du fait de la trahison d’un de ses plus proches collaborateurs, en fait agent du KGB !
• Il est convaincu du caractère durable de la division de l’Allemagne en deux états. Il s’agit d’accepter la réalité issue de l’amputation territoriale et de la division nationale allemande pour mieux favoriser un rapprochement et une coopération avec l’Europe de l’Est, normaliser et humaniser les rapports entre les deux Allemagnes et préserver l’avenir interallemand.
• Il va donc mener une politique réaliste « d’ouverture à l’est « qui rassure l’URSS et le camp socialiste, tout en ayant bien entendu l’approbation de Washington.

2. Plusieurs accords de grande importance entre 1970 et 1972
• En 1968 la RFA signe le traité de non-prolifération des armes nucléaires
• En Août 1970 : traité avec l’URSS – avec un engagement solennel de la RFA à ne pas utiliser la force dans ses relations avec l’URSS
• Décembre 1970 : Traité avec la Pologne

  • – avec reconnaissance de l’inviolabilité des frontières et de la ligne Oder-Neisse
  • – lors de son séjour à Varsovie, le chancelier Willy Brandt condamne le génocide nazi en s’agenouillant devant le monument qui commémore le martyre des juifs, geste hautement symbolique et d’un grand retentissement

• En Septembre 1971, Traité à 4 sur Berlin, l’URSS promet un libre transit des marchandises et des personnes entre la RFA et Berlin-Ouest : enfin ! …
• En Décembre 1972 = normalisation de relations RFA-RDA, la RFA reconnaît la souveraineté de la RFA et réciproquement
• En Septembre 1973 = admission simultanée à l’ONU de la RFA et de la RDA
• En 1973 = accords commerciaux RFA-URSS
• En 1973 = voyage de W. Brandt en Tchécoslovaquie, où il condamne l’accord hitlérien de Munich de Septembre 1938

C’est là une étape décisive de la Détente puisque la question allemande a été jusqu’alors un important sujet de friction entre l’Est et l’Ouest

b) La conférence d’Helsinki
= Première CSCE[1], qui rassemble tous les états européens, y compris l’URSS, plus les EUA
= Ouverture en 1973 et achèvement avec la signature des accords d’Helsinki en 1975

1. Contenu des accords
• Garantie du statu quo en Europe
• Affirmation de l’inviolabilité des frontières européennes et renonciation au recours à la force dans le règlement des conflits éventuels
• C’est une sorte de traité de paix de la 2ème guerre mondiale, avec 30 ans de retard
• Affirmation de la volonté de développement de la coopération scientifique, technique et économique entre les signataires.
• Affirmation de la garantie de la défense des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales, et du principe de la libre circulation des hommes et des idées

2. Remarques
• L’URSS est tout à fait satisfaite puisqu’elle obtient la confirmation des situations issues de la 2ème guerre mondiale.
• Les EUA sont satisfaits du 3ème panier des accords mais cela ne gênera en fait guère l’URSS et les pays de l’est qui n’en tiendront nul compte. Toutefois les dissidents soviétiques , peuvent désormais s’appuyer sur ces accords pour dénoncer les violations des droits de l’homme à l’est et le Kremlin n’a plus les coudées aussi franches qu’auparavant pour les faire taire, au moins pour les plus célèbres d’entre eux (Soljenitsyne et Plioutch, condamnés à l’exil, Sakharov en résidence surveillée). Pour les autres il reste toujours l’épreuve du goulag et de l’hôpital psychiatrique)
La période 1973-75 peut donc bel et bien être considérée comme l’apogée de la détente. D’ailleurs le 17 Juillet 1975, les capsules spatiales américaines et soviétiques Apollo et Soyouz s’arriment dans l’espace sous les yeux de millions de téléspectateurs, signe évident de cette détente
Toutefois, celle-ci n’a pas engendré la fin des tensions et des conflits, qu’ils soient internes aux blocs du fait de leur ébranlement, externes à ceux-ci ( conflit indo-pakistanais, drame du Biafra), ou encore entre les blocs mais en restant localisés. La détente a tout de même ses limites.

C. LA GUERRE DU VIETNAM, OU LES LIMITES DE LA DETENTE.

1°) Les origines du conflit et l’engrenage de la guerre

a) la naissance du FNL
• Les autorités du Sud, soutenues par les États-Unis, refusent d’envisager la réunification des deux zones situées de part et d’autre du 17e parallèle qui ont été définies par les accords de Genève de 1954 : Diem, maître du pays après le départ des français refuse d’organiser tout référendum sur cette question
• La dictature de Diem, très anticommuniste, suscite le développement d’une opposition composite de libéraux, bouddhistes et communistes regroupés dans un Front National de Libération ( FNL) créé en 1960 et bientôt essentiellement contrôlé par les communistes.
• Les forces armées du FNL, ou « Vietcongs », pratiquent la guérilla depuis 1959 contre le régime de Diem et obtiennent le soutien des nord-viêtnamiens
b) Les premières interventions américaines

1. l’envoi de conseillers américains au Vietnam
• Kennedy entre dans l’engrenage d’une longue guerre en décidant d’aider le gouvernement de Saigon : entre 1961 et 1963, 17 000 «conseillers militaires, sont envoyés au Vietnam du Sud pour encadrer l’armée du sud.
• Cette intervention est effectuée en vertu de la « théorie des dominos ». Il ne faut pas qu’un pays tombe sous l’emprise communiste, sinon il entraînera ses voisins dans sa chute les uns après les autres.
• L’intervention américaine est donc exclusivement liée à l’endiguement, à des considérations politiques et stratégiques et en aucune façon à des intérêts économiques.

2. Les actions de la CIA
• En Novembre 1963, coup d’état militaire avec assassinat de Diem, avec la complicité de la CIA

2°) L’escalade et l’enlisement

a) Le tournant de 1964
• Le Sud Vietnam est alors au bord de l’effondrement et les EUA mènent des opérations militaires secrètes.
• L’incident du golfe du Tonkin ( attaque de bâtiments américains par des vedettes nord-viêtnamiennes) fournit au président Johnson le prétexte à un engagement militaire massif combinant opérations au sol au sud Vietnam et attaques aériennes sur le nord.
b) d’énormes moyens mis en œuvre par les Américains, mais en vain

1. les bombardements du Nord Vietnam
• A partir de 1965, commencent des bombardements particulièrement meurtriers sur le Nord-Vietnam : les B 52 américains vont déverser plus de 634 000 tonnes de bombes en 3 ans, c’est à dire plus que l’Europe n’en a reçu au total pendant la 2ème guerre mondiale !…
• C’est un véritable déluge de bombes de tous les types : bombes à fragmentation, bombes chimiques, napalm, défoliants pour détruire la couverture forestière du pays

2. Des effectifs croissants
• En 1967, on compte 500 000 soldats américains engagés dans le conflit avec des moyens colossaux à leur disposition ( hélicoptères notamment)
• Et pourtant c’est l’enlisement !
• La première puissance mondiale ne parvient pas à venir à bout du Viêt-cong
• L’armée américaine est rongée par la drogue et les trafics en tous genres, par la démoralisation aussi
c) L’échec et la défaite

1. Le tournant de 1968 avec l’Offensive du Têt
• En janvier, les maquisards Vietcongs lancent une grande offensive dite « offensive du Têt » (Nouvel An vietnamien) sur les villes du Sud, les bases américaines et ils entrent même dans Saigon, pour être finalement repoussés.
• A l’évidence et malgré les moyens mis en œuvre, les américains ne peuvent venir à bout ni de la résistance du FNL ni de la détermination du gouvernement de Hanoi !
• Il va falloir envisager autre chose qu’une solution militaire et Johnson ordonne en mars l’arrêt des bombardements et commence les négociations avec le FNL et le gouvernement de Hanoi.

2. « La «vietnamisation» de la guerre.
• Le nouveau président, Nixon, entame à partir de 1969 un lent désengagement des forces terrestres américaines, qui passent de 500 000 à 50 000 hommes.
• En même temps, les États-Unis organisent une puissante armée Sud-viêtnamienne de 1 800 000 hommes.
• En mars 1972, l’armée Nord-viêtnamienne lance une offensive générale sur le 17e parallèle. Nixon réplique par la reprise des bombardements massifs sur Hanoi et les digues du Tonkin.

3. L’extension régionale du conflit au Laos et au Cambodge
• Pour négocier en position de force, Nixon décide aussi le bombardement de la piste Hô Chi Minh, qui, du Nord-Vietnam, à travers le Laos et le Cambodge oriental, approvisionne les maquis du Vietnam du Sud.
• Dans ce contexte, il favorise en 1970, à l’instigation de la CIA, le renversement du prince Sihanouk, roi du Cambodge, dont la position dans le conflit est neutraliste, au profit d’une dictature militaire pro-américaine dirigée par le général Lon Nol. Le Cambodge bascule dans la guerre civile, les « khmers rouges », communistes cambodgiens pro-chinois, harcelant le nouveau régime à partir des maquis.

4. La paix
• La paix est signée le 23 janvier1973 à Paris et les Etats-Unis se retirent du Vietnam.
• 56 000 morts pour les américains, 1,5 million pour le Vietnam du Nord …
• Toutefois, la guerre continue entre le Nord et le Sud, qui a refusé les accords de Paris.

3°) Une « sale guerre » à l’impact déplorable

a) Une guerre très coûteuse
• Des centaines de milliards de $ engouffrés dans cette guerre
• De ce fait les EUA perdent progressivement leur avance technologique et stratégique sur l’URSS
• Les déficits et l’inflation s’aggravent pour les EUA et le $ se déprécie : la confiance dans la monnaie américaine est sérieusement entamée.
b) Une « sale guerre » aux effets désastreux

1. Une guerre très médiatisée,
• Aux EUA et dans le monde entier
• La TV révèle les horreurs de la guerre, les souffrances des soldats US et les souffrances des populations vietnamiennes, favorisant la propagande pacifiste.

2. Un impact désastreux
2.1. Aux EUA même
• L’opposition à la guerre se développe dans les milieux d’intellectuels libéraux, dans les universités, chez les noirs aussi, qui y voient une guerre raciste.

• Profonde crise morale aux EUA : les américains sont d’autant plus démoralisés qu’ils s’interrogent sur la légitimité de ce conflit et qu’ils connaissent pour la première fois de leur histoire une défaite militaire : c’est un véritable traumatisme national !

2.2. Dans le monde : la réprobation internationale
• Dans tous les pays de l’est bien sûr

• Dans le Tiers-Monde où cela développe une vague d’antiaméricanisme
• Dans l’opinion publique et la jeunesse des pays occidentaux
• Par quelques pays occidentaux, la France notamment

2.3. Un affaiblissement des positions de l’occident
• L’échec au Vietnam va engendrer une volonté de non-intervention à l’extérieur pour éviter de retomber dans semblable situation : pour l’URSS c’est évidemment un sérieux avantage !

• A l’Ouest, on s’interroge désormais sérieusement sur la capacité des Etats-Unis à défendre leurs alliés, et bientôt sur leur volonté à le faire …

B. CONTESTATION , EBRANLEMENT ET FISSURATION DES BLOCS : VERS UN MONDE MULTIPOLAIRE.

• Les Etats-Unis, embourbés dans la sale guerre du Vietnam sont de plus en plus l’objet d’une réprobation mondiale. De plus le miracle économique européen et la réussite de la CEE nourrissent des relations d’autonomie par rapport aux EUA dont la tutelle est de moins en moins bien supportée en Europe. Quant au Japon, il devient lui aussi un nouveau pôle avec lequel il faut compter, au moins sur le plan économique.
• A l’Est, la crise du bloc communiste s’approfondit, avec de nouvelles forces centrifuges qui s’y manifestent, Moscou et Pékin restant les deux pôles dominants et antagonistes
• Au clivage Est-Ouest, se juxtapose en outre un clivage Nord –Sud, avec l’émergence du tiers-monde sur la scène internationale.
– Le monde bipolaire hérité de la guerre, est en fait en train de devenir un monde multipolaire

1°) A l’Ouest, le leadership américain contesté par la France Gaullienne

De Gaulle va incarner la résistance à l’hégémonie américaine. A partir de 1962, la France est libérée de l’hypothèque algérienne et De Gaulle peut désormais véritablement mener la grande politique qu’il souhaite pour la France, politique de grandeur et d’indépendance nationale qui va se manifester de différentes manières.
La volonté d’indépendance face à l’impérialisme américain est très forte mais il n’y a aucun reniement d’alliance : en 1962, la France est le plus fidèle allié des EUA dans la crise de Cuba : « Si c’est la guerre, nous la ferons aux côtés des américains »
a) La volonté d’indépendance sur le plan militaire.
1. Poursuite du programme de recherche et armement nucléaire :
• la France ne saurait confier à personne d’autre qu’à elle-même le soin d’assurer sa défense et doit s’équiper d’une force de dissuasion nucléaire
– La France fait exploser sa première bombe A en 1960 et la bombe H en 1966
– Elle se lance dans un programme d’équipement ( avec construction de sous-marins nucléaires, silos de fusées nucléaires et avions)

2. Refus de s’associer aux traités internationaux sur le nucléaire
• Au traité de Moscou d’interdiction des essais nucléaires atmosphériques en 1963
• Au traité de non-prolifération des armes nucléaires en 1968

3. Rejet du « Grand Dessein » de Kennedy
• De Gaulle, qui avait proposé en 1958 un projet de directoire à 3 de l’Alliance Atlantique, refuse à son tour en 1962 le « Grand Dessein » de Kennedy qui voulait intégrer les forces européennes y compris nucléaires dans l’OTAN, les EUA gardant seuls le pouvoir de décision nucléaire.

4. Retrait de la France de l’OTAN
• En Mars 1966, la France se retire complètement de l’OTAN, tout en restant membre de l’Alliance Atlantique, et les forces américaines présentes en France sont invitées à quitter le territoire national

b) La volonté d’indépendance sur le plan économique et financier

1. Contrôle et limitation des investissements américains en France
• pour éviter la mise sous tutelle de notre industrie nationale et conserver notre indépendance sur le plan économique

2. Volonté de développer la recherche et l’industrie française
• Il s’agit là encore de faire face aux tentatives hégémoniques américaines

  • Efforts pour une filière française de l’énergie nucléaire pour éviter le recours aux brevets américains
  • Plan Calcul pour développer l’informatique française ; soutien à « Bull »
  • Avion supersonique « Concorde » en collaboration avec les anglais

3. Offensive contre la suprématie du $ à partir de 1965
• De Gaulle est favorable à un système monétaire qui ne serait fondé que sur l’or.
• La France vend donc ses $ pour se constituer des réserves exclusivement en or !

c) Les initiatives diplomatiques françaises
De Gaulle multiplie les gestes spectaculaires contre les deux hégémonies, surtout celle des EUA puisque la France fait partie du bloc de l’ouest, ce qui irrite évidemment un peu plus les Etats-Unis…
1. les refus à l’entrée du RU dans le marché commun
• A deux reprises, en 1963 et 1967, De Gaulle s’oppose à l’entrée du RU dans la CEE, que non seulement elle avait boudé en 1958, mais qu’elle avait aussi cherché à torpiller de l’extérieur en étant à l’origine de l’AELE.
• De Gaulle considère que le RU n’est pas mûre pour entrer dans l’Europe.
• Il estime que son objectif est de lutter contre la CEE de l’intérieur avec la perspective de la dissoudre dans une sorte de vaste zone de libre-échange intégrant le Commonwealth auquel elle reste trop attachée.
• Il pense qu’elle est toujours trop liée aux EUA, lesquels voient maintenant dans l’Europe un concurrent un peu trop redoutable qu’il faudrait affaiblir. le RU serait en quelque sorte «le « Cheval de Troie » des EUA en Europe et mieux vaut donc qu’elle reste en dehors selon lui …
• De Gaulle veut une France indépendante dans une Europe indépendante et non pas d’une Europe soumise aux volontés américaines.

2. le rapprochement avec l’est
• Rapprochement avec l’URSS
• Reconnaissance de la Chine Populaire
• Rapprochement avec les démocraties populaires
• Avec la Pologne (coopération au niveau des chantiers navals de la Baltique)
• Avec la Roumanie (coopération pour la création de complexes touristiques sur la Mer Noire)

3. le discours de Pnom-Penh ( 01.07.1966)
• Condamnation de l’intervention américaine au Vietnam et de la responsabilité des EUA dans la guerre
• Condamnation faite dans la capitale du Cambodge où il est reçu par le prince Sihanouk, à proximité même du Vietnam où se battent les soldats américains !…

4. « Vive le Québec Libre »
• Alors qu’il est en voyage officiel au Canada en Juillet 1967, dans un pays largement anglophone, mais au Québec c’est à dire aussi à proximité immédiate des Etats-Unis, De Gaulle conclut le discours qu’il fait à l’hôtel de ville de Montréal, par ce fameux « Vive le Québec Libre », qui provoque évidemment un incident diplomatique avec le pays hôte tout en scandalisant l’opinion américaine!

– Extrait :

« C’est une immense émotion qui remplit mon cœur en voyant devant moi la ville française de Montréal. Au nom de la France, je vous salue de tout mon cœur. Si vous saviez quelle confiance la France, réveillée après d’immenses épreuves, porte vers vous, si vous saviez quelle affection elle recommence à ressentir pour les Français du Canada. C’est pourquoi elle a conclu avec les Gouvernements du Québec, des accords, pour que les Français de part et d’autre de l’Atlantique travaillent ensemble à une même œuvre française. (…)
Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec libre !Vive le Canada français et vive la France ! »

2°) A l’Est, la crise du bloc soviétique.

a) L’Aggravation de la querelle avec la Chine Populaire
• La rupture officielle entre la Chine de Mao et l’URSS de Khrouchtchev remonte à 1960, après deux années d’un débat idéologique et politique particulièrement violent et ponctué d’injures de toutes sortes
• En 1962 le PCC publie un réquisitoire en 25 points énumérant les divergences avec l’URSS.
• Rupture des relations diplomatiques en 1967
• En 1962, puis en 1968 et 1969, incidents de frontière sur le fleuve Amour et son affluent l’Oussouri ; depuis 1966 il y a environ un million d’hommes massés de part et d’autre de la frontière !
• Le conflit est d’autant plus inquiétant que la Chine dispose de la bombe A depuis 1964 et de la bombe H en 1967 …
b) Les manifestations d’indépendance tolérées par Moscou en Europe

1. La diplomatie relativement autonome de la Roumanie
1.1. La Roumanie de Ceaucescu, au pouvoir depuis 1965, pratique une politique extérieure non-alignée sur Moscou
• Refus de prendre parti contre Pékin

• Rapprochement avec la Yougoslavie
• Traité d’amitié avec la Tchécoslovaquie de Dubcek et désolidarisation du coup de Prague de 1968
• Etablissement de relations diplomatiques avec la RFA

1.2. Tolérance de la part de Moscou car
• La politique intérieure reste très stalinienne et connaît même un durcissement

• Le territoire roumain n’a aucune frontière commune avec l’ouest

2. La politique économique originale de la Hongrie
• Kadar mène une politique économique relativement libérale et autonome, avec réussite d’ailleurs
• En revanche il reste totalement soumis à Moscou en politique extérieure

3. le changement de direction en Pologne en 1970
• Profonde crise économique en Pologne, avec augmentation brutale des prix des produits de première nécessité
• Flambée de colère ouvrière dans les chantiers navals de la Baltique, avec des manifestations qui tournent à l’émeute
• Violente répression avec des centaines de morts qui traumatise la population, avec en outre la démission de Gomulka et la nomination de Gierek à la tête du POUP : de nouvelles promesses qui ne seront pas tenues, mais l’ordre communiste règne à nouveau

4. la naissance de « l’Eurocommunisme » en Europe de l’ouest
• Il rassemble les partis communistes italien, espagnol et français, non sans quelques réserves pour ce dernier
• Il prend ses distances avec Moscou
• Condamnation de l’intervention en Tchécoslovaquie
• Protestations contre le sort réservé à certains dissidents
• Abandon de la théorie de la dictature du prolétariat
• Respect des règles démocratiques occidentales pour parvenir au pouvoir
c) Le « Printemps de Prague » et l’intervention soviétique : 1968

1. « Le Socialisme à visage humain » du Printemps de Prague

1.1. En Janvier 1968 des communistes réformistes parviennent au pouvoir :
• A. Dubcek devient premier secrétaire du parti en remplacement du stalinien Novotny

• Le Gal Svoboda remplace Novotny à la présidence de la république
• L’Assemblée nationale élit son président au scrutin secret et Smirkovsky est élu

1.2. Des réformes sont effectuées et d’autres annoncées
• Abolition de la censure : un vent de liberté souffle sur la presse et la télévision

• Réhabilitation des victimes du communisme
• Projets d’autogestion ouvrière, de fédéralisation du pays, d’introduction de l’économie de marché

1.3. Les réactions
• Enthousiasme populaire en Tchécoslovaquie, notamment dans la jeunesse

• Inquiétude à Moscou et dans les autres démocraties populaires : le risque de déviation et de contagion démocratique est jugé trop grand

2. l’intervention soviétique

2.1. Les prémices
• Le pacte de Varsovie invite le PCT à « corriger ses erreurs »

• Les dirigeants tchécoslovaques sont convoqués à Moscou où les soviétiques exercent sur eux de lourdes pressions, mais ils résistent. ;
2.2. Les faits
• Le 21 Août les troupes du pacte de Varsovie envahissent la Tchécoslovaquie où elles ne rencontrent qu’une résistance passive et occupent le pays

• La normalisation commence
• Les acquis du printemps de Prague sont supprimés
• Censure, Autoritarisme et épuration font leur retour avec les néostaliniens imposés par Moscou : la chape de plomb retombe sur la Tchécoslovaquie !

3. portée de l’événement
3.1. Une excellente illustration de la « Doctrine Brejnev » dite encore « doctrine de la souveraineté limitée » :
Le socialisme est un fait irréversible et les états-frères ont le devoir d’intervenir lorsqu’il se trouve menacé dans l’un ou l’autre des pays du bloc
3.2. L’image de l’URSS est un peu plus ternie.
– Protestations des gouvernements occidentaux, mais la détente n’est pas pour autant remise en cause
– Protestations de plusieurs pays socialistes : Yougoslavie, Chine, Roumanie
– Condamnation de l’intervention par les partis communistes occidentaux (PCI ; PCF)

I. LES RELATIONS EST-OUEST : « LA GUERRE FRAICHE »
1975-1985

A. LE REPLI AMERICAIN DES ANNEES 75-79

1°) L’Amérique traumatisée et affaiblie.

a) Le syndrome vietnamien
• Entre 1975 et 1979, les Américains, traumatisés par la défaite du Vietnam, traversent une crise de confiance et doutent de la valeur morale de leur engagement passé.
• A leur retour les vétérans du Vietnam sont mal accueillis par la population : ce sont des soldats de l’échec et de la défaite, et ils sont pratiquement rejetés !
• Le Congrès refuse une politique militaire trop coûteuse, et l’Amérique refuse tout engagement militaire à l’extérieur qui pourrait la conduire dans une guerre et un enlisement semblables à ceux du Vietnam.

b) le scandale du Watergate
• Le scandale aboutit à la démission du président Nixon, qui préfère partir de son propre gré plutôt que d’être le premier président des Etats-Unis à être destitué suite à la procédure d’« impeachment » lancée contre lui par le Sénat des Etats-Unis pour abus de pouvoir, obstruction à la justice et outrage au Congrès.

  • Cette procédure se superpose à une fraude fiscale de Nixon de l’ordre de 450000 $
  • Elle succède à la démission du vice président S. Agnew suite à divers ennuis avec la justice
  • Elle précède le « pardon » accordé par Gérald Ford et donnant à Nixon une immunité totale, le nouveau vice-président devenu président étant le seul président des EUA non-élu puisqu’il perdra les présidentielles face à Carter (le bruit court qu’il aurait obtenu la nomination à la vice-présidence contre la promesse à Nixon de lui accorder son pardon)

• Les américains en viennent à douter de leur propre système politique, eux qui estimaient auparavant qu’il était le meilleur au monde. L’Amérique est vraiment traumatisée, elle doute donc d’elle-même et s’en trouve fort affaiblie, laissant ainsi l’initiative à l’URSS et au bloc communiste.
c) la prise d’otages du personnel de l’ambassade américaine à Téhéran
• Le 4 Novembre 1979, dans le cadre de la révolution islamique dirigée par Khomeiny, les « étudiants islamiques » prennent en otage les membres de l’ambassade des EUA à Téhéran : c’est un véritable camouflet pour les Etats Unis
• En 1980, un raid destiné à libérer les otages échoue lamentablement : c’est un nouveau coup porté à l’image des EUA dans le monde !
• Les otages ne seront libérés par l’Iran qu’au terme de 444 jours de détention

2°) La présidence de Carter ( 1976-80 )

• Compte-tenu de l’état dans lequel se trouvent les EUA à ce moment là, les Etats-Unis ne pouvaient élire qu’un président au-dessus de tout soupçon et d’une probité totale et la politique extérieure ne pouvait prendre qu’un tour moralisateur.
• Jimmy carter, démocrate, devient président de 1976 à 1980 et fonde sa diplomatie sur le respect de la souveraineté des nations et la défense des droits de l’homme
a) Les relations avec l’URSS
• Il reproche à l’URSS de ne pas respecter les accords d’Helsinki quant aux libertés d’expression et de circulation. Carter s’efforce d’obtenir la libération des dissidents emprisonnés et de plus larges possibilités d’émigration pour les Juifs soviétiques.
• Cette politique protège les dissidents en alertant l’opinion internationale mais elle irrite les dirigeants soviétiques qui invoquent le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, principe réaffirmé à Helsinki.
b) Les relations avec Amérique Latine
• Changement particulièrement sensible de politique
• A partir de 1976, le président Carter réduit l’aide militaire et financière aux dictatures latino-américaines.
• Ce désengagement laisse le champ libre aux forces révolutionnaires …

B. LA NOUVELLE PROGRESSION DU COMMUNISME : 1975-1979

L’Amérique étant affaiblie, les communistes ne manquent pas d’en profiter : les soviétiques étendent leur zone d’influence, soit directement, soit indirectement par vietnamiens ou par cubains interposés.

1°) En Extrême-Orient.

– Le désengagement américain entraîne un progrès considérable des communistes et justifie à posteriori la théorie des dominos.
a) Le Vietnam, allié et relais de l’URSS, étend son influence

1. au Vietnam
• Invasion du Sud-Vietnam et chute de Saïgon en Avril 1975
• Réunification du Vietnam sous l’autorité du nord communiste : Saïgon devient Ho Chi Minh-Ville et l’épuration commence, accompagnée de « rééducation » bien entendu
• Pour les américains, l’échec est cuisant, et l’évacuation en catastrophe de l’ambassade américaine constitue une humiliation de plus
• Les « boat-people » : des milliers de vietnamiens s’efforcent de quitter le sud du Vietnam à bord de bateaux coulés ou rançonnés au large des côtes ; ce sont un million de vietnamiens qui partent dans des conditions dramatiques et le dénuement le plus total : le monde commence alors à s’éveiller aux questions humanitaires.

2. au Laos
• Le Pathet Lao (les communistes laotiens) prennent le pouvoir.
• En 1977, le Vietnam impose son protectorat sur le Laos
b) Le drame cambodgien

1. Le Cambodge déstabilisé par la guerre du Vietnam
• En 1969, le prince Norodom Sihanouk, neutraliste, est écarté du pouvoir par un coup d’état soutenu par les EUA militaire qui porte au pouvoir le général Lon Nol. Les communistes cambodgiens, pro-chinois, qui avaient déjà pris le maquis, intensifient la guerre civile.
• Les EUA interviennent directement au Cambodge par des bombardements aériens massifs qui dureront jusqu’en 1973, contre la piste Ho Chi Minh, et contre les maquis communistes

2. prise du pouvoir par les « Khmers rouges »
• En Avril 1975, parallèlement à la chute de Saïgon, les Khmers rouges prennent le pouvoir à Pnom-Penh et instaurent un régime de terreur au Cambodge, rebaptisé « Kampuchéa démocratique »

  • Fermeture totale du pays
  • Exode forcé de la population de la capitale et des autres villes, jugée hostile, bourgeoise et corrompue …
  • Déportation et travail forcé dans les campagnes
  • Familles disloquées
  • Enfants enrôlés et armés
  • Torture et massacre des opposants

• Un véritable génocide : 2 à 3 millions de morts dans un pays qui en comptait 7 millions… et des responsables de sinistre mémoire : Pol Pot, Kieu Sampan.
c) l’Asie du SE, enjeu du conflit sino-soviétique
• Le Vietnam opte pour le camp soviétique (en 1978, il signe un traité d’amitié et de coopération avec l’URSS et est admis au CAEM) alors que le Cambodge est soutenu par la Chine populaire.

• En Janvier 1979, prétextant le génocide, le Vietnam envahit le Cambodge, renverse le régime de Pol Pot, occupe le pays et institue un protectorat de fait sur ce pays : c’est la première guerre ouverte entre pays communistes ! …
• En Février-Mars1979, la Chine agresse le Vietnam pour lui « donner une leçon » mais l’offensive chinoise est rapidement bloquée par le Vietnam et quelques temps plus tard les chinois se retirent. Pendant quelque temps l’on a craint une intervention soviétique contre la Chine mais le Vietnam, la plus puissante armée d’Asie du Sud-Est, est parvenue à enrayer l’agression chinoise
Conclusion partielle sur l’Asie
Ce sont là les premières guerres entre pays communistes … (et la faillite évidente du slogan de Marx, « Prolétaires de tous les pays unissez-vous » comme de l’analyse de Lénine selon laquelle la guerre ne peut être que le fruit que de rivalités d’impérialisme, donc un phénomène limité au monde capitaliste)
Les boat people, l’expansionnisme vietnamien et la folie Khmer rouge déconsidèrent un peu plus encore le communisme et l’image d’une possible libération par le socialisme.
Les pays de l’ASEAN ne sauraient pourtant en aucune façon fournir à l’époque un contre-modèle, rongés qu’ils sont par le sous-développement et la misère, les inégalités, la corruption et le vice international (Manille, Bangkok)

2°) En Amérique latine, l’hégémonie américaine contestée

a) un anti-américanisme croissant

1. l’Amérique latine, « chasse gardée » américaine
• C’est à l’époque un lieu de prédilection pour l’implantation des multinationales US
• Ils y soutiennent des régimes politiques autoritaires et dictatoriaux, parfois fascisants, le plus souvent dirigés par des militaires conseillés et équipés par eux-mêmes et faisant régner sur place la terreur policière, l’oppression, la torture et les « disparitions ».

2. Les EUA s’aliènent une bonne partie de l’opinion latino-américaine.
• La résistance démocratique subsiste malgré tout
• Une partie du clergé catholique prend ses distances avec ces dictatures et leurs soutiens (bourgeoisie nationale et grands propriétaires) :

  • c’est le cas notamment de personnalités telles que don Helder Camara au Brésil ou monseigneur Romero au Salvador, qui s’intéressent aux plus pauvres
  • c’est le cas aussi des prêtres adeptes de la « Théologie de la Libération », aux méthodes d’analyse marxistes, et bientôt condamnée par Rome

b) la « subversion communiste » s’organise autour de plusieurs pôles.

1. Cuba.
• Les tentatives de multiplication de foyer de guérilla soutenues par Cuba et Che Guevara au Venezuela, en Colombie et au Prou échouent finalement du fait

  • de l’efficacité de la répression,
  • de la passivité paysanne,
  • du légalisme de la plupart des communistes latino-américains.

2. Le Chili de Salvador Allende (1970-1973)
• Le Chili est en Amérique latine pratiquement le seul pays ayant une réelle tradition démocratique. En 1970, une coalition de gauche dominée par les socialistes parvient légalement au pouvoir, par la voie électorale : Salvador Allende est élu président de la République au suffrage universel et met en place un « gouvernement d’Unité Populaire ».
• Ce gouvernement entame une politique de gauche et nationalise sans indemnité les mines du cuivre, possédées par des intérêts américains. C’est à leurs yeux un bien mauvais exemple pour les autres pays d’Amérique latine ! …
• Les EUA et la CIA vont donc soutenir activement toutes les forces hostiles à ce nouveau pouvoir et pour finir le coup d’état militaire du général Pinochet, puis la dictature militaire qu’il instaure en Septembre 1973

3. Le Nicaragua à partir de 1979
• Le dictateur pro-américain Somoza est renversé en Mars 1979 par la révolution sandiniste, d’inspiration marxiste
• Le leader sandiniste Daniel Ortega

  • se rapproche de l’URSS et de Cuba
  • instaure une réforme agraire d’inspiration soviétique
  • soutient les maquis du Salvador et du Guatemala dont les gouvernements sont pro-américains

4. L’Ile de la Grenade
– Prise du pouvoir par des forces révolutionnaires en 1979

3°) L’Afrique devient un nouvel enjeu.

a) nature de l’enjeu

1. Un continent d’un intérêt économique et stratégique évident
• D’immenses ressources du sous-sol, minérales et énergétiques, très convoitées par les pays industriels
• Une position stratégique sur les routes pétrolières qui ravitaillent l’occident, et pour le contrôle de la Méditerranée.

2. Un continent instable et fragile
• Sous-développement et faiblesse économique
• Instabilité politique

  • Frontières artificielles
  • Importantes rivalités, ethniques, politiques et religieuses

b) Une nette percée soviétique
• L’Algérie de Boumedienne et la Libye de Khadafi : pays arabes, islamiques et pro-soviétiques
• La Guinée, le Bénin, le Congo, la Tanzanie et Madagascar, Etats d’Afrique noire qui se réclament de l’idéologie marxiste
• En 1974 l’Ethiopie bascule. La vieille monarchie de Haïlé Sélassié, complètement inconsciente des réalités de son pays et incapable de remédier à une terrible famine, s’effondre. Une junte militaire pro-soviétique prend le pouvoir, que l’URSS soutient en 1977 face à la Somalie.
• A la faveur de la révolution des œillets de 1974, le Portugal accorde l’indépendance à ses colonies africaines : Angola, Guinée-Bissau, îles du Cap vert, Mozambique

  • En Angola et au Mozambique, des milliers de soldats cubains équipés par les soviétiques viennent aider les guérillas marxistes dans leur lutte pour le pouvoir face à d’autres mouvements soutenus par l’Afrique du sud pro-occidentale.
  • En Namibie occupée par l’Afrique du sud, l’URSS soutient un mouvement de lutte contre l’« apartheid »

c) l’occident sur la défensive
• le RU cherche surtout à ne pas se trouver impliquée dans les conflits, n’étant pas parvenue à résoudre le problème du Zimbabwe (ancienne Rhodésie où la minorité blanche au pouvoir a finalement dû s’effacer sous la pression américaine)
• Les EUA commencent à s’intéresser à l’Afrique mais leur intervention reste surtout économique et diplomatique
• La France joue en Afrique noire francophone un rôle de gendarme régional :

  • avec de nombreux accords de coopération technique et militaire,
  • avec des interventions militaires, par exemple au Zaïre en 1978 ( pour aider Mobutu à conserver la riche province du Shaba), et à plusieurs reprises au Tchad pour y contrer les tentatives d’expansion libyennes.

Finalement, la Détente ne profite-t-elle pas essentiellement à l’URSS ? C’est ce que l’on commence à penser de plus en plus aux EUA …

4°) L’invasion de l’Afghanistan : « Le coup de Kaboul »

a) L’intervention soviétique en Afghanistan
1. 1978 : CE militaire prosoviétique en Afghanistan
• mise en place d’un régime prosoviétique

  • réformes de structure
  • vigoureuse répression contre les notables, les grands propriétaires, les mollahs

• le nouveau pouvoir afghan, incapable de faire face à la guérilla anti-communiste d’un peuple foncièrement musulman, sous la pression des soviétiques, fait appel à eux.

2. Décembre 1979 : invasion militaire soviétique
L’armée rouge envahit l’Afghanistan le 24 Décembre 1979 et installe à Kaboul un nouveau gouvernement communiste dirigé par Karmal
= illustration exemplaire de la Doctrine Brejnev : un pays entré dans le camp socialiste ne peut pas en sortir
= reprise de la vieille tradition russe d’expansion vers le sud
= probable volonté de prendre position à proximité du Golfe Persique
b) Les conséquences de l’intervention soviétique

1. la condamnation internationale de l’URSS

  • par l’AG des Nations Unies 1l4 voix contre 18 et 18 abstentions
  • par l’occident
  • par les pays islamiques

2. le développement de la résistance afghane
• Exode d’une partie des afghans vers le Pakistan, dans des camps de réfugiés ( (500000 ?)
• Organisation progressive de la résistance armée

  • causes :

• tradition d’indépendance
• fort sentiment religieux
• occupation soviétique de + en + dure
• pays montagneux propre aux embuscades pour un peuple habitué à la vie dure

  • Problèmes :

• coordination de groupes et clans souvent rivaux
• armement ( difficulté de ravitaillement ; soutien des pays islamiques, puis plus tard des EUA )
• isolement ( pas de médiatisation de cette guerre à la différence de celle du Vietnam )

3. Le réveil des EUA

  • Pour les Etats-Unis, le coup de Kaboul est un véritable électrochoc et c’est de ce fait la fin de la détente
  • Le Président Carter réagit fermement, mais en Novembre 1980, ce sera Ronald Reagan, anticommuniste déterminé, qui sera élu.

c) L’URSS s’enlise dans la guerre : un Vietnam soviétique ?
• L’URSS, malgré l’ampleur des moyens engagés, ne parvient pas à maîtriser la situation
• Elle maîtrise les villes et les axes de communication mais pas les montagnes, qui restent aux mains de la résistance islamique et pratique une occupation violente :

  • bombardement des villages
  • terre brûlée classique
  • volonté de démoralisation ( attaques surprises, bombes blessantes ne tuant pas forcément, mines en forme de jouet pour les enfants…

• Non seulement la résistance n’est pas étouffée, mais elle se développe et s’unifie progressivement, alors que l’armée soviétique est de plus en plus démoralisée ( drogue, désertions de soldats musulmans… )
• C’est pour l’URSS un véritable bourbier sans issue militaire …

C. LE RETOUR A LA FERMETE DES U.S.A. et les conflits de la guerre fraîche : 1980-1985.

1°) Le raidissement américain est consécutif à l’invasion de l’Afghanistan.

a) Le Pt Carter revient à une politique de fermeté
• embargo sur les livraisons de céréales à l’URSS
• embargo sur les livraisons de technologies de pointe à l’URSS
• boycott des JO de Moscou en 1980 ( l’ascenseur sera renvoyé par l’URSS en 1984 pour les JO
• augmentation des crédits militaires et effort de réarmement
• Non-ratification par le congrès US des accords SALT II
• pressions sur l’Europe pour qu’elle ne livre pas les Equipements nécessaires au gazoduc transsibérien et ne se ravitaille pas en gaz soviétique

b) Le Président Reagan n’alourdit pas les sanctions
• Il lève même l’embargo sur les céréales puis sur le gazoduc transsibérien pour des raisons économiques intérieures ( pression du lobby agricole notamment )
• En fait les EUA ne gênent pas plus les soviétiques en Afghanistan, que les soviétiques ne les avaient gênés au Vietnam

2°) Les années Reagan et le retour à la tension est-ouest : 1980-1984

• L’élection du président Reagan s’explique par une réaction patriotique et impérialiste des EUA après les échecs cumulés qu’ils viennent de connaître.
• Reagan veut redonner confiance à l’Amérique et estime qu’on ne peut négocier avec l’URSS qu’en position de force. Pour lui l’URSS est « L’empire du Mal », « la représentation du diable sur la terre » ( tonalité inhabituelle dans la diplomatie… )
• Le durcissement de la politique des Etats-Unis se confirme d’autant plus que l’URSS est essentiellement accaparée par des problèmes de succession entre 82 et 85, entre la mort de Brejnev et l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev.

a) le réarmement américain

1. Un budget militaire croissant et considérable
• le budget militaire double de 79 à 87 pour atteindre 295 milliards $ et 29 % du budget !
• gros effort de développement et de modernisation des forces US (missiles MX, bombardier Bl, fusées Trident pour les sous-marins nucléaires)

2. La crise des EUROMISSILES : l’Europe redevient un enjeu
• Depuis 1977 les Soviétiques ont déployé en Europe des missiles SS 20

  • Ce sont des missiles de moyenne portée ( 1000-5000 kms ), d’une redoutable précision, en remplacement d’anciennes fusées SS4 et SS5 dépassées.
  • Non seulement l’URSS a une supériorité conventionnelle en Europe, mais elle peut maintenant détruire l’essentiel des forces de l’OTAN en une seule frappe nucléaire

• Fin 1979 le Conseil atlantique décide d’installer dans plusieurs pays de l’OTAN des armes de même nature que les SS 20 ( des fusées Pershing II ) ainsi que des « missiles de croisière » indétectables en vol à très basse altitude et ultra précis.
• Réaction soviétique :

  • pressions soviétiques pour éviter une telle installation ( surtout sur la RFA )
  • soutien au développement du pacifisme en RFA ( slogan : « Plutôt rouge que mort » ) avec puissantes manifestations qui suscitent l’inquiétude à l’ouest : alors qu’on s’était si longtemps inquiété du militarisme allemand, voici maintenant que c’est son pacifisme qui inquiète ! …
  • refus des soviétiques de souscrire à la proposition des EUA « option zéro[2] »

• fermeté US : les fusées prévues s’implantent en Europe dès 1983 et jusqu’en 1985

3. le projet I.D.S et la militarisation de l’espace
• IDS : Initiative Stratégique de Défense ( projet dit « guerre des étoiles »
• Objectifs :

  • édifier dans l’espace un bouclier inviolable avec stations spatiales de détection et de frappe nucléaire en vue de détruire dans l’espace tout missile ennemi lancé contre les EUA
  • s’assurer une supériorité décisive sur l’URSS par la fin de l’équilibre de la terreur, l’URSS ne pouvant plus détruire les EUA, ces derniers pouvant anéantir leur ennemi.
  • essouffler l’économie soviétique au cas où celle-ci s’acharnerait à vouloir relever le défi et s’engager aussi dans cette voie
  • relancer l’économie et la Recherche aux EUA pour amplifier l’avance technologique

• dénonciation de la part de l’URSS évidemment
b) le retour de la politique du « big stick » ( gros bâton)
Avec le président Reagan, la doctrine Johnson de 1965 redevient d’actualité : « pas de nouveau Cuba »

1. intervention des Marines dans l’île de la Grenade
– en Oct. 83, pour renverser un régime marxiste
– Opération de quelques heures saluée par les américains comme le signe de la renaissance de leur pays

2. soutien aux forces contre-révolutionnaires en Amérique centrale
2.1. au Nicaragua
– Les EUA multiplient les entraves économiques en réduisant leurs relations commerciales
– Ils apportent un soutien financier et en armes aux « contras » (opposition armée aux sandinistes)
– Les sandinistes finiront par échouer à cause du boycott US, de la lassitude et du désenchantement de la population (médiation du groupe de la « Contadora » regroupant 5 pays d’Amérique Latine, puis élections présidentielles de Février 90 avec élection de Violeta Chamoro, candidate de l’union nationale de l’opposition, et échec du dirigeant sandiniste D. Ortega)
2.2. Au Salvador et au Guatemala
– soutien aux gouvernements de ces deux pays aux prises avec des maquis révolutionnaires soutenus par les sandinistes
2.3. à Panama
– intervention militaire en Décembre 1989 pour y rétablir la démocratie et capturer le général Noriega, inculpé de trafic de drogue par la justice US
Remarque
Les EUA se sont toutefois attirés de nouveaux reproches des latino-américains lorsqu’ils ont soutenu la Grande-Bretagne contre l’Argentine dans le conflit des îles Malouines (ou îles Falkland) en 1982. L’Argentine, qui revendique ces îles anglaises depuis 1833, les occupe par surprise en 1982, avant que le RU ne vienne les reconquérir par la force.

3. raids aériens sur la Libye
= Bombardement US sur Tripoli & Benghazi en 1986 en réponse au rôle du colonel Khadafi dans l’organisation du terrorisme international. Il n’en réchappe d’ailleurs que de justesse …

3°) La Pologne en état de siège et la contestation du système soviétique.

a) La Pologne à la fin des années 70
Du fait des profondes difficultés économiques et faute de réelles réformes, le fossé s’est élargi entre la société polonaise et le parti qui la domine.
Après la crise de 1970 et l’arrivée de Gierek au pouvoir, les problèmes subsistent avec une austérité devenue insupportable de telle sorte qu’une nouvelle flambée sociale survient en 1976.

1. De 76 à 79, la domination du POUP s’affaiblit
– Régime est de plus en plus contesté
– Développement des activités clandestines (groupes clandestins avec circulation de cassettes vidéo, presse clandestine…)

2. Le renouveau de l’opposition
• Union de 3 forces autour de la revendication des libertés démocratiques

  • l’Eglise catholique
  • les intellectuels
  • les ouvriers

• En 1978, apparition des premiers syndicats libres
• Le rôle de l’Eglise catholique

  • Le nationalisme polonais est exalté et l’opposition au régime renforcée par l’élection du Cardinal VOYTILA au pontificat en Sept 78 ( Jean-Paul II.).

• D’origine polonaise, c’est un pape de combat, foncièrement anticommuniste
• Il sera un acteur indirect important de l’effondrement du communisme (un attentat, qui échouera de justesse, sera d’ailleurs perpétré contre lui par une filière bulgare)

  • Il effectue un voyage triomphal en Pologne dès Juin 1979, et y reviendra à plusieurs reprises, suscitant un grand enthousiasme populaire.
  • endettement international considérable
  • pénurie avec flambée des prix des produits de première nécessité
  • grand mouvement de grève qui se généralise avec pour centre les chantiers navals de GDANSK ( Lech Walesa : délégué )

b) la Crise de 1980-82
1. Les espoirs de 80-81
1.1. un contexte de crise économique et sociale profonde
1.2. le recul du régime et le retour de l’espoir :
• les accords de GDANSK d’Août 80

  • libération des détenus politiques
  • reconnaissance du droit de grève
  • reconnaissance de la liberté syndicale et de la formation de syndicats indépendants.
  • liberté d’expression religieuse

• limogeage de Gierek remplacé par Kania

• création du syndicat SOLIDARNOSC ( Solidarité)

  • enregistré officiellement le 10 NOV 80
  • 10 millions d’adhérents au premier congrès national en oct. 81 ( le POUP n’en a plus qu’un million et demi… )

1.3.La nouvelle situation politique polonaise :

• de nouveaux rapports se dessinent avec trois forces en présence :

  • le POUP,
  • l’Eglise catholique,
  • Solidarité

• Mais le spectre de l’URSS de Brejnev est aussi là…
– L’URSS ne peut tolérer une telle évolution et envisage d’ailleurs d’intervenir , les polonais sachant par ailleurs qu’ils ne peuvent compter sur un soutien militaire de l’occident
2. l’espoir brisé : le coup d’état du 13 Décembre 81 et la « normalisation »
• Le Général Jaruzelski, secrétaire du POUP depuis Septembre, proclame la loi martiale et l’état de guerre

  • réunion et grève interdites
  • 40 000 arrestations et chasse à l’homme
  • dissolution de Solidarité en Oct. 82
  • entreprises militarisées
  • TV militarisée
  • quadrillage du pays par la milice et répression aveugle (assassinat du Père Popielusko)

• Seuls points éventuellement positifs :

  • la Pologne a fait l’économie d’une intervention militaire de l’URSS et du Pacte de Varsovie…
  • l’Eglise de Pologne s’efforce d’éviter l’explosion de la violence, pendant que la résistance retourne à la clandestinité

Rien n’est pour autant réglé en Pologne…
Quant aux occidentaux, ils suspendent toute aide à la Pologne, et le maintien de la discipline soviétique à l’Est contribue bien entendu à aggraver la « guerre fraîche ».

Conclusion partielle :
En quelques années, les deux grands ont vu leurs images de marque respectives s’inverser complètement : dans les années 70, c’est surtout celle des EUA qui est ternie, mais avec les années 80 c’est désormais au tour de l’URSS de voir son image se détériorer gravement du fait de l’effet Soljenitsyne, de l’invasion de l’Afghanistan, de la répression en Pologne et de la paralysie du système engendrée par la gérontocratie.
La guerre fraîche est d’autant plus dangereuse, qu’à la tension est-ouest s’ajoute le clivage nord-sud et des conflits qui opposent les pays du sud entre eux, le Proche et le Moyen-Orient restant une zone de tension particulièrement vive.

III. DU RETOUR DE LA DETENTE A LA DISSOLUTION DES BLOCS : 1985-1991

A . LES RELATIONS EST-OUEST : DE LA DETENTE A L’ENTENTE.

1°) Un contexte désormais différent

a) l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev en 1985
• Brejnev : mort en 1982
• Andropov, ex patron du KGB, volonté réformiste au plan économique, mort en février 84
• Tchernenko, le plus âgé, néo-stalinien ultraconservateur mort en mars 1985

1. Gorbatchev au pouvoir en 85
Il devient secrétaire Général du Parti et Président de l’Union
• objectifs :

  • moderniser le pays et tenter de faire face à l’échec économique total de l’économie soviétique
  • réformer le régime
  • donner une nouvelle image de l’URSS à 1’étranger

• moyens

  • Pérestroïka ( restructuration )
  • Glasnost ( transparence )

2. Une logique de détente
• priorité absolue = remise en état de l’économie soviétique

  • nécessité pour cela de diminuer les dépenses militaires pour accroître les investissements productifs, d’où la volonté de désarmement
  • nécessité d’accroître les relations commerciales avec l’W pour importation de technologie et de capitaux : la coopération est devenue indispensable (et la notion de coexistence pacifique apparaît donc totalement périmée)

• Seconde priorité : sortir de l’impasse afghane

  • Pour donner un gage de bonne volonté à l’W
  • Pour restaurer image de l’URSS dans le tiers-monde, islamique notamment.
  • Pour éviter une solidarité des républiques musulmanes d’URSS avec les Afghans, ce qui pourrait remettre en cause la cohérence de l’URSS

b) Reagan est confronté aux limites de sa propre politique
• réélection triomphale en 1984 mais changement de cap et de ton qui s’explique ainsi :
• la coûteuse poursuite du réarmement est incompatible avec :

  • la lutte contre un énorme déficit budgétaire
  • le déficit du commerce extérieur
  • la politique monétariste donnant la priorité à la lutte contre l’inflation
  • la promesse électorale (non tenue)de diminution des impôts

• plusieurs échecs de Reagan et les difficultés des EUA rendent urgents de brillants succès de politique extérieure
• difficultés économiques des EUA et âpre concurrence japonaise
• Irangate en 1986-87 (scandale des ventes clandestines d’armes a l’Iran pour financer l’aide aux contras du Nicaragua )
• refus du congrès US de voter les crédits militaires pour l’aide aux contras du Nicaragua
• échecs au Proche-Orient

  • incapacité US à résoudre l’éclatement du Liban, à y lutter contre le rôle déstabilisateur du parti du Herzbollah soutenu par l’Iran et à l’origine des prises d’otages et autres attentats
  • durcissement d’Israël et de l’OLP
  • montée de l’intégrisme
  • ambitions syriennes

La détente apparaît donc comme une nécessité pour conduire à l’entente, pour résoudre les problèmes intérieurs mais aussi les grands problèmes mondiaux
2°/ La détente Est-Ouest.
a) Le Retrait de l’URSS d’Afghanistan
• La nouvelle politique extérieure de l’URSS ne saurait être crédible tant que l’URSS est engagée dans une guerre extérieure, d’autant qu’il faut éviter que l’URSS ne s’embourbe davantage dans un « Vietnam soviétique »

  • annoncé en décembre 87
  • amorcé en mai 88
  • terminé au 15.2.89

= première fois que l’URSS quitte un pays occupé, abandonne un état-frère
= fin de la Doctrine Brejnev.
• Le régime communiste, privé de ses protecteurs, tombe en 1992, mais la guerre subsiste car différents clans islamiques s’affrontent désormais pour le pouvoir
b) Le désarmement est engagé.
Multiplication des sommets Reagan puis Busch – Gorbatchev
1. Novembre 1985 : sommet de GENEVE

  • première rencontre
  • même si rien de concret n’en sort, c’est une reprise du dialogue qui permet d’envisager la tenue d’autres sommets de ce type
  • Il accepte de disjoindre le Problème des Euromissiles des autres négociations
  • Il reprend à son compte « l’option zéro » proposée par Reagan en 81 : désarmement nucléaire en Europe, total et progressif d’ici 1999
  • Il évoque la possibilité de diminuer les forces conventionnelles
  • Adoption du principe de réduction de 50 % des armements nucléaires offensifs stratégiques
  • Adoption du principe de la suppression totale des euromissiles
  • démantèlement des Missiles de croisière, des Pershing 2 et des SS 20
  • premier accord de désarmement, première destruction d’armes existantes
  • premier accord de contrôle mutuel et d’inspection
  • application de l’option zéro pour les missiles de moyenne portée : 1000 à 5000 Kms
  • nouveau nom des négociations SALT depuis 1983
  • lère fois que réduction envisagée et non plus limitation
  • désarmement étendu aux armes stratégiques
  • célébration de la fin de la guerre froide entre Bush et Gorbatchev
  • accord de réduction des forces conventionnelles en Europe de l’OTAN et du Pacte de Varsovie

2. Janvier 86 : Gorbatchev propose le désarmement nucléaire de l’Europe
3. Octobre 86 sommet de REYKJAVIC
4. Décembre 87 : Traité de WASHINGTON
5. Les négociations START (« Strategic Arms Reduction Talks »)
6. Décembre 1989 : Sommet de MALTE
7. C.S.C.E. de PARIS en DEC 1990
8. Traité START 1 à Moscou en juillet 1991 (Bush-Gorbatchev)
concerne les armes stratégiques
destruction de 25 à 30 % des arsenaux nucléaires des deux grands
accord sur une procédure de contrôle réciproque
3°) Le règlement des conflits périphériques dans le monde
a) Les facteurs favorables sont multiples :

  • pressions américano-soviétiques conjointes plus efficaces avec la détente
  • lassitude des combattants
  • renouveau de la diplomatie de l’ONU possible et rôle de son secrétaire PEREZ DE CUELA

b) Les progrès de la paix
• Retrait vietnamien du Cambodge ( 88 à 90 ) mais l’avenir de ce pays reste cependant très fragile du fait du poids des Khmers rouges
• Normalisation des relations sino-soviétiques avec un voyage en Chine de Gorbatchev en 1989
• Cessez le feu au Nicaragua entre contras et sandinistes, puis élections présidentielles libres sous le contrôle de l’ONU amenant la victoire de Violetta Chamoro, candidate d’union nationale, et le retour au calme
• MAROC et front P0LISARI0 acceptent le plan de paix de l’ONU avec un référendum d’autodétermination au Sahara occidental
• Accords de paix ETHIOPIE-SOMALIE
• Accord TCHAD-LIBYE en décembre 88 pour respect du cessez le feu de l’0UA
• Accord ANGOLA-CUBA-AF du S en août 88

  • cessez le feu
  • retrait d’Afrique du S de Namibie
  • départ des cubains d’Angola

• indépendance effective de la Namibie en 1990, sous l’égide des Nations Unies
• Un tournant en Afrique du Sud : une réconciliation spectaculaire

  • élection du Pt DE CLERK en septembre 89
  • libération de Nelson Mandela ( leader noir anti-apartheid en février 90 )
  • démantèlement progressif de l’apartheid, avec confirmation au référendum de mars 92 ; vote blanc 2/3 de OUI
  • En avril 1994, la nouvelle assemblée élit Mandela à la présidence de la république
  • La nouvelle Afrique du sud réintègre donc la communauté internationale

• Fin de la guerre Iran-Irak 20 août 88

B. L’EFFONDREMENT DU COMMUNISME ET LES BOULEVERSEMENTS EN EUROPE

1°) Le rôle de M. Gorbatchev et la démocratisation du régime soviétique

Gorbatchev entame une politique pour réformer le système en profondeur, mais c’est tout le système communiste qui va s’effondrer, le totalitarisme ne supportant pas l’introduction même partielle de la démocratie.
a) les premiers signes

  • plus de liberté de la presse
  • révision de l’histoire officielle
  • dénonciation des « erreurs et des crimes du passé » sous Staline
  • réhabilitation des victimes des années 30, Kamenev, Zinoviev, et surtout Boukharine qui incarnait une tendance droitière
  • fin de l’exil en résidence surveillée à Gorki de Sakharov

b) une volonté réformiste
• modernisation du parti

  • diminution des apparatchiks
  • mise en congé de responsables conservateurs
  • pluralité des candidatures aux élections

• réformes

  • de l’appareil judiciaire
  • du système associatif
  • libéralisation de la presse
  • introduction de la propriété privée dans l’agriculture.
  • lutte contre l’alcoolisme

c) les grandes réformes politiques s’accélèrent à partir de 88-89.
• Décembre 88 : remaniement de la Constitution de 77
• Elections de mars-avril 89 pour la première fois au SU avec pluralité des candidatures

  • condamnation du parti par les électeurs
  • élection d’opposants comme Sakharov ou de contestataires comme Boris Eltsine

• Le Congrès des députés du peuple ainsi élu

  • élit le chef de l’état, M. Gorbatchev, et le soviet suprême
  • conteste le rôle dirigeant du parti qui sera supprimé en février 90 par Gorbatchev
  • crée le poste de Président de l’URSS, orientant le régime vers une forme régime présidentielle avec transfert du pouvoir du parti vers l’état
  • élit Gorbatchev Président de l’Union le 14 mars 1990
  • doit adopter un nouveau « traité de l’Union » pour établir de nouvelles relations entre les différentes républiques ( mais un Coup d’état aura lieu avant qu’il ne se réunisse…)

d) la situation de Gorbatchev de plus en plus fragilisée en URSS
1. une double opposition politique
• celle des conservateurs du parti hostiles à l’évolution du régime et détenant encore des postes importants

• celle des réformateurs, ou radicaux favorables à une accélération des réformes pour passer à la démocratie et à l’économie de marché ( Eltsine, qui a quitté le parti)
2. un vigoureux mécontentement populaire
• à cause des problèmes économiques irrésolus, d’une crise aggravée, notamment au niveau du ravitaillement, avec des mouvements de grève, comme celle des mineurs en juillet 89.
3. mécontentement des nationalités
• A la périphérie de l’Union, elles aspirent de + en + à l’indépendance : l’Empire est confronté à un véritable mouvement de décolonisation interne.
Gorbatchev est donc de plus en plus isolé

2°) Le tournant de 1989-91 : le rideau de fer déchiré et l’Europe transformée

• Un phénomène de rejet du stalinisme et du communisme

  • aspiration généralisée à la démocratie dans les démocraties populaires
  • élimination de la vieille génération des dirigeants
  • fin du rôle dominant des PC qui se transforment en partis sociaux-démocrates
  • instauration du pluralisme
  • généralisation des élections libres et victoire des démocrates ou libéraux
  • orientation vers l’économie de marché

• Un rôle important de Gorbatchev

  • respecte ses alliés est-européens et leurs orientations nouvelles
  • approuve même le rejet du communisme en RDA, Bulgarie & Roumanie

a) C’est la Pologne qui lance le séisme
• Avril 89 : accord entre le pouvoir et Solidarnosc

  • légalisation de Solidarité
  • démocratisation des institutions

• Juin 89 : élections partiellement libres = débâcle du POUP et victoire des libéraux
• Août 89 : Premier gouvernement non-communiste à diriger un pays de l’Est (nommé par Jaruzelski)

  • Gouvernement Mazowiecki, soutenu par Solidarité et l’Eglise
  • retour à l’économie de marché

• Décembre 89 : abolition du rôle dirigeant du POUP
• Décembre 90 : Lech WALESA est élu Président de la République
b) la vague démocratique submerge toute l’Europe de l’est

1. la Hongrie
• Kadar est évincé en 1988
• Mai 89 : ouvre la première brèche dans le rideau de fer : la Hongrie ouvre sa frontière avec l’Autriche (ce qui va précipiter le destin de la RDA …)

  • C’est le début d’un exode massif des Allemands de l’Est vers la RFA
  • 720 000 personnes en 89, exode sans précédent depuis fin 2éme GM

• Juin 89 funérailles nationales organisées en mémoire d’Imre Nagy
• Juillet 89 : réhabilitation de NAGY
• Eté 89 : le PCH renonce au centralisme démocratique et se transforme en parti socialiste
• Octobre 89 : La Hongrie cesse d’être une République « socialiste et populaire «
• Novembre 89 : Premières élections libres dans un pays de l’Est.

2. la Tchécoslovaquie
• rassemblements étudiants à Prague à partir du 17 novembre
• le 27 novembre une grève générale contraint le parti à abandonner son rôle dirigeant
• l’ancien régime est abattu en 3 semaines en décembre 89 par la « révolution de velours »
• 29 Décembre 89 : l’auteur dramatique et opposant Vaclav HAVEL est élu Président de la république à l’unanimité par le Parlement, lui-même présidé par A. Dubcek

3. la Roumanie
• la révolution roumaine en décembre 89 est la seule à présenter des violences
• N. Ceaucescu, exécuté après un simulacre de procès

4. le mouvement s’étend en Bulgarie, en Yougoslavie et même en Albanie

c) la fin de la RDA et la réunification allemande
• à partir de mai 89 : exode massif des allemands de l’Est vers la RFA et multiplication des manifestations de masse en RDA
• Octobre 1989 : Erich Honecker, abandonné par Gorbatchev, est contraint à la démission
• 9 Novembre 89 : ouverture du mur de Berlin bientôt démantelé
• élections en RDA en mars 90 : débâcle du PC et large victoire de l’Union Chrétienne de Lothar de Maizière
• Juillet 90 : Union monétaire entre RFA et RDA et l’URSS accepte l’entrée d’une Allemagne unifiée dans l’OTAN ( contre 12 milliards de DM pour financer le retrait de ses troupes )
• 3 Octobre 90 : absorption de la RDA par la RFA avec reconnaissance de la frontière 0der-Neisse
L’Unité allemande est retrouvée, avec l’accord de Gorbatchev

Conclusion partielle
C’est la fin d’une période, la fin d’un monde
– Le communisme est rejeté, le bloc de l’Est démantelé,
– les symboles de la guerre froide abattus (rideau de fer et mur de Berlin )
– L’Europe entre véritablement dans l’après-guerre, 45 ans après la fin de celle-ci.

3°) l’Eclatement et la fin de l’Empire soviétique : 1989-1991

a) fin du Bloc soviétique
• CAEM totalement vidé de son contenu : toutes les relations économiques sont à revoir
• Juillet 1991 : dissolution du Pacte de Varsovie ( l’OTAN reste seule, mais quelle mission pour elle ?)
b) l’éclatement de l’URSS

1. 1989 : révolte des nations
• multiplication des « fronts populaires nationaux » affirmant leur droit à l’autodétermination
• les états baltes en pointe pour la revendication d’indépendance

• violents affrontements en Géorgie ainsi qu’entre arméniens et azéris

2. 1990 : démantèlement de l’Union
• Mars 90 : proclamation de la souveraineté de la Lituanie
• les autres états baltes suivent, puis toutes les autres républiques
• la Russie elle-même proclame sa souveraineté en juin 90 et Boris Eltsine, Président de la Russie depuis mai 89, se pose désormais en rival de Gorbatchev.

3. 1991 : disparition de l’URSS
• le CE conservateur raté : août 1991

  • Résistance des démocrates, l’armée ne basculant pas avec les putschistes
  • Boris Eltsine en sort vainqueur, et Gorbachev libéré n’a de fait plus de pouvoir : il est président d’une Union qui n’existe plus.

• Le 8 décembre 1991, La Russie, l’Ukraine et la Biélorussie signent les accords de Minsk qui suppriment l’URSS ( en constatant qu’elle n’existe plus)
• Le 21 décembre 1991, onze républiques ex-soviétiques créent la CEI[3] qui restera en fait une coquille vide.
• Le 25 décembre 1991, Gorbatchev démissionne de ses fonctions puisqu’il est président d’une URSS qui a cessé d’exister….
Conclusion :
Les années 89-91 sont donc des années charnières : un monde s’est effondré et une période s’est achevée. Le communisme se réduit pratiquement maintenant à la Chine et à Cuba, cependant contraints de s’ouvrir plus ou moins sur le reste du monde et les Etats-Unis restent la seule grande puissance au monde.
L’Europe est profondément bouleversée, mais quelle Europe pour demain ? Une « Maison commune européenne » selon la formule de Gorbatchev, c’est à dire l’Europe de l’Atlantique à l’0ural ou une CEE progressivement élargie à l’Europe de l’Est ?
Les problèmes n’y ont pas disparu, ne serait-ce que la montée des nationalismes autrefois étouffés engendrant de violents conflits (guerre civile en Yougoslavie de 1991 à 1995, conflit du Kosovo en 1998) ou la difficile transition à l’économie de marché engendrant de nouvelles désillusions…


[1] CSCE : Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe

[2] Pas d’installation d’euromissiles américains si les soviétiques retirent les leurs.

[3] CEI = Communauté des Etats Indépendants

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