A la recherche d'un nouvel ordre mondial dans le dernier quart du XXème siècle

Les années 1970 et 80 voient les derniers affrontements entre les deux blocs avec un regain de tension Est-Ouest dans les années 80 mais la chute du mur de Berlin en 1989 puis l’effondrement et la disparition de l’URSS en 1991 marquent la fin de la guerre froide et du monde bipolaire.

L’espoir surgit alors d’un nouvel ordre international capable d’assurer la paix dans le respect des droits de l’Homme sous la responsabilité de l’ONU dans un monde devenu multipolaire

Mais c’est en fait le désordre mondial qui semble s’installer et les attentats contre le World Trade Center à New York le 11 septembre 2001 changent la nature des relations internationales. Peut-on parler de nouvel ordre international ou de désordre international. N’est-on pas passé dans un monde unipolaire dominé par l’hyperpuissance américaine ?

I. LES RELATIONS EST-OUEST : «LA GUERRE FRAICHE»
1975 – 1985

Un contexte troublé à partir des années 1973-1975

• Dérèglement du système économique mondial du fait de la crise du $ et de la fin de la convertibilité en or de la devise américaine en 1973, du fait du choc pétrolier de la fin de l’année 73 : les « Trente Glorieuses » s’achèvent et les années 74-75 sont des années de crise économique.

• La tension Nord-Sud semble se substituer à la confrontation Est-Ouest dans un monde devenu multipolaire. L’utilisation de l’arme pétrolière par les pays de l’OPEP au moment de la guerre du Kippour illustre cette irruption du Sud sur la scène internationale de manière radicale.

En fait la guerre froide reprend du fait de l’affaiblissement des Etats-Unis et de l’expansion du communisme qui en tire profit, alors que les conflits se multiplient dans le Tiers-monde devenu vraiment un nouvel enjeu de la guerre froide.

A. LE REPLI AMERICAIN DES ANNEES 75-79

1°) L’Amérique traumatisée et affaiblie.

a) Le syndrome vietnamien

• Entre 1975 et 1979, les Américains, traumatisés par la défaite du Vietnam, traversent une crise de confiance et doutent de la valeur morale de leur engagement passé.

• A leur retour les vétérans du Vietnam sont mal accueillis par la population : ce sont des soldats de l’échec et de la défaite, et ils sont pratiquement rejetés !

• Le Congrès refuse une politique militaire trop coûteuse, et l’Amérique refuse tout engagement militaire à l’extérieur qui pourrait la conduire dans une guerre  et un enlisement semblables à ceux du Vietnam.

b) le scandale du Watergate

• Le scandale aboutit à la démission du président Nixon, qui préfère partir de son propre gré plutôt que d’être le premier président des Etats-Unis à être destitué suite à la procédure d’« impeachment » lancée contre lui par le Sénat des Etats-Unis pour abus de pouvoir, obstruction à la justice et outrage au Congrès.

  • Cette procédure se superpose à une fraude fiscale de Nixon de l’ordre de 450000 $
  • Elle succède à la démission du vice président S. Agnew suite à divers ennuis avec la justice
  • Elle précède le « pardon » accordé par Gérald Ford et donnant à Nixon une immunité totale, le nouveau vice-président devenu président étant le seul président des USA non élu puisqu’il perdra les présidentielles face à  Carter (le bruit court qu’il aurait obtenu la nomination à la vice-présidence contre la promesse à Nixon de lui accorder son pardon)

• Les américains en viennent à douter de leur propre système politique, eux qui estimaient auparavant qu’il était le meilleur au monde …L’Amérique est vraiment traumatisée ! …

• L’Amérique doute donc d’elle-même et s’en trouve fort affaiblie, laissant ainsi l’initiative à l’URSS et au bloc communiste …

c) la prise d’otages du personnel de l’ambassade américaine à Téhéran

• Le 4 Novembre 1979, dans le cadre de la révolution islamique dirigée par Khomeiny, les « étudiants islamiques » prennent en otage les membres de l’ambassade des USA à Téhéran : c’est un véritable camouflet pour les Etats Unis

• En 1980, un raid destiné à libérer les otages échoue lamentablement : c’est un nouveau coup porté à l’image des USA dans le monde !

• Les otages ne seront libérés par l’Iran qu’au terme de 444 jours de détention, par la seule volonté des Iraniens.

2°) La présidence de Carter (1976-80)

Compte tenu de l’état dans lequel se trouvent les USA à ce moment là, les Etats-Unis ne pouvaient élire qu’un président au-dessus de tout soupçon et d’une probité totale et la politique extérieure ne pouvait prendre qu’un tour moins impérial et plus moralisateur.

Jimmy carter, démocrate, devient  président de 1976 à 1980 et fonde sa diplomatie sur le respect de la souveraineté des nations et la défense des droits de l’homme

a) Les relations avec l’URSS

• Il reproche à l’URSS de ne pas respecter les accords d’Helsinki quant aux libertés d’expression et de circulation. Carter s’efforce d’obtenir la libération des dissidents emprisonnés et de plus larges possibilités d’émigration pour les Juifs soviétiques.

• Cette politique protège les dissidents en alertant l’opinion internationale mais elle irrite les dirigeants soviétiques qui invoquent le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, principe réaffirmé à Helsinki.

b) Les relations avec Amérique Latine

• Changement particulièrement sensible de politique : à partir de 1976, le président Carter réduit l’aide militaire et financière aux dictatures latino-américaines.

• Ce désengagement laisse le champ libre aux forces révolutionnaires …

B. LA NOUVELLE PROGRESSION DU COMMUNISME : 1975-1979

L’Amérique étant affaiblie, les communistes ne manquent pas d’en profiter : les soviétiques étendent leur zone d’influence, soit directement, soit indirectement par vietnamiens ou par cubains interposés.

1°) En Extrême-Orient.

Le désengagement américain entraîne un progrès considérable des communistes et justifie à posteriori la théorie des dominos.

a) Le Vietnam, allié et relais de l’URSS, étend son influence

1. au Vietnam

• Invasion du Sud Vietnam et chute de Saigon en Avril 1975

• Réunification du Vietnam sous l’autorité du nord communiste : Saigon devient Ho Chi Minh-Ville et l’épuration commence, accompagnée de « rééducation » bien entendu

• Pour les américains, l’échec est cuisant, et l’évacuation en catastrophe de l’ambassade américaine constitue une humiliation de plus

• Les « boat-people » : des milliers de vietnamiens s’efforcent de quitter le sud du Vietnam à bord de bateaux coulés ou rançonnés au large des côtes ; ce sont un million de vietnamiens qui partent dans des conditions dramatiques et le dénuement le plus total : le monde commence alors à s’éveiller aux questions humanitaires.

2. au Laos

• Le Pathet Lao (les communistes laotiens) prennent le pouvoir.

• En 1977, le Vietnam impose son protectorat sur le Laos

b) Le drame cambodgien

1. Le Cambodge déstabilisé par la guerre du Vietnam

• En 1969, le prince Norodom Sihanouk, neutraliste, est écarté du pouvoir par un coup d’état soutenu par les USA militaire qui porte au pouvoir le général Lon Nol. Les communistes cambodgiens, pro-chinois, qui avaient déjà pris le maquis, intensifient la guerre civile.

• Les USA interviennent directement au Cambodge par des bombardements aériens massifs qui dureront jusqu’en 1973, contre la piste Ho Chi Minh, et contre les maquis communistes

2. La prise du pouvoir par les « Khmers rouges »

• En Avril 1975, parallèlement à la chute de Saigon, les Khmers rouges prennent le pouvoir à Pnom-Penh et instaurent un régime de terreur au Cambodge, rebaptisé « Kampuchea démocratique »

  • Fermeture totale du pays
  • Exode forcé de la population de la capitale et des autres villes, jugée hostile, bourgeoise et corrompue …
  • Déportation et travail forcé dans les campagnes
  • Familles disloquées
  • Enfants enrôlés et armés
  • Torture et massacre des opposants

• Un véritable génocide : 2 à 3 millions de morts dans un pays qui en comptait 7 millions… et des responsables de sinistre mémoire : Pol Pot, Kieu Sampan.

c) l’Asie du SE, enjeu du conflit sino-soviétique

• Le Vietnam opte pour le camp soviétique (en 1978, il signe un traité d’amitié et de coopération avec l’URSS et est admis au CAEM) alors que le Cambodge est soutenu par la Chine populaire.

• En Janvier 1979, prétextant le génocide, le Vietnam envahit le Cambodge, renverse le régime de Pol Pot, occupe le pays et institue un protectorat de fait sur ce pays : c’est la première guerre ouverte entre pays communistes ! …

• En Février-Mars1979, la Chine agresse le  Vietnam pour lui « donner une leçon » mais l’offensive chinoise est rapidement bloquée par le Vietnam et quelques temps plus tard les chinois se retirent. Pendant quelque temps l’on a craint une intervention soviétique contre la Chine mais le Vietnam, la plus puissante armée d’Asie du Sud-Est, est parvenue à enrayer l’agression chinoise

Conclusion partielle sur l’Asie

Ce sont là les premières guerres entre pays communistes … (et la faillite évidente du slogan de Marx, « Prolétaires de tous les pays unissez-vous » comme de l’analyse de Lénine selon laquelle la guerre ne peut être que le fruit que de rivalités d’impérialisme, donc un phénomène limité au monde capitaliste)

Les boat people, l’expansionnisme vietnamien et la folie Khmer rouge déconsidèrent  un peu plus encore le communisme et l’image d’une possible libération par le socialisme.

Les pays de l’ASEAN ne sauraient pourtant en aucune façon fournir à l’époque un contre-modèle, rongés qu’ils sont par le sous-développement et la misère, les inégalités, la corruption et le vice international (Manille, Bangkok)

2°) En Amérique latine, l’hégémonie américaine contestée

a) un anti-américanisme croissant

1. l’Amérique latine, « chasse gardée » américaine

• C’est à l’époque un lieu de prédilection pour l’implantation des multinationales US

• Ils y soutiennent des régimes politiques autoritaires et dictatoriaux, faisant régner sur place la terreur policière, l’oppression, la torture et les « disparitions ».

2. Les USA s’aliènent une bonne partie de l’opinion latino-américaine.

• La résistance démocratique subsiste malgré tout

• Une partie du clergé catholique prend ses distances avec ces dictatures et leurs soutiens (bourgeoisie nationale et grands propriétaires) :

  • C’est le cas notamment de personnalités telles que don Helder Camara au Brésil ou monseigneur Romero au Salvador, qui s’intéressent aux plus pauvres
  • C’est le cas aussi des prêtres adeptes de la « Théologie de la Libération », aux méthodes d’analyse marxistes, et bientôt condamnée par Rome

b) la « subversion communiste » s’organise autour de plusieurs pôles.

1. Cuba.

Les tentatives de multiplication de foyer de guérilla soutenues par Cuba et Che Guevara  au Venezuela, en Colombie et au Prou échouent finalement du fait

  • De l’efficacité de la répression,
  • De la passivité paysanne,
  • Du légalisme de la plupart des communistes latino-américains.

2. Le Chili de Salvador Allende (1970-1973)

• Le Chili est en Amérique latine pratiquement le seul pays ayant une réelle tradition démocratique. En 1970, une coalition de gauche dominée par les socialistes parvient légalement au pouvoir, par la voie électorale : Salvador Allende est élu président de la République au suffrage universel et met en place un « gouvernement d’Unité Populaire ».

• Ce gouvernement entame une politique de gauche et nationalise sans indemnité les mines du cuivre, possédées par des intérêts américains. C’est  à leurs yeux un bien mauvais exemple pour les autres pays d’Amérique latine

• Les USA et la CIA vont donc soutenir activement toutes  les forces hostiles à ce nouveau pouvoir et pour finir le coup d’état militaire du général Pinochet, puis la dictature militaire qu’il instaure en Septembre 1973

3. Le Nicaragua à partir de 1979

• Le dictateur pro-américain Somoza est renversé en Mars 1979 par la révolution sandiniste, d’inspiration marxiste

• Le leader sandiniste Daniel Ortega

  • se rapproche de l’URSS et de Cuba
  • instaure une réforme agraire d’inspiration soviétique
  • soutient les maquis du Salvador et du Guatemala dont les gouvernements sont pro-américains

4. L’Ile de la Grenade

Prise du pouvoir par des forces révolutionnaires en 1979

3°) L’Afrique devient un nouvel enjeu.

a) La nature de l’enjeu

1. Un continent d’un intérêt économique et stratégique évident

• D’immenses ressources du sous-sol, minérales et énergétiques,  très convoitées par les pays industriels

• Une position stratégique sur les routes pétrolières qui ravitaillent l’occident, et pour le contrôle de la Méditerranée.

2. Un continent instable et fragile

• Sous-développement et faiblesse économique

• Instabilité politique

  • Frontières artificielles
  • Importantes rivalités, ethniques, politiques et religieuses

b) Une nette percée soviétique

• L’Algérie de Boumediene et la Libye de Kadhafi : pays arabes, islamiques et prosoviétiques

• La Guinée, le Bénin, le Congo, la Tanzanie et Madagascar, Etats d’Afrique noire qui se réclament de  l’idéologie marxiste.

• En 1974 l’Ethiopie bascule. La vieille monarchie de Haïlé Sélassié, complètement inconsciente des réalités de son pays et incapable de remédier à une terrible famine, s’effondre. Une junte militaire prosoviétique prend le pouvoir, que l’URSS soutient en 1977 face à la Somalie.

• A la faveur de la révolution des œillets de 1974, le Portugal accorde l’indépendance à ses colonies africaines : Angola, Guinée-Bissau, îles du Cap vert, Mozambique

  • En Angola et au Mozambique, des milliers de soldats cubains équipés par les soviétiques viennent aider les guérillas marxistes dans leur lutte pour le pouvoir face à d’autres mouvements soutenus par l’Afrique du sud pro-occidentale.
  • En Namibie occupée par l’Afrique du sud, l’URSS soutient un mouvement de lutte contre l’« apartheid »

c) L’Occident sur la défensive

• La GB cherche surtout à ne pas se trouver impliquée dans les conflits, n’étant pas parvenue à résoudre le problème du Zimbabwe (ancienne Rhodésie où la minorité blanche au pouvoir a finalement dû s’effacer sous la pression américaine)

• Les USA commencent à s’intéresser à l’Afrique mais leur intervention reste surtout économique et diplomatique

• La France joue en Afrique noire francophone un rôle de gendarme régional :

  •  Avec de nombreux accords de coopération technique et militaire,
  • Avec des interventions militaires, par exemple au zaïre en 1978 (pour aider mobutu à conserver la riche province du shaba), et à plusieurs reprises au tchad pour y contrer les tentatives d’expansion libyennes.

• Finalement, la Détente ne profite-t-elle pas essentiellement à l’URSS ? C’est ce que l’on commence à penser de plus en plus aux USA …

4°) L’invasion de l’Afghanistan : « Le coup de Kaboul »

a) L’intervention soviétique en Afghanistan

1. 1978 : CE militaire prosoviétique en Afghanistan

• mise en place d’un régime prosoviétique

  • réformes de structure
  • vigoureuse répression contre les notables, les grands propriétaires, les mollahs

• le nouveau pouvoir afghan, incapable de faire face à la guérilla anti-communiste d’un peuple foncièrement musulman, sous la pression des soviétiques, fait appel à eux.

2. Décembre 1979 : invasion militaire soviétique

• L’armée rouge envahit l’Afghanistan le 24 Décembre 1979 et installe à Kaboul un nouveau gouvernement communiste dirigé par Karmal

• C’est une illustration exemplaire de la Doctrine Brejne: un pays entré dans le camp socialiste ne peut pas en sortir !

• C’est aussi sans doute une reprise de la vieille tradition russe d’expansion vers le sud

• C’est probablement aussi une volonté de prendre position à proximité du Golfe Persique

b) Les conséquences de l’intervention soviétique

1. La condamnation internationale de l’URSS

  • par l’AG des Nations Unies 1l4  voix contre 18 et 18 abstentions
  • par l’occident
  • par les pays islamiques

2. Le développement de la résistance afghane

• Exode d’une partie des afghans vers le Pakistan, dans des camps de réfugiés (500000 ?)

• Organisation progressive de la résistance armée

  • causes :

Tradition d’indépendance

Fort sentiment religieux

Occupation soviétique de + en + dure

Pays montagneux propre aux embuscades pour un peuple habitué à la vie dure

  • Problèmes :

Coordination de groupes et clans souvent rivaux

Armement (difficulté de ravitaillement ; soutien des pays islamiques, puis plus tard des EUA)

Isolement (pas de médiatisation de cette guerre à la différence de celle du Vietnam)

3. Le réveil des USA

• Pour les Etats-Unis, le coup de Kaboul est un véritable électrochoc et c’est de ce fait la fin de la détente

• Le Président Carter réagit fermement, mais en Novembre 1980, ce sera Ronald Reagan, anticommuniste déterminé, qui sera élu.

c) L’URSS s’enlise dans la guerre : un Vietnam soviétique ?

• L’URSS, malgré l’ampleur des moyens engagés, ne parvient pas à maîtriser la situation

• Elle maîtrise les villes et les axes de communication mais pas les montagnes, qui restent aux mains de la résistance islamique et pratique une occupation violente :

  • Bombardement des villages
  • Terre brûlée classique
  • Volonté de démoralisation (attaques surprises, bombes blessantes ne tuant pas forcément, mines en forme de jouet pour les enfants…

• Non seulement la résistance n’est pas étouffée, mais elle se développe et s’unifie progressivement, alors que l’armée soviétique est de plus en plus démoralisée (drogue, désertions de soldats musulmans…)

• C’est pour l’URSS un véritable bourbier sans issue militaire …

C. LE RETOUR A LA FERMETE DES U.S.A. et les conflits de la guerre fraîche : 1980-1985.

1°) Le raidissement américain est consécutif à l’invasion de l’Afghanistan.

a) Le Pt Carter revient à une politique de fermeté

• Embargo sur les livraisons de céréales à l’URSS

• Embargo sur les livraisons de technologies de pointe à l’URSS

• Boycott des JO de Moscou en 1980 (l’ascenseur sera renvoyé par l’URSS en 1984 pour les JO

• Augmentation des crédits militaires et effort de réarmement

• Non ratification par le congrès US des accords SALT II

• Pressions sur l’Europe pour qu’elle ne livre pas les Equipements nécessaires au gazoduc transsibérien et ne se ravitaille pas en gaz soviétique

b) Le Pt Reagan n’alourdit pas les sanctions

• Il lève même l’embargo sur les céréales puis sur le gazoduc transsibérien pour des raisons économiques intérieures (pression du lobby agricole notamment)

• En fait les USA ne gênent pas plus les soviétiques en Afghanistan, que les soviétiques ne les avaient gênés au Vietnam

2°) Les années Reagan et le retour à la tension est-ouest : 1980-1984

L’élection du président Reagan s’explique par une réaction patriotique et impérialiste des USA après les échecs cumulés qu’ils viennent de connaître.

Reagan veut redonner confiance à l’Amérique et estime qu’on ne peut négocier avec l’URSS qu’en position de force. Pour lui l’URSS est «  L’empire du Mal », « la représentation du diable sur la terre » (tonalité inhabituelle dans la diplomatie, mais qui est appelée à faire des émules…)

Le durcissement de la politique des Etats-Unis se confirme d’autant plus que l’URSS est essentiellement accaparée par des problèmes de succession entre 82 et 85, entre la mort de Brejneet l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev.

a) Le réarmement américain

1. Un budget militaire croissant et considérable

Le budget militaire double de 79 à 87 avec un gros effort de développement et de modernisation des forces US pour atteindre 295 milliards $ et 29 % du budget !

2. La crise des  EUROMISSILES : l’Europe redevient un enjeu

• Depuis 1977 les Soviétiques ont déployé en Europe des missiles SS 20

  • Ce sont des missiles de moyenne portée (1000-5000 Kms), d’une redoutable précision, en remplacement d’anciennes fusées SS4 et SS5 dépassées.
  • Non seulement l’URSS a une supériorité conventionnelle en Europe, mais elle peut maintenant détruire l’essentiel des forces de l’OTAN en une seule frappe nucléaire

• Fin 1979 le Conseil atlantique décide d’installer dans plusieurs pays de l’OTAN des armes de même nature que les SS 20 (des fusées Pershing II) ainsi que des « missiles de croisière » indétectables en vol à très basse altitude et ultra précis.

• Réaction soviétique :

  • Pressions soviétiques pour éviter une telle installation (surtout sur la RFA)
  • Soutien au développement du pacifisme en RFA (slogan : « Plutôt rouge que mort ») avec puissantes manifestations qui suscitent l’inquiétude à l’ouest : alors qu’on s’était si longtemps inquiété du militarisme allemand, voici maintenant que c’est son pacifisme qui inquiète ! …
  • Refus des soviétiques de souscrire à la proposition des USA « option zéro[1] »

• Fermeté US : les fusées prévues s’implantent en Europe dès 1983 et jusqu’en 1985

3. le projet I.D.S et la militarisation de l’espace

• IDS : Initiative Stratégique de Défense (projet dit « guerre des étoiles »

• Objectifs :

  • Edifier dans l’espace un bouclier inviolable avec stations spatiales de détection et de frappe nucléaire en vue de détruire dans l’espace tout missile ennemi lancé contre les USA
  • S’assurer une supériorité décisive sur l’URSS par la fin de l’équilibre de la terreur, l’URSS ne pouvant plus détruire les USA, ces derniers pouvant anéantir leur ennemi.
  • Essouffler l’économie soviétique au cas où celle-ci s’acharnerait à vouloir relever le défi et s’engager aussi dans cette voie
  • Relancer l’économie et la Recherche aux USA pour amplifier l’avance technologique

• Dénonciation de la part de l’URSS évidemment

b) Le retour de la politique du « big stick » ( gros bâton)

Avec le président Reagan, la doctrine Johnson de 1965 redevient d’actualité : « pas de nouveau Cuba »

1. Intervention des Marines dans l’île de la Grenade

• En Oct. 83, pour renverser un régime marxiste

• Opération de quelques heures saluée par les américains comme le signe de la renaissance de leur pays : c’est la première fois que les marines américains interviennent dans le monde depuis la fin de la guerre du Vietnam.

 2. Soutien aux forces contre-révolutionnaires en Amérique centrale

2.1. Au Nicaragua

  • Les USA multiplient les entraves économiques en réduisant leurs relations commerciales
  • Ils apportent un soutien financier et en armes aux « contras » (opposition armée aux sandinistes)
  • Les sandinistes finiront par échouer à cause du boycott US, de la lassitude et du désenchantement de la population (médiation du groupe de la « Contadora » regroupant 5 pays d’Amérique  Latine, puis élections présidentielles de Février  90 avec élection de Violeta Chamoro, candidate de l’union nationale de l’opposition, et échec du dirigeant sandiniste D. Ortega)
  • Soutien aux gouvernements de ces deux pays aux prises avec des maquis révolutionnaires soutenus par les sandinistes
  • Intervention militaire en Décembre 1989 pour y rétablir la démocratie et capturer le général Noriega, inculpé de trafic de drogue par la justice US

2.2. Au Salvador et au Guatemala

2.3. À Panama

Remarque

Les USA se sont toutefois attirés de nouveaux reproches des latino-américains lorsqu’ils ont soutenu la Grande-Bretagne contre l’Argentine dans le conflit des îles Malouines (ou îles Falkland) en 1982. L’Argentine, qui revendique ces îles anglaises depuis 1833, les occupe par surprise en 1982, avant que la GB ne vienne les reconquérir par la force.

3. Les raids aériens sur la Libye

• Bombardement US sur Tripoli & Benghazi  en 1986  en réponse au rôle du colonel Kadhafi dans l’organisation du terrorisme international. Il n’en réchappe d’ailleurs que de justesse …

3°) La Pologne en état de siège et la contestation du système soviétique.

a) La Pologne à la fin des années 70

Du fait des profondes difficultés économiques et faute de réelles réformes, le fossé s’est élargi entre la société polonaise et le parti qui la domine.

Après la crise de 1970 et l’arrivée de Gierek au pouvoir, les problèmes subsistent avec une austérité devenue insupportable de telle sorte qu’une nouvelle flambée sociale survient en 1976.

1. De 76 à 79, la domination du POUP s’affaiblit

  • Régime est de plus en plus contesté
  • Développement des activités clandestines (groupes clandestins avec circulation de cassettes vidéo, presse clandestine…)

2. Le renouveau de l’opposition

Union de 3 forces autour de la revendication des libertés démocratiques

  • l’Eglise catholique
  • Les intellectuels
  • Les ouvriers

En 1978, apparition des premiers syndicats libres

Le rôle de l’Eglise catholique

  • Le nationalisme polonais est exalté et l’opposition au régime renforcée par l’élection du Cardinal VOYTILA au pontificat en Sept 78 (Jean-Paul II).
  • D’origine polonaise, c’est un pape de combat, foncièrement anticommuniste
  • Il sera un acteur indirect important de l’effondrement du communisme (un attentat, qui échouera de justesse, sera d’ailleurs perpétré contre lui par une filière bulgare)
  • Il effectue un voyage triomphal en Pologne dès Juin 1979, et y reviendra à plusieurs reprises, suscitant un grand enthousiasme populaire.
  • Endettement international considérable
  • Pénurie avec flambée des prix des produits de première nécessité
  • Grand mouvement de grève qui se généralise avec pour centre les chantiers navals de Gdansk (Lech Walesa : délégué)
  •  Les accords de GDANSK d’Août 80

b) La Crise de 1980-82

1. Les espoirs de 80-81

1.1. Un contexte de crise économique et sociale profonde

1.2. Le recul du régime et le retour de l’espoir :

Libération des détenus politiques

Reconnaissance du droit de grève

Reconnaissance de la liberté syndicale et de la formation de syndicats indépendants.

Liberté d’expression religieuse

  • Limogeage de Gierek remplacé par Kania
  • Création du syndicat SOLIDARNOSC (Solidarité)

Enregistré officiellement le 10 NO80

10 millions d’adhérents au premier congrès national en oct. 81 (le POUP n’en a plus qu’un million et demi…)

 1.3. La nouvelle situation politique polonaise :

  • De nouveaux rapports se dessinent avec trois forces en présence :

le POUP,

l’Eglise catholique,

Solidarité

• Mais le spectre de l’URSS de Brejneest aussi là…

  • L’URSS ne peut tolérer une telle évolution et envisage d’ailleurs d’intervenir, les Polonais sachant par ailleurs qu’ils ne peuvent pas compter sur un soutien militaire de l’Occident

2. L’espoir brisé : le coup d’état du  13 Décembre 81 et la « normalisation »

• Le Général Jaruzelski, secrétaire du POUP depuis Septembre, proclame la loi martiale et l’état de guerre

  • Réunion et grève interdites
  • 40 000 arrestations et chasse à l’homme
  • Dissolution de solidarité en oct. 82
  • Entreprises militarisées
  • Tmilitarisée
  • Quadrillage du pays par la milice et répression aveugle (assassinat du père Popielusko)

• Seuls points éventuellement positifs :

  • La Pologne a fait l’économie d’une intervention militaire de l’URSS et du Pacte de Varsovie…
  • l’Eglise de Pologne s’efforce d’éviter l’explosion de la violence, pendant que la résistance retourne à la clandestinité

Rien n’est pour autant réglé en Pologne…

Quant aux occidentaux, ils suspendent toute aide à la Pologne, et le maintien de la discipline soviétique à l’Est contribue bien entendu à aggraver la « guerre fraîche ».

 

 

Conclusion partielle :

 

En quelques années, les deux grands ont vu leurs images de marque respectives s’inverser complètement : dans les années 70, c’est surtout celle des USA qui est ternie, mais avec les années 80 c’est désormais au tour de l’URSS de voir son image se détériorer gravement  du fait de l’effet Soljenitsyne,  de l’invasion de l’Afghanistan, de la répression en Pologne et de la paralysie du système engendrée par la gérontocratie.

La guerre fraîche est d’autant plus dangereuse, qu’à la tension Est-Ouest s’ajoute le clivage Nord-Sud et des conflits qui opposent les pays du sud entre eux, le Proche et le Moyen-Orient restant une zone de tension particulièrement vive.


II. DU RETOUR DE LA DETENTE A LA DISSOLUTION DES BLOCS : 1985-1991

A . LES RELATIONS  EST-OUEST : DE LA DETENTE A L’ENTENTE.

1°) Un contexte désormais différent

a) l’arrivée au pouvoir de Gorbatcheen 1985

Brejnev: mort en 1982

Andropov : ex patron du KGB, volonté réformiste au plan économique, mort en février 84

Tchernenko : le plus âgé, néo-stalinien ultraconservateur, mort en mars 1985

1. Gorbatcheau pouvoir en 85

• Secrétaire Général du Parti et Président de l’Union

• Objectifs :

  • Moderniser le pays et tenter de faire face à l’échec économique total de l’économie soviétique
  • Réformer le régime
  • Donner une nouvelle image de l’URSS à 1’étranger

• Moyens

  • Perestroïka (restructuration)
  • Glasnost (transparence)

2. Une logique de détente

• Priorité absolue = remise en état de l’économie soviétique

  • Nécessité pour cela de diminuer les dépenses militaires pour accroître les investissements productifs, d’où la volonté de désarmement
  • Nécessité d’accroître les relations commerciales avec l’Ouest pour importation de technologie et de capitaux : la coopération est devenue indispensable (et la notion de coexistence pacifique apparaît donc totalement périmée)

• Seconde priorité : sortir de l’impasse afghane

  • Pour donner un gage de bonne volonté à l’Ouest
  • Pour restaurer image de l’URSS dans le tiers-monde, islamique notamment.
  • Pour éviter une solidarité des républiques musulmanes d’URSS avec les afghans, ce qui pourrait remettre en cause la cohérence de l’URSS

b) Reagan est confronté aux limites de sa propre politique

réélection triomphale en 1984 mais changement de cap et de ton qui s’explique ainsi :

1. La poursuite coûteuse du réarmement est incompatible avec d’autres politiques menées

  • La lutte contre un énorme déficit budgétaire
  • Le déficit du commerce extérieur
  • La politique monétariste donnant la priorité à la lutte contre l’inflation
  • La promesse électorale (non tenue) de diminution des impôts
  • Difficultés économiques des USA et âpre concurrence japonaise
  • Irangate  en 1986-87 (scandale des ventes clandestines d’armes a l’Iran pour financer l’aide aux contras du Nicaragua)
  • Refus du congrès US de voter les crédits militaires pour l’aide aux contras du Nicaragua
  • Echecs au Proche-Orient

2. Les difficultés et échecs de Reagan et nécessitent de brillants succès en politique extérieure

Incapacité US à résoudre l’éclatement du Liban, à y lutter contre le rôle déstabilisateur du parti du Hezbollah soutenu par l’Iran et à l’origine des prises d’otages et autres attentats

Durcissement d’Israël et de l’OLP

Montée de l’intégrisme

Ambitions syriennes

La détente apparaît donc comme une nécessité pour conduire à l’entente, pour résoudre les problèmes intérieurs mais aussi les grands problèmes mondiaux

2°/ La détente Est-Ouest.

a) Le Retrait de l’URSS d’Afghanistan

• La nouvelle politique extérieure de l’URSS ne saurait être crédible tant que l’URSS est engagée dans une guerre extérieure, d’autant qu’il faut éviter que l’URSS ne s’embourbe davantage dans un « Vietnam soviétique »

  • Annoncé en décembre 87
  • Amorcé en mai 88
  • Terminé au 15.2.89
  • Première fois que l’URSS quitte un pays occupé, abandonne un état frère
  • C’est la fin de la doctrine Brejnev.

• Le régime communiste, privé de ses protecteurs, tombe en 1992, mais la guerre subsiste car différents clans islamiques s’affrontent désormais pour le pouvoir

b) Le désarmement est engagé.

Multiplication des sommets Reagan puis Bush – Gorbatchev

1. Novembre 1985 : sommet de GENEVE

  • Première rencontre
  • Même si rien de concret n’en sort, c’est une reprise du dialogue qui permet d’envisager la tenue d’autres sommets de ce type
  • Il accepte de disjoindre le Problème des Euromissiles des autres négociations
  • Il reprend à son compte « l’option zéro » proposée par Reagan en 81 : désarmement nucléaire en Europe, total et progressif d’ici 1999
  • Il évoque la possibilité de diminuer les forces conventionnelles
  • Adoption du principe de réduction de 50 % des armements nucléaires offensifs stratégiques
  • Adoption du principe de la suppression totale des euromissiles
  • Démantèlement des Missiles de croisière, des Pershing 2 et des SS 20
  • Premier accord de désarmement, première destruction d’armes existantes
  • Premier accord de contrôle mutuel et d’inspection
  • Application de l’option zéro pour les missiles de moyenne portée : 1000 à 5000 Kms
  • Nouveau nom des négociations SALT depuis 1983
  • 1ère fois que réduction envisagée et non plus limitation
  • Désarmement étendu aux armes stratégiques
  • Célébration de la fin de la guerre froide entre bush et Gorbatchev
  • Accord de réduction des forces conventionnelles en Europe de l’OTAN et du Pacte de Varsovie
  • Concerne les armes stratégiques
  • Destruction de 25 à 30 % des arsenaux nucléaires des deux grands
  • Accord sur une procédure de contrôle réciproque
  • Pressions américano-soviétiques conjointes plus efficaces avec la détente
  • Lassitude des combattants
  • Renouveau de la diplomatie de l’ONU possible et rôle de son secrétaire Perez de Cuela
  • Retrait vietnamien du Cambodge (88 à 90) mais l’avenir de ce pays reste cependant très fragile du fait du poids des Khmers rouges
  • Normalisation des relations sino-soviétiques avec un voyage en Chine de Gorbatcheen 1989
  • Cessez le feu au Nicaragua entre contras et sandinistes, puis élections présidentielles libres sous le contrôle de l’ONU amenant la victoire de Violetta Chamoro, candidate d’union nationale, et le retour au calme
  • MAROC et front P0LISARI0 acceptent le plan de paix de l’ONU avec un référendum d’autodétermination au Sahara occidental
  • Accords de paix ETHIOPIE-SOMALIE
  • Accord TCHAD-LIBYE en décembre 88 pour respect du cessez le feu de l’0UA
  • Accord ANGOLA-CUBA-Afrique du Sud en août 88

2. Janvier 86 : Gorbatchepropose le désarmement nucléaire de l’Europe

3. Octobre 86 sommet de REYKJAVIC

4. Décembre 87 : Traité de  WASHINGTON

5. Les  négociations START (« Strategic Arms Reduction Talks »)

6. Décembre 1989 : Sommet de MALTE

7. C.S.C.E. de PARIS en DEC 1990

8. Traité START 1 à Moscou en  juillet 1991 (Bush-Gorbatchev)

3°) Le règlement des conflits périphériques dans le monde

a) Les facteurs favorables sont multiples :

b) Les progrès de la paix

cessez le feu

retrait d’Afrique du S de Namibie

départ des cubains d’Angola

  • Indépendance effective de la Namibie en 1990, sous l’égide des Nations Unies
  • Un tournant en Afrique du Sud : une réconciliation spectaculaire

Election du Pt DE CLERK en septembre 89

Libération de Nelson Mandela (leader noir anti-apartheid en février 90)

Démantèlement progressif de l’apartheid, avec confirmation au référendum de mars 92 ; vote blanc 2/3 de OUI

En avril 1994, la nouvelle assemblée élit Mandela à la présidence de la république

La nouvelle Afrique du sud réintègre donc la communauté internationale

  • Fin de la guerre Iran-Irak 20 août 88

B. L’EFFONDREMENT DU COMMUNISME ET LES BOULEVERSEMENTS EN EUROPE

1°) Le rôle de M. Gorbatcheet la démocratisation du régime soviétique

Gorbatchev entame une politique pour réformer le système en profondeur, mais c’est tout le système communiste qui va s’effondrer, le totalitarisme ne supportant pas l’introduction même partielle de la démocratie.

a) Les premiers signes

• Plus de liberté de la presse

• Révision de l’histoire officielle

• Dénonciation des « erreurs et des crimes du passé » sous Staline

• Réhabilitation des victimes des années 30, Kamenev, Zinoviev, et surtout Boukharine qui incarnait une tendance droitière

• Fin de l’exil en résidence surveillée à Gorki de Sakharov

b) Une volonté réformiste

1. Modernisation du parti

  • Diminution des apparatchiks
  • Mise en congé de responsables conservateurs
  • Pluralité des candidatures aux élections
  • De l’appareil judiciaire
  • Du système associatif
  • Libéralisation de la presse
  • Introduction de la propriété privée dans l’agriculture.
  • Lutte contre l’alcoolisme

2. Réformes

c) les grandes réformes politiques s’accélèrent à partir de 88-89.

• Décembre 88 : remaniement de la Constitution de 87

1. Les élections libres de mars-avril 89

• Election d’un « Congrès des députés du peuple », pour la première fois au SU, avec pluralité des candidatures

• Des résultats édifiants :

  • Condamnation du parti par les électeurs
  • Election d’opposants comme Sakharoou de contestataires comme Boris Eltsine

2. Les réformes du Congrès des députés du peuple

• Elit le chef de l’état, M. Gorbatchev, et le soviet suprême

• Conteste le rôle dirigeant du parti qui sera supprimé en février 90 par Gorbatchev

• Crée le poste de Président de l’URSS, orientant le régime vers une forme régime présidentielle avec transfert du pouvoir du parti vers l’état

• Elit GorbatchePrésident de l’Union le 14 mars 1990

• Doit adopter un nouveau « traité de l’Union » pour établir de nouvelles relations entre les différentes  républiques (mais un Coup d’état a lieu avant qu’il ne se réunisse…)

d) la situation de Gorbatchede plus en plus fragilisée en URSS

1. Une double opposition politique

• Celle des conservateurs du parti hostiles à l’évolution du régime et détenant encore des postes importants

• Celle des réformateurs, ou radicaux favorables à une accélération des réformes pour passer à la démocratie et à l’économie de marché (Eltsine, qui a quitté le parti)

2. Un vigoureux mécontentement populaire

• A cause des problèmes économiques irrésolus, d’une crise aggravée, notamment au niveau du ravitaillement,

• Crise sociale avec des mouvements de grève, comme celle des mineurs en juillet 89.

3. Le mécontentement des nationalités

• A la périphérie de l’Union, elles aspirent de + en + à l’indépendance :

• L’Empire est en fait confronté à un véritable mouvement de décolonisation interne.

Gorbatcheest donc de plus en plus isolé

2°) Le tournant de 1989-91 : le rideau de fer déchiré et l’Europe transformée

Un phénomène général de rejet du stalinisme et du communisme

• Aspiration généralisée à la démocratie dans les démocraties populaires

• Elimination de la vieille génération des dirigeants

• Fin du rôle dominant des PC qui se transforment en partis sociaux-démocrates

• Instauration du pluralisme

• Généralisation des élections libres et victoire des démocrates ou libéraux

• Orientation vers l’économie de marché

Un rôle important de Gorbatchev

• Respecte ses alliés est-européens et leurs orientations nouvelles

• Approuve même le rejet du communisme en RDA, Bulgarie & roumaine

a) C’est la Pologne qui lance le séisme

• Avril 89 : accord entre le pouvoir et Solidarnosc

  • légalisation de Solidarité
  • démocratisation des institutions

• Juin 89 : élections partiellement libres = débâcle du POUP et victoire des libéraux

• Août 89 : Premier gouvernement non-communiste à diriger un pays de l’Est (nommé par Jaruzelski)

  • Gouvernement Mazowiecki, soutenu par Solidarité et l’Eglise
  • Retour à l’économie de marché

• Décembre 89 : abolition du rôle dirigeant du POUP

• Décembre 90 : Lech WALESA est élu Président de la République

b) La vague démocratique submerge toute l’Europe de l’est

1. La Hongrie

• Kadar est évincé en 1988

• Mai 89 : ouvre la première brèche dans le rideau de fer : la Hongrie ouvre sa frontière avec l’Autriche (ce qui va précipiter le destin de la RDA …)

  • C’est le début d’un exode massif des Allemands de l’Est vers la RFA
  • 720 000 personnes en 89, exode sans précédent depuis fin 2éme GM

• Juin 89 funérailles nationales organisées en mémoire d’Imre Nagy

• Juillet 89 : réhabilitation de NAGY

• Eté 89 : le PCH renonce au centralisme démocratique et se transforme en parti socialiste

• Octobre 89 : La Hongrie cesse d’être une République « socialiste et populaire »

• Novembre 89 : Premières élections libres dans un pays de l’Est.

2. La Tchécoslovaquie

• Rassemblements étudiants à Prague à partir du 17 novembre

• Le 27 novembre une grève générale contraint le parti à abandonner son rôle dirigeant

• L’ancien régime est abattu en 3 semaines en décembre 89 par la « révolution de velours »

• 29 Décembre 89 : l’auteur dramatique et opposant VaclaHAVEL est élu Président de la république à l’unanimité par le Parlement, lui-même présidé par A. Dubcek

3. La Roumanie

• La révolution roumaine en décembre 89 est la seule à présenter des violences

• N. Ceaucescu est exécuté après un simulacre de procès

4. Le mouvement s’étend en Bulgarie, en Yougoslavie et même en Albanie

c) La fin de la RDA et la réunification allemande

• A partir de mai 89 : exode massif des allemands de l’Est vers la RFA et multiplication des manifestations de masse en RDA

• Octobre 1989 : Erich Honecker, abandonné par Gorbatchev,  est contraint à la démission

• 9 Novembre 89 : ouverture du mur de Berlin bientôt démantelé

• Elections libres en RDA en mars 90 : débâcle du PC et large victoire de l’Union Chrétienne de Lothar de Maizière

• Juillet 90 : Union monétaire entre RFA et RDA  et l’URSS accepte l’entrée d’une Allemagne unifiée dans l’OTAN (contre 12 milliards de DM pour financer le retrait de ses troupes)

• 3 Octobre 90 : absorption de la RDA par la RFA avec reconnaissance de la frontière 0der-Neisse

L’unité  allemande est retrouvée, avec l’accord de Gorbatchev

Conclusion partielle

C’est la fin d’une période, la fin d’un monde

Le communisme est rejeté, le bloc de l’Est démantelé,

Les symboles de la guerre froide abattus (rideau de fer et mur de Berlin)

L’Europe entre véritablement dans l’après-guerre, 45 ans après la fin de celle-ci.

3°) l’Eclatement et la fin de l’Empire soviétique : 1989-1991

a) La fin du Bloc soviétique

• CAEM totalement vidé de son contenu : toutes les relations économiques sont à revoir

• Juillet 1991 : dissolution du Pacte de Varsovie (l’OTAN reste seule, mais quelle mission pour elle ?)

b) L’éclatement de l’URSS

1. 1989 : révolte des nations

• Multiplication des « fronts populaires nationaux » affirmant leur droit à l’autodétermination

• Les états baltes sont en pointe pour la revendication d’indépendance

• Violents affrontements en Géorgie ainsi qu’entre arméniens et azéris

2. 1990 : démantèlement de l’Union

• Mars 90 : proclamation de la souveraineté de la Lituanie

• Les autres états baltes suivent, puis toutes les autres républiques

• La Russie elle-même proclame sa souveraineté en juin 90 et Boris Eltsine, Président de la Russie depuis mai 89, se pose désormais en rival de Gorbatchev.

3. 1991 : disparition de l’URSS

• Le coup d’état conservateur raté : août 1991

  • Résistance des démocrates, l’armée ne basculant pas avec les putschistes
  • Boris Eltsine en sort vainqueur, et Gorbatchelibéré n’a de fait plus de pouvoir : il est président d’une Union qui n’existe plus.

• Le 8 décembre 1991, La Russie, l’Ukraine et la Biélorussie signent les accords de Minsk qui suppriment l’URSS (en constatant qu’elle n’existe plus)

• Le 21 décembre 1991, onze républiques ex-soviétiques créent la CEI[2] qui restera en fait  une coquille vide.

• Le 25 décembre 1991, Gorbatchedémissionne de ses fonctions puisqu’il est président d’une URSS qui a cessé d’exister….

c) Un bouleversement géopolitique considérable

Les années 89-91 sont donc des années charnières :

 1. Un monde s’est effondré et une période s’est achevée.

  • Le communisme inauguré par la révolution russe de 1917 se réduit pratiquement désormais à la Chine, au Vietnam, à La Corée du Nord  et à Cuba, cependant contraints de s’ouvrir plus ou moins sur le reste du monde. La Chine s’adapte particulièrement vite puisque la doctrine actuelle est désormais celle du « social-capitalisme »
  • La Russie n’est plus une superpuissance mais elle reste cependant une puissance régionale qui  n’intervient que lorsqu’elle considère que ses intérêts sont menacés et- qui dispose d’une influence internationale encore forte.

La Russie hérite de l’URSS : siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, puissance nucléaire

Elle hérite aussi de ses difficultés économiques aggravées bientôt par une difficile transition à l’économie de marché.

Les nouvelles institutions reposent sur une présidence autoritaire

• Boris Eltsine jusqu’en 1999

• Vladimir Poutine depuis 1999

2. L’Europe est profondément bouleversée,

  • Mais quelle Europe pour demain ?

Une « Maison commune européenne » selon la formule de Gorbatchev, c’est à dire l’Europe de l’Atlantique à l’0ural ou une CEE progressivement élargie à l’Europe de l’Est ?

L’UE est en fait confrontée au défi de la réunification de l’Europe.

  • Les problèmes n’y ont pas disparu, ne serait-ce qu’avec la montée des nationalismes autrefois étouffés et engendrant de violents conflits  ou avec la difficile transition à l’économie de marché engendrant de nouvelles désillusions parmi la population des tenu
  • Ils apparaissent comme les grands vainqueurs de la guerre froide et accèdent au statut d’hyperpuissance

3. Les Etats-Unis restent la seule grande puissance au monde.

Une supériorité militaire écrasante

Une réussite économique éclatante (5% de la population mondiale mais les EUA produisent un tiers de la richesse mondiale)

Une forte expansion culturelle

  • Pourtant le monde reste multipolaire et ils se trouvent malgré leur puissance dans l’incapacité d’imposer leur volonté au reste du monde : on ne peut pas parler d’empire américain


III. LES ANNEES 1990 et 2000 : NOUVEL ORDRE MONDIAL OU DESORDRE INTERNATIONAL ?

A. UN MONDE DEVENU plus INSTABLE

1°) L’éphémère renouveau de l’ONU et l’interventionnisme américain.

a) Le renouveau de l’ONU

• Pendant la guerre froide, l’ONU a été paralysée par le droit de veto des deux grands. A partir de 89-91, tel n’est plus le cas

• En 1991, G. Bush père déclare :

« Maintenant nous voyons apparaître un nouvel ordre international.(…) Un monde où les Nations unies, libérées de l’impasse de la guerre froide, sont en mesure de réaliser la vision historique que de leurs fondateurs. »

• Le rôle de l’ONU s’accroît et suscite l’espoir d’un monde nouveau

  • Les EUA sont réticents à lui accorder un rôle de premier plan
  • Les Puissances moyennes prônent en revanche le multilatéralisme
  • En 1988, l’ONU reconnaît le « droit d’ingérence humanitaire »
  • L’ONU met en œuvre un droit d’ingérence qui permet à la communauté internationale d’intervenir sans prendre en compte la souveraineté des états pour éviter les drames humanitaires en portant secours aux populations en détresse ou aux minorités opprimées et menacées.
  • Difficile mise en œuvre cependant faute de forces militaires suffisantes
  • Le 2 Août 1990 l’armée irakienne envahit le Koweït, l’annexe, et le transforme en une province irakienne.
  • Une résolution de l’ONU autorise le recours à la force et donc une intervention militaire pour restaurer la souveraineté du Koweït.

1. Le droit d’ingérence

2. Les interventions de l’ONU

2.1. La guerre du Golfe en 1991 illustre ce renouveau de l’ONU

L’URSS vote toutes les résolutions de l’ONU contre Saddam Hussein son ancien allié : la guerre froide est bien terminée.

C’est donc bien la communauté internationale qui répond à l’agression irakienne

  • Le 17 janvier 91 les EUA à la tête d’une coalition de 29 nations déclenchent l’opération « tempête du désert » avec des bombardements massifs de l’Irak puis une offensive terrestre victorieuse.
  • La victoire est totale. l’Irak est placé sous embargo et doit détruire ses armes de destruction massive, nucléaires et chimiques, sou le contrôle de l’ONU

2.1. D’autres interventions de l’ONU suivent

En 10 ans, l’ONU intervient dans plus de conflits régionaux qu’elle l’a fait pendant les 45 premières années de son existence.

  • Intervention en Somalie en 1992, pour mettre fin à la guerre des clans et à la famine qui l’accompagne dans un pays totalement déstructuré
  • Intervention au Rwanda en 1994 où la France est autorisée à employer « tous les moyens » pour faire cesser le génocide des tutsis par les Hutus (800 000 victimes et 2 millions de réfugiés au Congo)
  • Intervention à Haïti en 1994 pour renverser le président Aristide et rétablir la démocratie
  • En 1993, l’ONU crée le Tribunal Pénal pour l’ex-Yougoslavie (En 2001, le dirigeant serbe Milosevic, arrêté, est traduit devant la Haute Cour)
  • En 1994, elle crée un Tribunal pour le Rwanda
  • En 2002, une Cour pénale internationale est créée pour juger les individus coupables de crimes contre l’humanité mais ni les EUA, ni la Chine, ni les états du Proche Orient ne reconnaissent son autorité.
  • George Bush : politique réaliste, action des EUA en concertation avec leurs alliés, mais pas d’exportation des idéaux US (suspension des relations avec la Chine après le massacre de la place Tien An Men en 89 qui fait 700morts, mais les relations commerciales continuent)
  • Bill Clinton : limiter le recours à la force, mener une diplomatie du négoce et de la négociation
  • G.W. Bush : user de la supériorité militaire américaine et ne pas les laisser entraver par l’ONU, imposer la démocratie de l’extérieur

3. Les avancées du droit international

b) L’évolution de l’interventionnisme américain

1. L’interventionnisme assumé d’une présidence à l’autre, mais avec des nuances

2. Une diplomatie de plus en plus unilatérale

1.1. Absence  de rivalité pour les EUA à la surface du globe

Les EUA ont désormais un statut d’hyperpuissance et aucun autre état du monde n’est en mesure de rivaliser avec eux.

  • Russie affaiblie cantonnée dans un rôle régional : elle a même du mal à assumer sa doctrine de « l’étranger proche » formulée en 1993 (droit d’intervention dans l’espace correspondant à l’ancienne URSS)
  • Chine en ascension mais tournée essentiellement sur des préoccupations de développement économique et social
  • Japon, grande puissance économique mais toujours nain politique
  • UE divisée sans véritable politique extérieure et de défense commune
  • Sanctions unilatérales à l’encontre des pays qui selon les EUA menacent la paix du monde (embargo sur le commerce avec l’Iran ou la Libye)
  • Refus de ratification d’accords internationaux :
  • Refus du protocole de Kyoto de 1997 pour la réduction des gaz à effet de serre qui risquerait de pénaliser l’industrie américaine
  • Refus de reconnaître la nouvelle Cour pénale internationale de 2002

1.2. Une volonté de protéger prioritairement les intérêts américains

3. Les interventions dans le monde

Les EUA sont le plus souvent le bras armé de l’ONU (Somalie, Haïti)

L’OTAN leur permet de conserver un rôle dans le maintien de l’ordre en Europe (conflit yougoslave : Bosnie et Kosovo)

2°) Des menaces nouvelles

a) Les replis identitaires : un monde de plus en plus éclaté

• La disparition du conflit idéologique entre libéralisme et communisme et les menaces réelles ou supposées d’uniformisation culturelle par la mondialisation ont fait resurgir au premier plan les préoccupations identitaires :

  • Religieuses : cf. instrumentalisation de l’Islam par les intégristes, conflit entre Hindous et Pakistanais
  • Nationalistes : cf. ex-Yougoslavie
  • Ethniques : Afrique noire
  • Linguistiques

• Le communautarisme, expression de ce repli identitaire est un véritable fléau

  • Il se traduit par l’exclusion de l’autre et génère immanquablement de la violence.
  • Il se traduit par l’affaiblissement des états, par l’implosion des états multiethniques,  par la multiplication des guerres civiles
  • La multiplication des conflits pousse de nombreux états à dépenser davantage pour s’équiper (Moyen-Orient, Afrique)
  • Nombre de dictatures dans le monde ont partie liée avec l’armée qui les soutient et maintient l’ordre ; elle est donc l’objet de toutes les attentions et des faveurs des dictateurs.
  • Vente à bas prix par la Russie des équipements militaires classiques qu’elle ne peut plus entretenir en direction des pays pauvres
  • Exportation de chercheurs et de scientifiques largement mieux payés à l’étranger : dissémination des secrets et de la technologie nucléaire ?
  • Possibilité de mise au point de « bombes sales »
  • Officiellement il existe 5 puissances nucléaires : les cinq grands
  • En réalité d’autres pays ont acquis l’arme nucléaire : Inde, Pakistan, Israël
  • D’autres ont cherché (Irak) ou cherchent à l’obtenir : Iran, Corée du sud
  • Technologie beaucoup moins sophistiquée que le nucléaire
  • Armes de destruction massive des pays pauvres (Iran, Libye, Irak)

b) La prolifération des armes de destruction massive

1. Le marché des armes conventionnelles continue à bien se porter

2. L’extension du risque nucléaire : le problème de la dissémination

3. La dissémination des armes chimiques et bactériologiques

c) La permanence et l’aggravation de la menace terroriste

• Permanence : autrefois lié à l’extrême gauche (Brigades rouges italiennes, Bande à Bader en RFA) dans les années 70 ou au mouvement palestinien (Arafat ; attentat des JO de Munich, détournements d’avions…) ou à la guerre du Liban (prises d’otages) ou encore à l’action d’états terroristes (Libye de Kadhafi)

• Aggravation : dimension de plus en plus transnationale et montée de l’islamisme : (voir ci-dessous, dans le B. et le C.)

3°) La multiplication des conflits locaux dans le monde

a) Le conflit de l’ex-Yougoslavie : le retour de la guerre en Europe

voir cours sur l’Europe de la construction européenne à la réunification :1945-2005

b) Le Proche et le Moyen-Orient : zone de turbulences et de tensions permanentes

voir cours spécifique sur la question du Proche et du Moyen-Orient

c) Le conflit indopakistanais : un conflit récurrent.

d) l’Afrique déchirée

1. Une instabilité politique permanente

  • Coups d’état fréquents : Mali 91, Niger 96 et 99, Congo-Brazzaville 1997
  • Guerres civiles interminables (Sierra Leone, Libéria, Côte d’Ivoire, Nigeria, Soudan)
  • Génocide de la minorité tutsie en 94 au Rwanda
  • Racisme anti-blanc du régime du Zimbabwe
  • D’impuissance politique : incurie et corruption des gouvernements locaux, excès des dépenses militaires, dette paralysante
  • De sous-développement endémique
  • D’épidémie de SIDA et d’accroissement de la mortalité

2. Sur toile de fond

B. LA CONTAGION DE L’ISLAMISME

Quelques précisions de vocabulaire

Le terme Islam : Il signifie « soumission »  et constitue le nom de la religion  qui se définit par la référence au Coran (Al Quram : la récitation) qui représente, selon les musulmans, la parole de Dieu transmise par l’Archange Gabriel au Prophète Mahomet, dernier des envoyés divins.

Le terme « musulman » qualifie un adepte de l’islam.

« L’Oumma » est la communauté des croyants : elle abolit les frontières des Etats au profit d’un espace géopolitique appartenant au peuple de Dieu.

Ne pas confondre arabe et musulman :  une grande majorité des arabes est de confession musulmane , tous les musulmans ne sont pas arabes.

Le terme « islamiste » est synonyme d’intégrisme islamique, qu’il s’agisse d’un individu, d’un groupe ou d’un pays.

Ce n’est pas une doctrine théologique mais un concept qui désigne l’utilisation politique de l’Islam.

Il s’agit d’imposer à la Société et à l’Etat d’un pays le modèle rigoureux de l’Islam originel par la refonte des normes juridiques et politiques en vigueur en fonction de la Charia (loi islamique).

Le terme « islamique » est ambigu : il est parfois synonyme de musulman, mais un régime islamique est en fait un régime islamiste…

Le Fondamentalisme est la volonté du retour aux textes fondamentaux de l’Islam dans une lecture littérale

1°) La nature de l’islamisme : qu’est ce que l’islamisme ?

a) L’islamisme se veut  une réponse à la faillite des idéologies antérieures

• Alternative à l’échec du nationalisme qui a assuré l’indépendance mais n’a pas apporté le développement.

• Alternative au panarabisme qui a totalement échoué lui aussi.

• Alternative au capitalisme et au matérialisme impie, avec un rejet tout aussi viscéral de la modernité culturelle qu’il engendre et qui balaye les valeurs traditionnelles.

• Alternative à la crise globale du communisme et à l’échec des voies socialistes de développement (cf. désastre économique de l’Algérie)

La révolution islamique va couper les ponts avec les deux civilisations prises jusqu’alors pour modèle et cela va évidemment avoir un effet déstabilisateur sur le monde.

L’islamisme considère avoir joué un rôle capital en Afghanistan dans l’effondrement de l’URSS et du communisme (L’armée rouge quitte l’Afghanistan en 89 et le mur de Berlin s’effondre quelques mois plus tard). Il s’agit donc ensuite de s’attaquer aux Etat-Unis, à Israël et à l’Occident.)

b) Un dangereux extrémisme religieux et politique

1. L’intégrisme islamique ou fondamentalisme islamique

• Il faut respecter scrupuleusement l’intégrité de la tradition islamique, lui rendre toute sa force, et s’en tenir à une interprétation littérale du Coran.

  • La Charia, c’est à dire la loi islamique,  doit être source de toute législation : non seulement le Coran doit régir le comportement religieux, mais il doit aussi constituer un code pour la vie sociale et politique, être en la matière la référence exclusive.
  • L’islamisme est caractérisé par le fanatisme et l’intolérance et il porte donc en lui-même l’action violente et terroriste :

Les ennemis de l’islam, les hérétiques et les infidèles doivent être éliminés par la guerre sainte, la « Jihad » : ou ils se convertissent ou il meurent.

Aux martyrs de cette cause les imams promettent le paradis.

• L’islamisme est largement réactionnaire,

  • La référence à la société mythique des premiers temps de l’Islam est constante : les islamistes se veulent les défenseurs des valeurs originelles de l’Islam
  • Le rejet de la pensée scientifique est total, de même que celui de la démocratie et de la liberté  considérées comme des inventions humaines contraires au Coran
  • Sujétion totale des femmes,
  • Rejet de la mixité, de l’alcool, du tabac, des jeux de hasard, de la musique, du cinéma
  • L’antisémite est érigé en valeur fondamentale.

2. Une stratégie expansionniste

• Le prosélytisme est fondamental, la conversion, de gré ou de force, une nécessité absolue

• Une stratégie en trois temps

  • Conquérir toutes les régions musulmanes pour y imposer l’intégrisme partout, en renversant les régimes dictatoriaux et corrompus considérés comme des ennemis de l’Islam (ennemi proche)
  • Déstabiliser l’occident

Par l’intermédiaire des communautés musulmanes qui y vivent en en prenant le contrôle (financement de mosquées, formation d’imams, associations caritatives et communautaristes locales)

Par le terrorisme international et la guerre contre cet ennemi lointain : le Jihad

  • Convertir l’Occident et le monde entier à l’islamisme pour instaurer partout des états islamiques sous l’autorité d’un califat mondial.

3. Une nouvelle forme de totalitarisme

Après le communisme et le fascisme, l’islamisme constitue le troisième totalitarisme

• Mêmes pratiques dictatoriales et même absence de libertés

• Même pensée unique, même contrôle d’un parti unique, celui des religieux, sur l’état et la société

• Même usage de la terreur de masse comme moyen de gouvernement

• Même phraséologie révolutionnaire

• Même volonté de construire un homme nouveau

2°) L’expansion de l’intégrisme islamique

a) Un contexte porteur

• Développement sur fond de crise économique et sociale avec un chômage et un taux d’analphabétisme élevés

• Développement sur fond de sentiment d’humiliation du monde musulman, au moins dans le monde arabe, car ce n’est le cas ni en Turquie, ni en Extrême-Orient

• La corruption et l’autoritarisme des régimes politiques en place dans les pays musulmans interdisent toute forme opposition démocratique et la mosquée apparaît dès lors comme un refuge voire comme un espace de liberté.

• Opposition à Israël et aux EUA considérés comme le « grand Satan »

b) Des courants proches mais distincts

1. Le wahhabisme :

• Conception conservatrice, très dogmatique et particulièrement puritaine de l’Islam, mais sans contestation de l’ordre politique,

• En vigueur en Arabie, son berceau.

  • Doctrine fondée par Abd Al Wahhab (1720-1792) censée être celle des « salafi » (successeurs de Mahomet)
  • Les Wahhabites prônent le « tahrib » (la contrainte) pour imposer l’islam
  • De Salaf, ancêtre, il prône aussi le retour au chemin des ancêtres, aux valeurs les plus authentiques de l’Islam.
  • Interprétation figée des textes sacrés, hostile à toute innovation.
  • Il prend sa source dans le Wahhabisme mais il conteste l’ordre politique en place dans les pays musulmans.
  • Réformisme à l’origine (quant à ses méthodes bien sûr car réactionnaire sur le fond)

2. Le Salafisme

2.1. Caractères d’ensemble

2.2. Evolution et division

« Les Frères musulmans »

• Association née en Égypte en 1927 qui introduit une véritable politisation de l’Islam et nourrit dès lors l’ensemble de la mouvance islamiste.

• Fondateur, Hasan al-Banna’ (grand père de Tarik Ramadan…)

Essaimage dans l’ensemble du Proche-Orient arabe mais développement d’une organisation autonome et de stratégies spécifiques dans chacun des pays où ils se sont implantés.

  • Essor du Djihadisme avec la guerre d’Afghanistan

le Djihad ( ou Jihad) qui, dans sa conception traditionnelle est d’abord un effort personnel et permanent que tout musulman doit faire sur soi-même pour se rapprocher de Dieu, devient pour le croyant un devoir personnel et impérieux de lutter contre les adversaires de sa religion.

Le salafisme djihadiste est né au milieu des années 1980 en Afghanistan, à l’époque du djihad contre l’occupation soviétique

Radicalisation avec refus de tout compromis avec les gouvernements qui n’obéissent pas aux vraies lois de l’Islam et appel à la guerre civile

Evolution d’une stratégie de lutte contre l’ennemi proche (Jihad défini comme putsch armé) à une stratégie de lutte contre l’ennemi lointain (terrorisme et attentats-suicides)

Exemples :

• Groupe « gama’a islamiyya » : stratégie  de guérilla de proximité avec harcèlement et assassinats des représentants de l’autorité, des chrétiens égyptiens, des touristes, si possible israéliens.Le carnage de touristes à Louqsor en 97 coupe le groupe de ses derniers soutiens populaires

• Groupe Al Qaida : Ben Laden, le financier saoudien, et Zawahiri, l’idéologue égyptien (pour  ce dernier, les jihadistes sont l’avant-garde éclairée et  combattante de l’Oumma)

c) Les pôles de la subversion islamiste

1. Des états

• Dans le monde musulman chiite [3]: l’Iran

  • Une véritable révolution  en 78-79 mobilisant les masses populaires deshéritées et les commerçants du bazar : c’est un cas unique car il n’y a aucun processus semblable dans le monde sunnite.
  • Si l’ayatollah Khomeiny est mort en 1989, le régime a peu évolué depuis. Il souhaite constituer une espèce de croissant chiite de l’Iran au Liban en passant par l’Irak

• Dans le monde musulman sunnite[4]

  • L’Afghanistan de 1996 à 2001

L’extrémisme est poussé à son comble par le régime des talibans de 1996 à 2001, qui soutient activement le terrorisme international

Mais le régime taliban, installé avec le soutien du pakistan et de l’Arabie Saoudite, et avec la bienveillance initiale des EUA, est démantelé par l’intervention américaine consécutive aux attentats du 11 septembre.

  • L’Arabie saoudite est et reste le principal pôle subversif

Allié des EUA : pétrole saoudien contre sécurité américaine

Mais les dirigeants wahhabites financent les intégrismes musulmans et le terrorisme, qui se retourne aujourd’hui contre l’Arabie qui a ouvert la boîte de Pandore…. Ce sont aussi des capitaux saoudiens qui financent la plupart des mosquées en occident.

  • De plus en plus d’états deviennent islamiques et appliquent strictement la charia

Dans le monde arabe : Yemen, Libye …

En Afrique noire :

• Le Soudan surtout : prise du pouvoir de Hassan El Tourabi en 1989 par un coup d’état ( plaque tournante du terrorisme international

• La Mauritanie aussi et expansion dans la zone sahélienne et destabilisation des états du golfe de Guinée ( Nigéria, Côte d’Ivoire …)

En Asie méridionale :

• Pakistan (1977)

• Républiques d’Asie centrale issues de l’éclatement de l’URSS un peu plus tard.

2. Des mouvements d’opposition puissants dans les pays musulmans non-islamiques

 2.1. Une vigoureuse répression par les forces politiques au pouvoir

  • En Syrie en 1982, révolte des « Frères musulmans » de la ville de Hama en Syrie en 1982 (répression violente de Assad : 20 000 morts …)
  • En Egypte les « Frères musulmans » assassinent le Président Sadate et multiplient les attentats pour faire fuir les étrangers et notamment les touristes, mais aussi contre le président Moubarak ; répression par le pouvoir
  • En Algérie,

le FIS[5], travaille beaucoup à la base en menant un processus d’islamisation par le bas et en relayant les carences de l’état en matière d’éducation de santé…Il remporte les élections en 1992, mais est dissous par le pouvoir militaire qui impose l’état d’urgence.

Les GIA[6] prennent alors le relais en pratiquant le terrorisme. C’est alors une véritable guerre civile de dix années qui ensanglante l’Algérie qui bascule dans l’horreur : plus de 100 000 morts !

  • En Tunisie, le président au pouvoir, mène une politique répressive efficace contre les mouvements islamistes.
  • L’objectif premier du terrorisme, la conquête du pouvoir dans les pays musulmans grâce à la mobilisation des masses de l’Oumma galvanisés par l’audace du Jihad relayée par  les  moyens modernes de communication n’a pas réussi : aucune mobilisation conjointe des masses de la jeunesse urbaine pauvre, de la classe moyenne pieuse et de l’intelligentsia islamique n’en est résultée pour s’emparer du pouvoir
  • La lutte des EUA contre le terrorisme a au contraire affaibli les positions des extrémistes ( perte de l’Afghanistan,  affaiblissement des réseaux, pressions sur l’Arabie saoudite)
  • Particulièrement visible en Afrique subsaharienne, notamment au Soudan et au Nigeria
  • A partir de la Tchétchénie : en Russie, la Tchétchénie est devenue une plaque tournante de l’islamisme et du terrorisme international, mais elle se heurte à l’intransigeance totale de Moscou et à la fermeté de son président V. Poutine.
  • En Bosnie, lors de l’éclatement de la Yougoslavie, véritable guerre qui aboutit au partage etnique du pays entre serbes et bosniaques.
  • A partir des quartiers de banlieue en Occident

2.2. Globalement, échec des jihad locaux.

3. Une volonté expansionniste manifeste,

3°) Le terrorisme islamiste.

a) Une organisation en réseau.

• Des réseaux transnationaux clandestins et cloisonnés.

  • Exemple : Al-Qaïda[7], financé par le milliardaire d’origine saoudienne Ben Laden, qui est à l’origine de multiples attentats, surtout contre les intérêts américains et saoudiens.

1996 : déclaration de jihad contre les américains

Fe98 : Déclaration Ben Laden et Zawahiri :

• Création d’un « front islamiste international contre les croisés et les juifs »

• Appel à « tuer les Américains et les juifs partout où ils se trouvent »

  • Le Londonistan désigne différents groupes et leaders islamistes qui sont venus s’installer dans la capitale britannique, des frères musulmans jusqu’aux salafistes djihadistes : c’est l’un des centres de l’internationale islamiste.
  • Les groupes islamistes

Développent dans un premier temps des activités caritatives pour étendre leur influence

Noyautent communautés et mosquées avec des imams autoproclamés

Utilisent les avantages et les faiblesses des démocraties occidentales et leur esprit  tolérance pour s’épanouir et les combattre en vue de leur disparition.

• Une excellente maîtrise des techniques de communication modernes

  • Les  chaînes de télévision comme Al Jezeera, chaîne du Qatar, et autres chaînes arabes par satellite (cf diffusion de cassettes audio ou video de groupes terroristes)
  • Une multitude de sites internet islamistes
  • Transferts financiers par internet

• En fait une multitude de mouvements souvent hostiles les uns aux autres, une nébuleuse avec des rivalités internes nombreuses.

b) Le terrorisme instrument du jihad :

1. L’arme de l’attentat suicide.

1.1. Le terrorisme anti-juif

  • Le Hezbollah libanais est créé en 82  à l’instigation des services secrets iraniens pour devenir leur bras armé dans le désordre libanais ; prises d’otages, attentats suicides.
  • La méthode de l’attentat suicide est alors transposée en Cisjordanie et à Gaza par l’intermédiaire du Hamas et du Jihad islamique, et il est tourné contre les Juifs. La lutte palestinienne se transforme en jihad avec la seconde intifada nommé par Arafat « intifada d’Al Aqsa » en septembre 2000, véritable aubaine pour les jihadises.
  • Le terrorisme anti-juif en Palestine a un côté immédiat et passionnel, face à un ennemi proche clairement identifié. Il recrute dans les milieux populaires
  • Premier attentat contre le world trade center en 93
  • Attentats contre les ambassades américaines à Dar-Es-Salam en Tanzanie et à Nairobi au Kenya le 7 août 98
  • Attentat contre le navire de guerre USS Cole dans le port d’Aden

1.2. Le terrorisme anti-américain : la lutte s’étend à l’ennemi lointain

2. Le tournant du 11 septembre

C’est différent pour le 11 septembre :

  • L’ennemi est lointain, construit, figuré par le raisonnement de « l’élite » et des  « intellectuels islamistes » ;
  • Les futurs « martyrs » doivent être préparés soigneusement à cette tâche et leur volonté doit être totalement sous contrôle, comme dans une secte, ce qui suppose le lavage de cerveau qui va métamorphoser des étudiants ou intellectuels de classes moyennes en tueurs fanatisés travaillant dans la durée  jusqu’au moment décisif.
  • Les préparatifs sont de longue durée et nécessitent une organisation très stricte et performante.

Utilisation de la soumission, de la sujétion au chef, avec obéissance absolue, dans tous les cas.

Conclusion partielle

Cette montée de l’intégrisme est d’autant plus importante qu’elle est largement centrée sur le Moyen-Orient, c’est-à-dire dans une région très turbulente de la planète.

Il s’agit à la fois d’un nouveau modèle de totalitarisme et d’une menace pour la paix dans la mesure où cette perversion de l’Islam est synonyme d’intolérance, de violence et d’expansionnisme… Il contribue donc largement à accentuer le désordre contemporain.

C. L’APRES 11 SEPTEMBRE 2001.

1°) Les attentats du mardi 11 septembre 2001

a) Des attentats en série au cœur même des EUA,

• Ils sont perpétrés par Al Qaïda

• Ils touchent les symboles de la puissance américaine, au plan économique comme au plan politique, dans les deux capitales du pays

• Ils s’enchaînent en quelques heures seulement

  • Les deux tours du World Trade Center de New-York, les « Twin Towers », sont percutées par deux avions de ligne détournés par des commandos kamikazes, à 8 h. 48 pour la première, 18 minutes plus tard pour la seconde. Les caméras de télévision retransmettent en direct la catastrophe. Elles s’effondrent quelques temps plus tard, à 9 h 55 pour la tour sud, à 10 h. 35 pour la tour nord

C’est un symbole de la puissance américaine qui est frappé

C’est aussi un symbole de l’Occident, de ses activités puisqu’une quarantaine de nationalités du monde industrialisé s’y côtoyaient

  • A 9 h.47, un troisième avion s’abat sur le Pentagone à Washington et une partie du bâtiment s’embrase
  • A 10 h.10 un quatrième avion s’écrase à Pittsburgh, suite au soulèvement des passagers, mais il était probablement destiné à Washington (Capitole : siège du Congrès)

b) Un bilan  tragique

• 3000 morts environ

• Un choc pire que Pearl Harbor

  • Car ce n’est pas un acte de guerre d’un état contre un autre état et sur un objectif militaire : un petit groupe déterminé peut désormais acquérir et mettre en œuvre une capacité de destruction autrefois réservée aux seuls Etats
  • Car jamais auparavant les EUA n’avaient été frappés sur leur propre territoire métropolitain : pour la première fois ils éprouvent un sentiment de vulnérabilité, leur territoire n’est plus un sanctuaire préservé.

c) Un tournant dans la politique américaine

« America first » et « Sécurité d’abord » : les deux slogans qui inspirent la politique américaine depuis le 11 septembre.

1. « Sécurité d’abord » Les EUA s’estiment en état de guerre contre le terrorisme

  • La seule réponse possible aux attentats est de frapper les ennemis potentiels des EUA là où ils sont installés.
  • Les EUA dénoncent les états voyous et déclarent la guerre à « l’Axe du Mal » (Corée du Nord, Iran, Irak)
  • Ils adoptent le principe de la « guerre préventive » indispensable selon eux pour prévenir de nouveaux attentats du type 11 septembre

2. « America first » : l’Amérique en premier

• Il s’agit pour eux de défendre unilatéralement leurs intérêts sans se soucier de l’approbation internationale,

• Ils entendent cependant regrouper autour d’eux des alliés s’alignant sur leur politique prétendant défendre un modèle de civilisation. En fait la politique américaine repose largement sur la thèse du « choc des civilisations » développée par Huntington et le courant néoconservateur américain (avec une analyse de même nature que celle des islamistes : la guerre inévitable)

2°) Les réponses militaires américaines : de l’Afghanistan à l’Irak

a) La guerre d’Afghanistan : 2001

• Riposte aux attentats revendiqués par Ben Laden qui s’abrite en Afghanistan avec la complicité du régime islamiste des talibans.

• Décembre 2001 : intervention militaire de quelques semaines, avec un très large soutien international

• Le régime des talibans est renversé, mais Ben Laden s’échappe et disparaît…

• Un gouvernement provisoire est mis en place et une force de l’ONU s’efforce de garantir la sécurité sur place, mais celle-ci persiste cependant et les rivalités tribales n’arrangent rien

b) La guerre d’Irak : 2003

• Sous le prétexte que l’Irak de Saddam Hussein disposerait d’armes de destruction massive menaçant les EUA et l’Occident et soutiendrait Al-Qaïda, le Pt Bush décide de s’attaquer ensuite à l’Irak.

  • L’opinion internationale est très divisée sur l’opportunité d’une telle intervention

Les EUA peuvent compter sur le soutien sans faille de la GB, sur celui de l’Espagne, de l’Italie, de la Pologne. 34 pays participent à la coalition sous égide américaine

Ils se heurtent à l’opposition de la France, de l’Allemagne et de la Russie qui estiment qu’il faut faire prévaloir la diplomatie et l’ONU et ainsi tenter d’éviter la guerre.

  • En fait il n’existe aucune arme de destruction massive en Irak …et il n’y a pas davantage de liens entre Saddam Hussein et Ben tenu : ce n’est là qu’une vaste entreprise d’intoxication par la propagande !… Un énorme mensonge et rien d’autre !

• Un rapide succès militaire :

  • Mars 2003, attaque de l’Irak par une coalition militaire essentiellement américano-anglaise, dont la supériorité technologique est écrasante.
  • Bagdad tombe aux mains des Américains  le 9 avril après trois semaines de combat et le régime de Saddam Hussein s’effondre complètement.
  • Ce dernier est capturé en décembre 2003

c) Les limites de la réponse militaire américaine

1. En Irak, c’est rapidement le désordre le plus total : l’enlisement n’est pas à exclure.

• La défaite du régime a en fait entraîné la dislocation totale de l’état et de l’administration ! C’est donc l’anarchie et les seules structures qui subsistent sont donc des structures religieuses qui se radicalisent …

• Incapacité des EUA à rétablir la situation économique, difficulté à instaurer la démocratie malgré le succès des élections du début 2005, difficulté à surmonter les rivalités entre chiites, sunnites et kurdes.

• Insécurité permanente du fait de la multiplication des attentats et des prises d’otages en Irak, car l’intervention américaine est considérée comme une nouvelle humiliation pour les Arabes et elle attire les terroristes et islamistes du monde entier, notamment le Jordanien Al-Zarkaoui, émule de Ben Laden

2. Le réseau Ben laden est très affaibli mais le terrorisme international continue,

• Il s’exerce d’une manière plus localisée mais toujours très spectaculaire:

• Dans un premier temps, attentats peu efficaces qui tuent surtout des musulmans ce qui déprécie l’image des salafistes jihadistes (Bali 2002, Casablanca 2003, Ryad 2003, Istanboul 2003)

• L’attentat de Madrid (2 ans ½  après le 11 septembre) constitue une reprise en main des opérations par des professionnels d’Al Qaida.

3. Les difficultés américaines dans la lutte contre le terrorisme

• Difficulté pour les EUA à identifier Al Qaida car c’est un réseau  dont le centre est impalpable et non pas un état comme auparavant l’URSS ;

  • Dans un premier temps c’est la destruction de la base afghane qui est privilégiée, puis pressions sur l’Arabie Saoudite, puis élimination de l’état voyou de Saddam Hussein.
  • Cette stratégie est opérationnelle mais elle manque son objet : pas d’éradication d’ Al Qaida malgré son considérable affaiblissement

• Difficulté pour les EUA à identifier un ennemi qui ne se déclare pas, ne revendique rien, s’efforce de se fondre dans la masse des musulmans.

Conclusion

Au début du XXIème siècle, bien des incertitudes encore, mais quelques germes d’optimisme

La démocratie est susceptible de progresser au proche-Orient : élections libres en Irak, élections libres en Palestine après la mort d’Arafat, promesse d’élection présidentielle pluraliste en Egypte, renaissance d’un espoir de paix entre Israël et la palestine, hostilité des Libanais à l’occupation syrienne de leur pays… sans compter l’arrêt antérieur de la guerre civile en Algérie. Mais les hypothèques sur l’avenir restent très lourdes : Irak, Iran, Arabie

Le salafisme jihadiste reste très dangereux mais le « Jihad » a aussi suscité la « Fitna » : division du monde musulman, chaos et affaiblissement  et force est de constater que dans l’histoire contemporaine, le terrorisme n’a jamais réussi à mobiliser les masses et à l’emporter…

Le XXème siècle a vu se développer deux totalitarismes avec le fascisme et le communisme. Il fallut la secondce guerre mondiale pour éradiquer le premier, près d’un demi-siècle pour que le second s’effondre. Mais c’est à ce moment là que se développe une nouvelle menace totalitaire avec l’islamisme qui constitue une véritable déclaration de guerre et une menace sur la démocratie. Du devenir de cette menace dépend cependant d’abord le destin du monde musulman : progrès ou irrémédiable déclin ? En dépend aussi la paix à la surface du globe.

Le XXIème siècle semble devoir être celui de nouveaux géants. L’hyperpuissance américaine est désormais la seule à exister. De nouveaux pôles de puissance se développent rapidement au premier rang desquels la Chine, et dans une moindre mesure l’Inde. Quelle place l’Europe saura-t-elle trouver à côté de ces géants ? Mais le XXIème siècle, c’est aussi celui de défis considérables pour la planète, notamment celui du développement et celui de l’environnement.


[1] Pas d’installation d’euromissiles américains si les soviétiques retirent les leurs.

[2] CEI = Communauté des Etats Indépendants

[3] Chiisme : Doctrine des musulmans qui estiment que la succession d’Abu Bakr au califat et qu’elle aurait dû revenir aux descendants d’Ali ; organisation avec un rôle prédominant des imams qui dominent la structure religieuse (ayatollahs, mollahs)

[4] Sunnisme : Branche de l’islam qui se réfère strictement à la Sunna, recueil contenant les propos, faits et gestes de Mahomet.

[5] FIS = Front Islamique du Salut

[6] GIA = Groupes Islamiques Armés

[7] Al-Qaïda : « la base » en arabe, créée en 1993 par un communiqué du « Front islamique pour le Djihad contre les juifs et les croisés »

Advertisements