La Renaissance grecque au VIIIème siècle : apogée

L’archaïsme : un apogée du monde grec ?

I – Naissances des communautés civiques

A dates de formation

• débats entre historiens

– chronologie haute
– chronologie basse

• la cité existe quand la citoyenneté existe

B processus de formation : 3 exemples

Fustel de Coulanges :

-préexistence de groupes familiaux à la cité formée par regroupement (Glotz aussi)

Engels (K. Marx) :

– apparition de la cité avec profondes mutations économiques et formation d’un état
– apparition de la propriété privée et de la division en classes
– état athénien = modèle en général

Max Weber :

– typologie complexe mais insistance sur distinction entre l’homme politique (unité économique ville et campagne) et l’homme économique (distinction juridique entre ville et campagne)

=> point commun : les membres de la cité détiennent la terre.

C témoignages antiques

• textes
• archéologie

– urbanisation (comme à Smyrne)
– augmentation de la population : est-ce une cause ou une conséquence de la création de la cité ?
– la fondation de cité implique que les métropoles connaissaient le système de la cité
– communauté nombreuse : pas de déterminisme géographique
– lenteur du phénomène : pas de tableau unifié du phénomène

D un nouvel art de la guerre

• Hoplite (Cf hôplon)

Il est à la fois armé offensivement (2 puis 1 lance utilisée d’estoc, une épée courte qui tend à s’élargir), et défensivement (bouclier rond inutile en combat individuel, pleinement efficace en combat serré, au corps à corps. Mais aussi casque à cimier, avec protection du front et des joues, très lourd et offrant ne vision réduite)

• VIII ème siècle : la phalange

• Le mode de combat de la phalange suppose solidarité et discipline (valable jusqu’aux Cynocéphales en 197) où guerre = affaire collective et non plus exploit individuel.

• Problème du combat en plaine avec armée de plaine alors que terrains grecs très accidentés.

• Fantassins égaux devant la mort, devant la guerre => émanation des prétentions à prendre part à la vie politique et en parallèle, diminution des prétentions de l’aristocratie à diriger seule la vie de la cité puisqu’elle ne défend plus seule la communauté. Dans ce cas seulement, il existe une révolution hoplitique.

II – La société aristocratique

– étude menée à partir de la poésie lyrique (élégiaque)

=> expression personnelle (je = Solon, nous = Alcée) qui marque l’émergence de la personnalité
=> véhicule de communication qui se présente comme un échange = solidarités et compagnonnage
=> expression chantée avec lyre ou aulos qui implique un espace fermé à la limite dedans/dehors

– il ne s’agit pas d’un art gratuit et l’auteur est politiquement engagé et on en parlait même à l’époque impériale

a) cercle aristocratique

• symposion

– Théognis montre un rassemblement en classes (clientèles politiques)
– lieu d’apprentissage de la sagesse entre pairs avec des ainés
=> mimétisme (Paideia) qui s’oppose au gymnase ou à la palestre
=> reconnaissance des aristocrates entre eux

• valeurs homériques

– où le symposion est
– école du partage
– compagnonnage du banquet
– éloge du combat
– éloge de la puissance et rejet de la Métis
– l’aristocrate se définit par ce qu’il n’est pas : sauvage, mal vêtu, sans loi (i.e. irrationnel)

b) tensions sociales

=> opposition gens de bien / gens de peu = notion d’arêtê

• codification des critères sociaux

– jusque là pouvoir = eu – patrides
– désormais pouvoir = richesse

• témoignage de Solon

– le véritable riche est celui qui possède un bien foncier et un stock de métal précieux.
– la richesse est devenue nécessairement mobilière par l’échange de cadeaux et l’hospitalité
– sources d’enrichissement = butin et écnage de cadeau
– cependant Solon continue d’affirmer la nature de l’homme de bien

• témoignage de Théognis

– richesse = corruption et il fait un développement sur le plan moral où la richesse mobilière mène à l’Hybris (excès-démesure-sédition)

– ce que dénonce véritablement Théognis c’est l’opposition entre les gens de bien et les marginaux (ceux qui n’ont pas de terre, pas d’armes, et qui ont un comportement non sociabilisé)

– le rire apparaît même comme l’expression d’un certain désordre (Cf. Vernant – Dyonisos)

– ce désordre commence au banquet même où pour s’assurer une clientèle, on invite des marginaux, ce qui provoque une déstabilisation de la société

c) vie politique agitée

– rôle important de la Stasis après constitution de factions par la richesse (cadeaux)

– ces factions sont des Hétairies (= clubs politiques) et même si le mot ets inconnu avant le VIème siècle, la conjuration, elle, existe bien.

– pour Solon, la réponse est claire : il faut donner le pouvoir au peuple, ce qui témoigne de l’émergence d’un sens civique qui dépasse le simple fait aristocratique et montre une nouvelle élaboration de la pensée politique.

– Ceci entraine le concept de Démos lequel suppose comme une entité politiqure l’ensemble des citoyens

– Théognis va plus loin en faisant la distinction privé / public et en parlant de cité et de citoyens à la place du pluriel collectif

=> La cité apparaît en gestation, on y voit de survivances de l’époque homérique. En même temps la société aristocratique prend conscience des tensions et des troubles pour devenir un lieu de réflexion sur la politique en général et l’émergence du Démos en particulier.

d) étude de cas : le mariage à Sycione

– datation

– ≈ 570/565 car victoire de Clisthène en 572 aux fêtes de Delphes
– Toutefois Crésus a régné de 561 à 546 —> distorsion
– Il convient donc de considérer une chronologie interne et date ≈ 565

– prétendants

– géographiquement issus de tous le monde grec et socialement issus de l’élite aristocratique

• relations internationales de l’élite

– fonction panahellénique du sanctuaire d’Olympie
– déplacements nombreux (même si voyages longs et périlleux)
– prétendants viennent de Corinthe, de l’Etolie et de l’ouest ; du nord : Athènes, Erétrie, Théssalie ; du sud : Argos. Ceci met en évidence la fonction de l’isthme de Corinthe : route maritime E-W, route terrestre N-S et rôle international des dirigeants corinthiens.

– absences remarquées : Sparte (clivage doriens/ioniens ?), grecs d’Asie (contentieux avec Milet dont Thrasibule aurait fourni des vaisseaux à Corinthe contre Sycione)

• mode de vie aristocratique

– idée de maison, de famille, de noblesse, de chef de famille
– idée de richesse (épreuve de la course de char à Olympie, noms en Hippo– : Cheval-)
-pratique de l’hospitalité caractérisée par la magnificience (1 année entière) mais qui s’adresse exclusivement aux aristocrates.
– reconnaissance mutuelle fondée sur interrogation traditionnelle
– qualités : habrogynè (beau mode de vie) ≠ truphè (mollesse)

habrogynè =
– sagesse (Cf Pythagore)
– beauté (importance donnée au corps – caractère de la nature humaine – Kouros)
– souci de la gloire (non personnelle mais pour la patrie)
– éducation sportive (palestre et gymnase)et  à la sociabilité (symposion)

truphè =
– danse rituelle et commémorative (grue (=Geranos) par Thésée à Delphes)
– comportement anticivique et antisocial (individualisme exarcerbé (= hybris) et renversé à tel point qu’il danse sur la tête.)

• mariage en tant que tel

– contrat  avec engagement  réciproque  entre  deux  familles
– deux moments cruciaux : engyesis (= remise de la fille par le père) et fin du transfert (lorsque le père du mari accepte)
– mariage typique des V-IVèmes siècles à Athènes (= anachronisme d’Hérodote ? ou premier texte qui parle du passage du mariage achat au mariage contrat ?)
– choix d’un gendre international (apport d’un plus en matière de prestige)

• conclusion

– rien de spécifiquement tyrannique dans la pratique et le comportement
– portrait très positif de Clisthène
– convergence de plusieurs éléments (internationalité de l’élite, inclusion des tyrans à la vie sociale)
– témoignage sur Sycione à son apogée : émergence d’une cité que révèle son aire de rayonnement liée à sa situation géograohique mais aussi à la chute de Corinthe et à la présence des deux pôles de Delphes et d’Olympie.

III – La tyrannie

a) situation des tyrans dans l’Etat et la société aristocratique

• un type d’homme particulier ?

– image négative (socialement)

Ortagoras de Sycione était fils de Mageiros, sacrificateur (= cuisinier)
Clisthène de Sycione était fils de fondeur

– image à relativiser

– glissement social (sacrificateur => cuisinier)
– railleries sur origine :
Pittakos = barbare (car fils d’une Thrace or Thémistocle et Miltiade avaient épousé des Thraces)
Kypsélos de Corinthe = bâtard (car né d’une union entre une princesse boiteuse et qq’un de rien du fond de l’eschatia)

=> Avant de jouer contre eux, cette situation fut très favorable aux tyrans (Cf. naissance miraculeuse)

des antigrecs ?

– Tyrans très proches des rois barbares = antigrecs

b – tyrannie et valeurs homériques

• Système antiaristocratique

– remplacement de population

– mariages forcés
– besoin de légitimité

– lois somptuaires et contre l’oisiveté

– désarmement des citoyens

• objectifs politiques et pratiques inédites

– propagande

– recherche d’investiture divine (Pisistrate et Athéna sur son char)
– exploitation du thème d’Héraklès (par les Pisistratides, Cf. Boardmann, 1965)
– exploitation des victoires militaires

– activités militaires

– tyrans = grands chefs de guerre
– la conquête légitime le pouvoir

– représentation

– mise en scène perpétuelle de la capacité à régner
– mise en place de la pratique des banquêts publics, des Dionysies, des Panathénées (on ne retrouve cela qu’avec les royautés hellénistiques)

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