La Chine de 1911 à nos jours : une spectaculaire transformation

En 100 ans, depuis la chute de l’empire en 1911, la Chine a traversé de grands bouleversements et connu une spectaculaire transformation. Elle a vécu des révolutions, des guerres, et l’expérience d’un régime communiste marqué par le rôle de Mao Zedong, dirigeant de la Chine populaire de 1949 à sa mort en 1976. Elle est devenue une grande puissance politique et économique, mais un régime démocratique libéral n’a pas pu s’y instaurer.

I – La Chine en 1911, un empire affaibli

La Chine a connu une civilisation brillante et a été un empire riche et puissant mais au début du XXème siècle ce pays est plongé dans une grave crise.

A – une monarchie absolue et traditionnelle qui n’a pas pu se réformer.

La dynastie mandchoue (Qing) règne sur la Chine depuis 1644. L’Empereur est un personnage sacré et vit avec la cour dans la cité interdite à Pékin. L’administration est dirigée par des lettrés fonctionnaires : les mandarins.

B – Pauvreté et grandes inégalités sociales.

Socialement l’Empire est un système très inégalitaire : une classe dominante (grands propriétaires fonciers, mandarins) dirige à son profit une masse paysanne très pauvre, exploitée, sous alimentée, des ouvriers dans les grandes villes industrielles et les ports. De fréquentes révoltes (révoltes paysannes, mouvements contre les étrangers) éclatent en Chine.

C – Un empire en passe d’être colonisé depuis le milieu du 19ème siècle

Profitant de cette faiblesse, les grandes puissances (GB, FR, USA, Japon) obligent la Chine à signer des traités qui ouvrent des espaces d’influence économique. Elles contrôlent les chemins de fer, le commerce extérieur, une grande partie de l’industrie. Elles établissent des concessions étrangères dans les ports maritimes ou fluviaux : Shanghai, Hong Kong, Canton. La mémoire de cette domination nourrit le nationalisme chinois et la volonté d’être un état indépendant et puissant (cf mouvement de 1919 après le refus du traité de Versailles)

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II – La Chine entre guerres et révolution 1911-1949

L’empire est renversé en 1911, mais le pays entre alors dans plusieurs décennies de conflits politiques et sociaux et de guerres.

A – L’échec d’une République démocratique

Un mouvement politique se développe qui aspire à refonder la nation chinoise, à moderniser l’économie, a établir une démocratie et à améliorer la situation sociale, animé notamment par Sun Yat Sen. Ces aspirations nationales et démocratiques se manifestent aussi dans le mouvement du 4 mai 1919. Mais ces mouvements ne peuvent l’emporter et la Chine entre dans une période de troubles, l’économie stagne, la pauvreté s’aggrave, des factions armées s’opposent (les «seigneurs de la guerre») et le pays tend à se disloquer

B – La Chine face à l’invasion japonaise

Parallèlement, l’industrie moderne reste aux mains des capitalistes étrangers et le pays subit aussi l’invasion japonaise : l’armée japonaise occupe d’abord la Mandchourie (1931) puis en 1937 toute la Chine. De graves crimes de guerre sont commis (massacre de Nankin, 1937).

Le Sac de Nankin – décembre 1937 – Chine – Japon – impérialisme (vidéo 51’56)

C – Le conflit entre le Guomindang et le Parti communiste devient une guerre civile qui mène au succès des communistes de Mao Zedong

L’opposition principale toutefois en Chine réside dans une lutte entre deux partis politiques entre le Guomindang (parti nationaliste, fondé par Sun Yatsen en 1920, et dirigé par Jiang Jieshi, un officier qui s’appuie surtout sur la classe bourgeoise des villes) qui gouverne à Nankin entre 1927 et 1937, et le Parti communiste, qui combat pour une révolution sur le modèle soviétique, d’abord dans les villes (grandes grèves à Shanghai en 1925-26), puis, face à la répression (1927), se replie dans les campagnes (la Longue marche 1934). La stratégie de Mao Zedong qui en devient alors le chef, est de s’appuyer sur les paysans, de fonder des bases populaires autonomes dans les campagnes, de créer une armée populaire.

En 1937 le parti communiste s’engage contre les japonais et pour cela s’allie avec le Guomindang, avant de se lancer à la conquête du pouvoir à la fin de la guerre (1945-1949). Jiang Jieshi et ses partisans se replient dans l’ile de Formose (Taïwan), qui devient la République de Chine, la Chine continentale devenant la République Populaire de Chine (RPC)

III – La République populaire de Chine à l’époque maoïste 1949 – 1976

De 1949 à 1976, l’histoire de la Chine est marquée par le rôle de Mao Zedong qui détient un pouvoir quasi absolu jusqu’à sa mort

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A – Les politiques utopiques de Mao

Dès 1949 un système sur le modèle de l’URSS est instauré en Chine, avec un parti unique, l’absence de toute liberté (de presse, d’expression), une répression sévère des opposants et des personnes issues de familles dites « contre révolutionnaires », l’étatisation de l’économie passe par la collectivisation des campagnes et la nationalisation de l’appareil industriel.

A partir de 1958, Mao oriente la Chine dans une voie originale, il pense qu’une économie socialiste développée pourra se construire en quelques années par une politique volontariste et que la révolution doit se radicaliser toujours plus en éliminant tous ceux qui sont jugés trop modérés ou attachés à des valeurs culturelles jugées bourgeoises. En organisant un culte de la personnalité autour de lui et un endoctrinement de la population, il lance de grandes mobilisations

Mouvements de Cent Fleurs (contre les mandarins rouges)

Grand bond en avant : une réforme agraire avait remis la terre aux paysans mais ils furent alors contraints à se regrouper dans les communes populaires où tout est collectivisé et doivent aussi se consacrer à des productions industrielles (hauts fourneaux dans les campagnes). Après une bonne récolte en 1958, qui encourage à accélérer le processus, c’est un échec total, marqué par une épouvantable famine (40 millions de morts) et une baisse généralisée de la production.

Illustration en 1973 :

Bilan dévoilé en 2012 :

Pendant la Révolution culturelle les jeunes lycéens ou étudiants organisés en Gardes rouges se lancent à l’attaque des « éléments contre révolutionnaires » des « Khrouchtchev chinois » et détruisent de nombreux symboles de la culture chinoise (des « vieilleries »). Cependant Mao décide de cesser ce mouvement en 1969 : 14 millions d’étudiants sont alors envoyés en camp de rééductaion politique pour travailler dans les campagnes et l’armée reprend le contrôle.

Images (43 ») de la Révolution culturelle à Pékin : illustration du contrôle des masses et de la jeunesse

B – La Chine sur la scène internationale

La Chine veut s’affirmer comme un leader du Tiers Monde, proposant un communisme volontariste et adapté, selon Mao, aux pays pauvres. Après avoir envoyé un million de « volontaires » en Corée pour protéger la Corée du Nord en 1950-1953, la Chine est présente aux accords de Genève en 1954, à Bandoung en 1955. N’ayant jamais accepté la déstalinisation née du XXème congrès du PCUS, Mao engage la Chine dans la distance d’avec l’URSS (1957) puis rompt avec l’URSS (1963), se dote de l’arme nucléaire (1964), entre à l’ONU à la place de Taiwan (1971).

IV – La Chine après Mao Zedong : le Fuqiang (Richesse et Force)

Après Mao (mort en 1976), la Chine connaît de grandes transformations, notamment sur le plan économique (devient un de ces « pays émergents »), rompt avec le maoïsme tout en restant un régime non démocratique

A – Une économie devenue capitaliste : les Quatre modernisations de Deng Xiao Ping

Après la mort de Mao, la situation est très instable (conflits entre les chefs du parti), la population mécontente. Une partie de l’équipe dirigeante pense qu’il faut relancer l’activité économique, redonner un rôle à la Chine dans le monde, et améliorer le niveau de vie en faisant des réformes économiques. On les nomme les pragmatiques. D’autres (les idéologues – la bande des Quatre) pensent qu’il faut au contraire aller plus loin dans le Maoïsme. Les premiers, sous la pression de l’armée finissent par l’emporter après septembre 1976.
Deng Xiaoping cherche à mettre en place les « quatre modernisations » entre 1978 et 1989 :

  1. agriculture
  2. industrie
  3. sciences et recherche
  4. défense

Cette politique se poursuit après lui : ouverture aux investissements étrangers dans les ZES qui produisent pour l’exportation (électronique, textile) et les villes côtières, dissolution des communes populaires, rétablissement de la propriété privée des entreprises commerciales et industrielles. Aujourd’hui l’économie chinoise peut être qualifiée de capitaliste même si le terme officiel depuis 1992 est « économie socialiste de marché ».
La croissance économique est spectaculaire et la société connaît de grands changements (urbanisation, essor de la consommation, enrichissement de certaines catégories sociales). Parallèlement, le 4ème point (défense) n’a pas été mis en avant, au contraire : il s’agit de ne pas effrayer les partenaires.

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B – Mais sur le plan politique le régime ne change pas profondément : échec de la démocratisation

Même s’il n’est plus totalitaire, il demeure autoritaire, répressif et une « cinquième modernisation » demandée par la population tarde à être mise en place.  Le PCC est toujours le parti unique. Les opposants sont emprisonnés, certains en exil. Les minorités nationales qui aspirent à plus de liberté sont réprimées (exemple le Tibet, répression depuis la première révolte en 1959). Plusieurs révoltes démocratiques ont eu lieu, la principale est le grand rassemblement des étudiants (rejoints par des travailleurs) pendant 2 mois sur la place Tian’anmen, écrasé par l’armée le 4 juin 1989.

diaporama en ligne

http://www.newyorker.com/news/news-desk/slide-show-tiananmen-square-1989

Student Demonstrators Wearing SignsTianenman Square AP_0Différente aujourd’hui, la protestation existe encore : lors des JO de 2008 ou lors de la cérémonie de remise du Nobel de la paix à Liu Xiaobo en 2010 en son absence.

C – Poursuivre les réformes et « fuir la lumière » (1989-1992)

Deng veut que la Chine poursuive son avancée sur la voie du développement économique, par des réformes de longue durée (un siècle), et dans la stabilité poli- tique, sous le contrôle du parti. Sa succession est réglée entre 1990 et 1993 au profit de Jiang Zhemin qui poursuit sur la même voie et fait adopter par le parti le principe de « l’économie socialiste de marché » en 1992. Le « petit timonier » meurt en 1997.

Les réformes appliquées aux ZES sont accordées à toutes les régions qui les demandent, les prix sont libérés, un système bancaire moderne est mis en place, les privatisations d’entreprises d’État se multiplient et les entrepreneurs accueillis dans le parti (2001).Ce sont des années de croissance record : 14% en 1993.

Le niveau de vie augmente nettement et une classe moyenne d’une centaine de millions de personnes fait son apparition s’ouvre aux influences étrangères, d’abord celle des Chinois de la diaspora, et au mode de vie à l’occidentale (loisirs – 2 week-end de repos par mois – karaoké, tourisme, nouvelles habitudes alimentaires, etc.)

Dans le reste du pays le progrès n’avait pas atteint tous les villages dont 25% restaient inaccessibles faute de routes, et 80 millions de paysans vivaient sous le seuil de pau- vreté, recherchant à émigrer vers les villes.

« Fuir la lumière »
Après la répression de Tian’anmen, l’isolement sur la scène internationale, l’em- bargo occidental sur les ventes d’armes, la baisse des investissements étrangers et du tourisme, poussent Deng à renouveler sa recommandation de faire profil bas « en fuyant la lumière et en recherchant l’obscurité ». La Chine se montre conciliante envers les Etats occidentaux et ses voisins : pas de véto pendant la 1ère guerre du Golfe, accord de reconnaissance des frontières avec la Russie, ratification du traité de non-prolifération en 1992, participation aux forums de l’ Asean à partir de 1993.

Cependant elle reste intransigeante sur certains principes : la non-ingérence dans ses affaires intérieures et l’affirmation de sa souveraineté sur Taiwan (refus de toute indépendance et droit de recours à la force armée pour rétablir sa souveraineté sur l’île)

V – Une grande puissance au cœur de la mondialisation

A – La seconde puissance économique du monde

1) Une très forte croissance économique

Elle s’appuie sur des atouts nombreux : très vaste territoire, avec des milieux naturels très variés, grands fleuves de plus de 5000 Km de long (cf le Yangzi une grande artère navigable), ressources naturelles et énergétiques abondantes (charbon, mais aussi du pétrole et du gaz, même si pétrole insuffisant), terres cultivables, main d’œuvre abondante (et à bon marché pour les entreprises étrangères jusqu’à il y a peu), marché de consommation en expansion. Population nombreuse (594 millions en 1953, 1,5 milliards aujourd’hui), mais cherche à freiner croissance démographique.

  1. L’accent est d’abord mis sur l’industrie (43% du PIB en 2007). On a qualifié la Chine d’atelier du monde. L’industrie est exportatrice (produits métallurgiques, textile, équipements électriques, électronique).
  2. La Chine a fait le choix de s’inscrire dans la mondialisation, d’attirer les investissements étrangers (ils viennent principalement d’Asie – Corée, Japon, Taiwan, Singapour – et en second lieu d’Europe et des USA : les FTN investissent massivement en Chine, automobile, électronique, informatique…), avant de pouvoir à son tour développer ses technologies, produire pour son marché intérieur et investir à l’étranger, surtout en Asie. La Chine investit beaucoup dans l’éducation (800 000 ingénieurs par an) et la formation notamment scientifique et le progrès technologique.

Cependant, les enjeux environnementaux se posent avec acuité. La Chine utilise surtout le charbon comme source d’énergie. Les espaces industriels et urbains souffrent d’une pollution atmosphérique importante (centrales thermiques), les fleuves et l’eau sont pollués (rejets de produits toxiques). La Chine premier émetteur mondial d’oxyde de carbone. Il y a des lois de protection de l’environnement mais peu appliquées, et dans les conférences internationales sur le climat la Chine refuse toute contrainte au nom de sa souveraineté.

Dans la course à la modernité, le patrimoine culturel (par exemple quartiers anciens des grandes villes) est aussi mis à mal et des paysans sont chassés de leurs terres à cause de grands projets immobiliers ou de barrages (Trois Gorges)

2) Des contrastes spatiaux et sociaux très accentués

L’urbanisation est accélérée : aujourd’hui presque la moitié de la population est urbaine alors que en 1980 90% était rurale. 8 villes de plus de 4M d’habitants dont 3 de plus de 10M (si on compte seulement la ville centre et pas toute la municipalité). Les grandes métropoles sont surtout côtières, et rayonnent sur un vaste espace. La plus attractive et la plus peuplée est Shanghai, qui est aussi une vitrine de la modernité chinoise et a l’objectif de devenir une métropole internationale, rivalisant avec les autres métropoles asiatiques. On a aussi quelques grandes villes à l’intérieur : Chongqing est une ville de 4 millions d’habitants mais son aire urbaine est de 31 millions (peut être la plus grande du monde!)

La pauvreté des campagnes et les opportunités d’emploi en ville provoquent un exode rural très important depuis les années 1990. Mais la liberté de déplacement est restreinte par la nécessite de disposer d’une autorisation de résidence (hukou) en vigueur depuis 1958. Ceux qui n’en disposent pas forment une catégorie de travailleurs sans aucun droit (pas accès à services de santé ou d’éducation publics), ils travaillent notamment dans les grands chantiers de construction ou dans les petits métiers urbains (restaurants…), sont logés dans des dortoirs, des usines désaffectées.

Le contraste entre la Chine intérieure et la Chine littorale est très marqué, la stratégie économique entraîne un phénomène de littoralisation des activités car la Chine littorale est l’interface avec le monde extérieur. La Chine littorale rassemble la population la plus dense et la plus urbanisée ainsi que les principales métropoles et c’est la partie la plus riche, la plus développée et la plus moderne de la Chine.

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  1. Shanghai la plus grande ville chinoise, le premier port mondial en tonnage depuis 2005 (devant Rotterdam et Singapour). Un important aéroport. Tentative de développer les régions de l’ouest très peu peuplées en y faisant venir des populations chinoises (han) pour exploiter les ressources (minières, énergétiques) et contrer les revendications des minorités nationales.
  2. Contrastes nord sud. Le nord (ancienne région industrialisée) est actuellement en crise (fermeture et restructuration des grandes entreprises étatisées à l’époque maoïste) alors que le sud est davantage dynamique et lié à l’économie mondiale
  3. Contrastes sociaux Si la croissance économique permet une hausse du niveau de vie moyen, il y a de grandes inégalités, entre villes et campagnes (sauf les campagnes proches des métropoles qui sont entraînées dans leur dynamisme et produisent pour les marchés urbains), entre les populations des régions littorales et celles de l’ouest du pays, entre salariés bien payés, cadres, « nouveaux riches », et ouvriers.

B – La Chine en Asie et dans le monde 

1) Le rôle croissant de la Chine en Asie orientale.

La Chine occupe une place stratégique, avec sa façade maritime au cœur des routes commerciales. Cet espace autour de la Mer de Chine connaît une forte intégration économique, d’abord avec le rôle dynamisateur du Japon, aujourd’hui de la Chine. La Chine a des revendications territoriales sur Taïwan et des îles de la mer de Chine qu’elle veut récupérer car cela étendrait beaucoup sa ZEE (zone économique exclusive) avec des ressources en pétrole.

La Chine a noué des relations commerciales et financières intenses avec les pays de cet espace asiatique : plusieurs pays asiatiques investissent en Chine (Taiwan, japon, Corée du sud, Singapour) et la Chine investit et implante ses entreprises dans les pays moins développés. Elle bénéficie aussi de son lien avec les populations d’origine chinoise qui sont nombreuses en Asie (Indonésie, Singapour…) que le gouvernement chinois incite à investir en Chine.

Mais son influence connaît certaines limites : elle a signé des accords de coopération avec l’ASEAN mais n’en fait pas partie. La concurrence est aussi politique : ainsi en est il d’un contentieux historique avec le Japon ou d’un conflit territorial avec l’Inde, autre puissance émergente asiatique.

2) La Chine dans le monde

La Chine conquiert des marchés (les produits chinois sont largement vendus en Afrique, en Europe) et investit à l’étranger, surtout dans les pays en développement, notamment en Afrique où la présence chinoise est un fait nouveau (chantiers de construction, barrages, pétrole). Ces marchés sont parfois complétés par du land grabbing :

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La Chine cherche enfin à donner d’elle même une « bonne » image, par exemple en organisant les Jeux Olympiques en 2008

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Elle a aussi organisé une exposition universelle en 2010, en développant le tourisme, en fondant des instituts culturels : plus de 700 instituts Confucius (enseignement de la langue, promotion de la Chine) alors qu’il n’y en avait seulement 80 en 2004. Ce qui ne va pas parfois sans contestations :

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Conclusion

En 1949, après plusieurs décennies de guerres et de troubles internes, est proclamée la République populaire de Chine qui est sous l’autorité du parti unique, le Parti communiste chinois, et de Mao Zedong. A partir de 1958, Mao impose de nouvelles directions au communisme chinois, qui sont profondément remises en cause après la mort en 1976. La libéralisation de l’économie favorise la croissance économique mais ne s’accompagne pas d’une libéralisation politique.

La puissance chinoise effraye aujourd’hui : pour preuve les titres d’ouvrages récents parus sur ce sujet en France : La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? (2005), Quand la Chine veut vaincre (2007), Le Vampire du Milieu (2010), L’arrogance chinoise (2011), La visée hégémonique de la Chine (2011)

Elle est accusée d’être un paradis pour la contrefaçon et de la corruption, d’être un concurrent déloyal et d’être à l’origine de la désindustrialisation des pays développés, qui pourtant à bien d’autres causes. On la soupçonne de vouloir bâtir un duopole avec les Etats-Unis, voire de préparer son hégémonie.

Si le monopole de l’Occident est incontestablement terminé, il ne faut pas négliger certaines faiblesses de la nouvelle puissance asiatique :
• son vieillissement : la Chine risque d’être vieille avant d’être riche. Le problème des retraites est épineux (moins d’ 1/4 des ruraux et des mingongs sont couverts contre 90%des citadins)
• la contestation sociale qui se développe et risque de s’amplifier avec les difficultééconomiques (ralentissement de la croissance à 7,5% en 2012) ; le pays n’est pas à l’abri de nouvelles phases d’instabilité. La Chine est devenue un des pays les plus inégalitaires du monde (son indice de Gini est de 47, presque autant qu’au Brésil). Les chiffres officiels font état de 200 000 « incidents de masse » (émeutes) en 2010 ayantfait  dizaines de morts !

• La situation de certaines minorités, qui sont les plus pauvres du pays (Hui, Oui- ghours, Tibétains) recèle un fort potentiel de contestation (émeutes de Lhassa en 2008, d’Urumqi en 2009)

• son soft power est encore très modeste : son modèle politico-économique (le consen- sus de Pékin), soit un État-parti autoritaire et une économie libérale, n’est pas expor- table et peut-être pas viable en période de crise du monde développé. Le laogaï existe toujours et les exécutions capitales sont très courantes (4 000 en 2011 ?).

• Sa croissance a un fort impact en terme de dégradation de l’environnement : consommation d’énergie trop élevée (son industrie consomme, pour les mêmes fabri- cations, 50% de plus qu’en Europe) elle est le 1er émetteur de GES, la pollution et la gestion de l’eau son calamiteux, pollution de l’air très grave, la déforestation se poursuit et la gestion des déchets anarchique.

Xi Jinping, nouveau secrétaire général du PCC en novembre 2012, et la nouvelle équipe qui va succéder à Hu Jintao et Wen Jiabao (Premier ministre jusqu’en 2013) auront donc fort à faire.

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