Comment nourrir 9 milliards d’hommes en 2050 ?

La question de l’alimentation des hommes ne se pose pas de façon uniforme. Car à travers le monde, nos modes de production et de consommation sont différents.

I – Étude de cas : Nourrir les hommes en Asie orientale (Chine/Japon)

A – Assurer la sécurité alimentaire du Japon

Une production très variée, mais des contraintes forte

Doc 1 : extrait du Gourmet solitaire (manga – 8 pages)manga p 98 manga p 99 manga p 100 manga p 101 manga p 102 manga p 103 manga p 104

=> Description de l’alimentation disponible.

  • Répartition : céréales, légumes, fruits, place du poisson et des produits de la mer en général
  • Choix très varié (même le héros ne connaît pas toutes les spécialités)

=> accès à l’alimentation ne pose pas de problème, (100 y ≈ 1 euro) quand on sait que 25 % de la population mondiale vit avec moins de 1 euro par jour.

=> Alimentation riche, variée et abondante en produits de la mer. Contrairement aux autres pays du Nord (Etats Unis, Europe, Australie) les japonais ne sont en situation de suralimentation (3 300 kca/ hab./ jour, alors que 2 500 kca/ hab./ jour suffisent pour un individu moyen – ce qui est le cas au Japon) du fait de cette grande consommation de poisson et de légumes, alors qu’ailleurs, une alimentation riche en viande et lipides pose des problèmes liés au surpoids plus particulièrement dans la population la plus pauvre.

Doc 2 : principales productions agricoles du Japon

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Si niveau de développement est important au Japon, en revanche, les contraintes sont très importantes (rares plaines occupées par toutes les activités (industrie, ZIP, urbanisation).

2 – Un pays inscrit dans des circuits commerciaux mondiaux

=> Le système de production varie selon ces contraintes naturelles (sols fertiles, climat) avec une spécialisation des lieux de production

=> Pour autant, la production locale est insuffisante (on dit que le Japon est contraint à l’ouverture) et les importations sont grandes

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Doc 3 : Les principaux produits agricoles importés et leur provenance

La sécurité alimentaire du Japon est donc assurée, même si la production locale est insuffisante. Le Japon, gros consommateur de nourriture concentre de fortes densités de population. Situés au cœur des circuits économiques mondiaux, les japonais accèdent facilement aux ressources. Ils peuvent donc importer une partie de leur nourriture (importations dont le financement est assuré par la part exceptionnelle du commerce et des exportations de produits manufacturés). La disponibilité alimentaire dépasse la moyenne mondiale (2 500 Kca/ hab./ jour).

Pour mémoire, ce qui se passe avec la nourriture se passe aussi avec les matières premières et l’énergie.

B – Comment relever le défi alimentaire en Chine ?

  1. Une pression démographique plus forte

Pays à l’agriculture traditionnellement prospère, la Chine a très tôt pu développer une population rurale dense et des agglomérations importantes.

La population connaît une très forte croissance démographique depuis 100 ans. Comme une grande partie des pays du monde, la Chine est en effet entrée dans la phase de transition démographique.

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Doc 4 : le modèle de transition démographique

=> Aujourd’hui, l’accroissement naturel est plus faible et la population vieillissante. (Volonté de contrôle des naissances, politique de l’enfant unique, par ex, mais pas seulement). Cependant, la population chinoise représente malgré tout 18 % de la population mondiale et continue d’augmenter, même si l’indice de fécondité est passé de 7,57 enfants par femme en 1962 à 1,33 aujourd’hui)

2- Faire face aux besoins alimentaires.

=> Cette situation entraîne l’augmentation des besoins en nourriture, en particulier dans les zones les plus pauvres en forte croissance démographique (il n’y a pas de politique appliquée de restriction des naissances à l’ouest de la Chine) et dans les villes (+18 millions de migrants vers les villes chaque année).

=> La croissance de la production agricole a été plus forte que celle de la population, globalement Pourtant le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation ne cesse d’augmenter depuis les vingt dernières années. Ce paradoxe est lié à de grosses inégalités dans l’accès aux filières de distribution de la nourriture et dans sa répartition.

C – La Chine et le Japon face aux défis agricoles du développement durable.

1 – Agriculture intensive en Chine
Doc. 8 Agriculture intensive et sécurité alimentaire

L’agriculture produit suffisamment pour nourrir la plus grande partie de la population et ce, avec une alimentation d’un bon niveau calorique et une part de viande satisfaisante. Pour donner un ordre de grandeur, précisons que si les Chinois ne consomment que 170 kg environ de céréales par tête et par an, ce qui est à peu près l’équivalent de l’Inde, ils mangent plus de 50 kg de viande d’après les statistiques officielles, soit dix fois plus que les Indiens. C’est là le signe d’une transition du régime alimentaire. Plus la Chine se développera, plus la consommation directe de céréales, blé et riz, déclinera au profit de la viande [et des matières grasses]. […]

S’il n’y avait pas eu la Révolution verte, avec l’irrigation qui a commencé en Chine du nord dans les années 1970, les engrais chimiques, les variétés naines de blé et de riz dans les années 1970 et, aujourd’hui les variétés hybrides, jamais la Chine n’aurait pu connaître ces hauts niveaux de production qui permettent d’approvisionner sa population.

Aubert, Entre fractures et mutation, quelle place pour la Chine rurale ? Cafés débats de Marciac, avril 2005

=> Transition du régime alimentaire en cours ou achevée dans les zones les plus riches

=> avec le développement, la population de Chine se rapproche d’un mode de consommation occidental

=> Ceci est dû à la modernisation née de la révolution verte (engrais, pesticides, irrigation, augmentation de la SAU, création de larges openfields etc.)

Cette agriculture s’intègre à la filière agroalimentaire :

  • les industries chimiques fournissent les agriculteurs (engrais, produits phytosanitaires), les industries mécaniques, des engins agricoles modernes, les laboratoires de recherche, des graines et semences performantes ;
  • les entreprises agricoles, fortement mécanisées, fonctionnent avec très peu de main-d’œuvre (d’où aussi les 18 millions de chinois dans l’exode rural tous les ans). De plus, elles utilisent massivement l’irrigation pour améliorer leurs rendements. La productivité de ces entreprises est très forte (rapport entre la production et les moyens mis en œuvre pour l’obtenir), de même que les rendements agricoles ;
  • la production est destinée en majorité à l’industrie agroalimentaire qui transforme les produits agricoles en produits consommables et fournit le circuit de distribution. Mais elle est aussi exportée.

Mais beaucoup de problèmes subsistent. Car en misant sur l’agriculture commerciale, la Chine a partiellement négligé l’agriculture vivrière qui nourrit pourtant la population. De plus, les exportations agricoles dépendent des cours des marchés internationaux et peuvent être concurrencées par l’agriculture subventionnée des pays riches.

2 – Le Japon fait le choix de la modernité
http://www.youtube.com/watch?v=fJkeRQfOmYw
Doc 9 vidéo fermes verticales au Japon

=> les objectifs

  • une solution possible aux problèmes du japon et au delà de faim dans le monde, tout en créant des emplois locaux et en fournissant des produits frais à la population locale.
  • une solution pour répondre au manque de terres cultivables (car la ferme verticale est généralement imaginée comme étant construite dans un tissu urbain). Cela pourrait réduire la déforestation, la désertification et plus généralement la dégradation des sols
  • un moyen de recycler en boucle courte et locale certains déchets organiques solides
  • un moyen de diminuer l’empreinte écologique d’un quartier (ou éco-quartier) en le rendant pour partie autarcique pour l’alimentation, et en diminuant les besoins en transports routier ou ferroviaire. En réduisant aussi les importations
  • une contribution à l’amélioration de la qualité de l’air urbain (pompe à CO2, production d’oxygène natif par les plantes cultivées.. )
  • une diminution des contributions de l’agriculture aux changements climatiques (permis par de moindres émissions de carbone, voire par une absence totale d’utilisation de combustibles fossiles, dans les projets les plus poussés). Les besoins en réfrigération pourraient aussi être fortement diminués par des boucles courtes (du producteur au consommateur). Le labour, les modes lourds de plantation et de récolte par des machines dépendantes des combustibles fossiles serait éliminé.
  • une agriculture bio et de proximité
  • un moyen de diminuer les consommations d’eau par l’agriculture 

=> Ce type d’agriculture nécessite beaucoup d’investissements. Or seul des pays riches peuvent y avoir recours. C’est donc une expérience pertinente pour le Japon par exemple, mais pas vraiment partageable.

II – Mise en perspective : Peut on nourrir toute la planète ?

Il y a environ 7,3 milliards d’hommes sur la planète. En 2050, il y en aura surement 9 milliards. Chaque année, il y a 80 millions d’habitants en plus sur la Terre. Cette population nombreuse doit faire face à trois défis

– Le 1er est celui de l’autosuffisance alimentaire, car plus de 850 millions de personnes souffrent de la faim.

– Le 2ème défi est de réconcilier les citoyens avec une alimentation dont ils se méfient.

– Le 3ème est celui d’augmenter la production tout en appliquant le développement durable

A – Faire face au défi alimentaire

1 – Accès à l’alimentation

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=> comparaison de deux photographies la consommation et le budget alimentaire de deux familles, l’une en Equateur, l’autre en Angleterre témoigne des nombreuses inégalités qui sont établies à l’échelle mondiale.

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2 – la transition alimentaire

Face aux besoins alimentaires, tous les pays se sont lancés dans l’augmentation de la production alimentaire autant pour les pays pauvres que les pays riches. En intensifiant la production grâce à des variétés de céréales à hauts rendements, les pays du Tiers Monde peuvent accroître leurs rendements agricoles face à l’augmentation rapide de leur population. L’Inde, la Colombie et le Viet Nam se sont lancés dans ce modèle de développement agricole. Ils ont défrichés les forêts. Ils ont utilisés des engrais, des pesticides et des variétés à haut rendement.

Aujourd’hui, des inégalités persistent, mais on peut observer que bien des pays sont entrés dans une phase de transition alimentaire

Nota : Transition alimentaire : processus de modification des régimes alimentaires où les calories d’origine animale remplacent dans des proportions croissantes les calories d’origine végétale.

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3 – Les formes de la malnutrition

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B – Assurer la sécurité alimentaire

1 – Des formes variées d’agriculture

La prédominance de l’agriculture productiviste/Des pays en transition (=la révolution verte) Les difficultés des agricultures vivrières.

Les pays du nord ont connus une très forte hausse de la productivité et des rendements en raison d’investissements massifs. Ces agricultures du Nord sont hautement subventionnées par les états(Europe: La PAC, Etats-Unis: Les Farm Bills). Un agriculteur du bassin parisien nourrit 300 personnes. Les campagnes ont perdu la majorité de leurs habitants en raison de la mécanisation. Mais cette agriculture connait aussi des problèmes. Elle a atteint l’autosuffisance et elle est tombée dans la surproduction. Les stocks s’accumulent, on doit verser des subventions à l’exportation. Et les Européens sont obligés de modifier la PAC, et de baisser les prix.

Dans les pays du sud, où la population augmente, le défi n° 1 est de se nourrir. La majorité de la production est consommée sur place et les rares excédants servent à payer les importations, mais aussi les dettes. Au sud, la majorité de la population vit de l’agriculture.

Les pays du Sud sont totalement dépendants des cours qui fluctuent énormément. De plus il n’y a pas de plus value liée au produit fini (C’est à dire qu’ils ne transforment pas la matière première, et sont obligés de vendre au prix de la matière première. Ex: Le cacao est vendu tel quel, au lieu d’être transformé en tablette de chocolat.)

Avec la mondialisation et la diffusion du mode de vie occidental, on constate une uniformatisation des goûts et des productions. Les hommes, comme les animaux consomment un nombre réduit de céréales (le blé, le maïs, le riz etc…). On constate une augmentation des oléagineux (tout ce qui est huile et graisse). On assiste aussi à une augmentation de la consommation de viande, chaque pays produit en fonction de ses interdits. La pèche a pris une très grande extension et les écologistes dénoncent les ravages de la surpêche

2 – Des stratégies variées pour différentes temporalités

l’aide alimentaire/ l’importation/ l’acquisition de terres agricoles à l’étranger/

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C – La recherche de solutions

1 – De nouvelles formes de pratiques agricoles = OGM/durable

Pour de nombreux observateurs, la réponse à ces crises est à chercher dans une agriculture respectueuse de la nature. En plus du BIO, d’autres initiatives apparaissent. Les altermondialistes ont lancé avec succès des campagnes contre les OGM et la malbouffe industrielle. Des agriculteurs livrent régulièrement les consommateurs pour réduire les intermédiaires. L’Union Européenne impose des critères écologiques aux agriculteurs. Il existe un découplage entre la production et la subvention pour promouvoir une agriculture environnementale.

2 – De nouveaux modes de consommation.

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synthèse nourrir les hommes (pdf)

Pour aller plus loin dans la réflexion…

I – Tous les agriculteurs ne produisent pas de la même façon

En fonction de la zone géographique, du niveau de richesse et de développement de leur pays, les productions agricoles divergent.

A – Des productions adaptées aux climats

La diversité de production à travers la planète s’explique d’abord par la différence des climats en fonction des zones géographiques. On ne cultive pas les mêmes choses (et pas avec la même facilité) si l’on est dans un pays à climat tempéré ou dans un pays à climat tropical. Les pays à climat tempéré, comme la France, bénéficient de conditions privilégiées pour l’agriculture (pluies régulières, ensoleillement) qui permettent une grande diversité de cultures. Les pays à climat tropical (Indonésie, bassin d’Amazone, Congo…) aux conditions plus rudes (pas de précipitations pendant des mois avec un ensoleillement très important pendant la saison sèche) n’ont pas les mêmes possibilités et diversités de cultures. Elles se limitent à une culture des légumineuses (pois, haricots, lentilles, arachide, soja…), de tubercules (pommes de terre, igname, tapioca, manioc…) et les racines (carottes, radis, rutabaga, salsifis…).

 B – Un accès inégal aux technologies
1 – Tous les agriculteurs ne sont pas équipés de la même façon pour produire des ressources, d’où un rendement différent.

Depuis la Révolution Industrielle, l’écart de productivité s’est accru. Au 19e siècle, l’écart entre un agriculteur français et un agriculteur du Burkina Faso était compris entre 1 et 10. Aujourd’hui, il est de 1 à 500, voire 1 000. Cela s’explique par l’inégalité de l’accès aux technologies (mécanisation, chimie). Ainsi, quand un paysan français produit 8 tonnes de céréales à l’hectare, un paysan africain n’en produit que 2.

2 – Des aides financières qui creusent les inégalités

Les agriculteurs des pays industrialisés bénéficient d’aides de leur gouvernement (par exemple, les agriculteurs français bénéficient de l’aide de la PAC (Politique Agricole Commune) distribuée par la Commission Européenne). Or les producteurs des pays du Sud ne bénéficient d’aucune aide pour soutenir leur investissement et compenser les pertes des récoltes. C’est même parfois le cas contraire qui se passe. Certains pays favorisent les cultures d’exportation (destinées à être vendues sur les marchés mondiaux) aux cultures vivrières (destinées à nourrir la population). Cela s’explique par des intérêts économiques et commerciaux, l’exportation étant plus rentable.

Le cours mondial des céréales étant déterminé par le prix de revient le plus bas, les récoltes des agriculteurs des pays pauvres vendues sur les marchés mondiaux se retrouvent donc en concurrence avec celles des agriculteurs des pays riches, bénéficiant des avancées techniques et technologiques et de subventions financières. Ainsi, souvent, le coût de production des agriculteurs des pays pauvres qui vendent leur récolte sur les marchés mondiaux est supérieur au prix de vente ; leur récolte n’est pas rentable et ne leur permet pas de vivre et de s’alimenter correctement.

II – Tous les hommes n’ont pas accès aux mêmes aliments

A- Différences d’alimentation

Aujourd’hui, la Terre compte 7 milliards d’individus, dont 1 milliard souffrent de la faim. L’accès à la nourriture est inégal et se nourrir est un problème bien différent selon le pays dans lequel on se trouve. Alors que les nutritionnistes recommandent de consommer 2 600 kcal/jour, les habitants des pays industrialisés consomment autour de 3 380 kcal/jour, alors que ceux de l’Afrique subsaharienne absorbent autour de 2 195 kcal/jour. (source : Nourrir l’humanité, Bruno Parmentier).

> Aller sur le site de la FAO pour connaître les apports énergétiques journaliers moyens de chaque pays.

Si la différence est notable au niveau quantitatif, elle l’est aussi au niveau qualitatif. En effet, les habitants des pays riches ont un régime alimentaire plus diversifié, riche et équilibré que les pays pauvres. Notre régime alimentaire est beaucoup plus diversifié et nous avons à notre disposition des denrées indispensables à notre organisme qui sont parfois difficiles à trouver dans les pays pauvres (viandes, laitages, sucres…). En effet, l’alimentation d’un américain est composée à 20 % de produits d’origine animale (viandes, laitage), alors que pour un habitant d’un pays d’Afrique noire, l’alimentation est en grande partie constituée de racines et de tubercules (manioc, patates douces…) très peu nutritives, et de céréales, les protéines animales étant quasi-inexistantes. Cela se ressent sur l’espérance de vie. En effet, elle est de 79,9 ans pour un américain du nord, alors qu’elle est de 55,4 ans pour un africain. Même si une alimentation équilibrée n’est pas le seul facteur pour une espérance de vie élevée, elle y participe fortement.

B – Pourquoi une telle différence d’alimentation ?

Ces différences sont principalement engendrées par les inégalités de revenus des populations. En effet, les protéines animales sont les plus coûteuses à produire car il faut nourrir les animaux pendant plusieurs mois, voire plusieurs années avant de pouvoir bénéficier de leur viande. Par exemple, un végétarien consomme environ 200 kg de céréales par an et un carnivore en consomme l’équivalent de 800 kg (en comptant toutes les céréales qui ont nourri les animaux). Cela coûte donc plus cher d’avoir un régime alimentaire diversifié que de ne manger que des céréales, qui sont plus abondantes et plus rapidement consommables.

C – À alimentations différentes, conséquences sanitaires différentes

On ne mange pas de la même façon en fonction de la zone géographique et de la richesse du pays dans lequel on se trouve. Cela a des conséquences différentes selon ces régions. Aujourd’hui, si plus d’un milliard de personnes souffrent de sous-alimentation et de malnutrition dans les pays pauvres, on recense dans les pays riches plus d’un milliard de personnes en surpoids et plus de 300 millions souffrant d’obésité. Cette maladie peut avoir plusieurs causes, dont un régime alimentaire riche en graisses et en sucres, l’absence d’exercice physique, le grignotage entre les repas. Les habitudes alimentaires sont très différentes d’un pays à l’autre. Par exemple, aux Etats-Unis, on mange en moyenne 5 fois par jour, contre 3 fois en Europe Ces habitudes changent très vite actuellement. Certaines populations, notamment des pays dits émergents comme le Brésil, accèdent à des produits très manufacturés (plus sucrés, plus gras que leur alimentation traditionnelle) et font désormais face au double fardeau de la malnutrition : l’obésité et la sous-alimentation.

D – Le paradoxe du XXIe siècle : des personnes qui ont faim malgré des ressources suffisantes

Alors que la mécanisation et l’arrivée de la chimie dans l’agriculture a permis d’augmenter les rendements agricoles au cours du XXe siècle, cela n’a pas réglé le problème des famines dans le monde. Le fait que certaines populations n’arrivent pas à manger à leur faim n’est pas dû à un manque de ressources, mais à une mauvaise répartition de celles-ci. Si les productions étaient également réparties entre tous les habitants, aujourd’hui, la planète aurait assez de ressources pour tous les nourrir. Selon Sylvie Brunel, géographe et économiste, « le problème de la faim est donc plus un problème de pauvreté et de répartition que de déficit de la production elle-même. En effet, si la production mondiale était également répartie, chaque être humain disposerait de 2 800 calories par personne et par jour, soit plus largement que ses besoins […], cela même en enlevant la part de la production qui va à l’alimentation animale, aux semences et celle qui est perdue, gaspillée ou abîmée que l’on estime à environ 20 ».

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