La Chine et le monde depuis 1949

Voir : Jean-Christophe Delmas, histoire-géographie LMA, 2012-2013

ATTENTION, après allègement des programmes par le CSE, la partie de restant au programme ne commence qu’en 1949. La première partie, importante, mais devenue hors programme est signalée en italiques.

La montée en puissance de la Chine depuis les années 1980 est marquée par une évolution originale, passant d’une situation de sous-développement économique et de mise sous tutelle politique à une position économique et politique de premier plan.

Trois étapes sur le « chemin de la puissance » peuvent être identifiées.

La première moitié du XXe siècle est placée sous le signe de la dépendance vis à vis des puissances étrangères et de guerre civile, mais cette situation, issue du XIXe siècle n’est plus acceptée par les Chinois.

1949 marque le début d’une nouvelle étape, caractérisée par la construction d’un État communiste totalitaire et par une quête de puissance, dont les résultats sont anéantis par les politiques désastreuses menées par Mao.

La mort de Mao, en 1976, ouvre un troisième chapitre dans l’histoire de la Chine au XXe siècle. En une trentaine d’années, elle acquiert un statut de puissance économique et financière de premier plan qui lui permet de prétendre à une plus grande influence politique sur la scène internationale.Rappels : de l’apogée à la domination étrangère

Au cours des siècles passés, la Chine a connu un niveau de développement comparable et même souvent supérieur à celui de l’Occident. Par exemple, sa part dans le PIB mondial a oscillé entre 1/4 et 1/3 du début de notre ère jusqu’au début du XIXe siècle. Elle a atteint l’apogée de sa puissance au cours du XVIIe siècle, sous la dynastie mandchoue des Qing, quand elle a acquis une vaste sphère d’influence en Asie centrale, en Asie du sud-est, en Corée. Cependant au cours du XVIIIe siècle, la rapide croissance de la population, la sclérose politique et sociale, le repli du pays sur lui-même ont nuit à son développement. La Chine n’a pas connu de révolution scientifique, industrielle, ni de modernisation de l’Etat et de son armée. Les occidentaux, et en particulier les Anglais, qui réclamaient une plus grande ouverture de la Chine à leur commerce, et à leur opium, intervinrent brutalement lors des guerres de l’opium (en 1842 puis à nouveau en 1858-1860) et obtinrent des traités très favorables, les « traités inégaux » qui perdurèrent jusqu’en 1943 : la Chine ouvrait des ports, appliquait des tarifs douaniers modérés, reconnaissait un statut d’extraterritorialité à certaines concessions, placées sous l’autorité de consuls étrangers, et cédait certains territoires à bail (Hong-Kong) La défaite face au Japon, en 1895, qui s’emparait de la Corée, de Formose et d’autres territoires chinois était vécue comme une terrible humiliation et l’annonce de la « ruée » des étrangers pour dépecer le pays (« breakup of China » – dislocation – en Chinois « partage du melon ») : Allemands, Français, Anglais, Russes, s’emparaient de portions de l’empire, se faisaient concéder la construction de chemins de fers, l’exploitation de mines, le prélèvement des impôts.

Le gouvernement impérial était cependant très affaibli et en 1911 une rébellion militaire déclencha un mouvement de sécession des provinces et à la proclamation, par Sun Yat-sen d’un gouvernement provisoire républicain. Le dernier empereur, Puyi, abdiqua.Cependant, Sun Yat-sen n’avait pas de soutien populaire et du céder le pouvoir au général Yuan Shikai qui, soutenu par les occidentaux, établit un pouvoir dictatorial et essaya de restaurer l’empire à son profit avant de mourir en 1916.

La Chine est entrée en guerre du côté des Alliés en 1917, en espérant récupérer le Shandong allemand. Au cours de la conférence de la paix de 1919, à Paris, les vainqueurs donnent pourtant satisfaction aux Japonais, et le gouvernement chinois, dominé par des seigneurs pro- japonais, laisse faire, en échange d’un prêt nippon.Cela provoque une manifestation de protestation à Pékin le 4 mai 1919 ; 3 000 étudiants se réunissent devant la porte Tian’anmen et manifestent dans la ville. La répression gouvernementale fait un mort et 32 arrestations. L’opposition réplique par des grèves à Pékin et Shanghai, le boycott des produits japonais. Après l’arrestation de Chen Duxiu les grèves se généralisent et concernent maintenant les étudiants mais aussi les ouvriers des grandes villes et la bourgeoisie commerçante et industrielle nationaliste.

Ainsi est né le mouvement du 4 mai 1919 qui est un mouvement idéologique et politique nationaliste exigeant l’établissement d’une Chine nouvelle sur des valeurs nouvelles, modernes : les principaux slogans sont « refusons de signer les traités » et « À bas Confucius et compagnie »

Ce mouvement obtient la démission du gouvernement, le refus de la Chine de signer le traité de Versailles le 28 juin 1919. En 1922 le Japon restituera le Shandong sous pression des États-Unis. Le mouvement du 4 mai 1919 est donc un tournant important. Cette année est considérée par les historiens chinois comme celle du passage de la période moderne à l’époque contemporaine.
Sun Yat-sen fonde une nouvelle fois son parti, le Guomindang, le 8 juillet 1920. Son programme repose sur 3 principes :

◦ Le nationalisme
◦ La démocratie : une démocratie présidentielle de type américain est l’objectif à atteindre, mais pour cela il faudra passer par une phase de dictature militaire et de parti unique
◦ Le bien-être du peuple (une sorte de socialisme accompagné de plans de développe- ment industriel grandioses)

Les animateurs du mouvement du 4 mai (Chen Duxiu) sont en contact avec le Komintern et fondent en juillet 1921 le parti communiste chinois (PCC), dans la concession française de Shanghai ; ils lancent parallèlement un syndicat révolutionnaire. Moscou ayant choisi une tactique de coopération des mouvements nationalistes bourgeois et des partis communistes dans les pays colonisés ou dominés, le PCC et le Guomindang s’unissent en 1923. Les forces sont déséquilibrées : quelques centaines de communistes face à 50 000 nationalistes. L’URSS aide Sun Yat-sen à créer une académie militaire qui va être dirigée par un jeune officier passé par un stage à Moscou, Jiang Jieshi, secondé par un communistes, Zhou Enlai. Sun Yat-sen meurt le 12 mars 1925, et après sa disparition, le Guomindang est divisé entre une gauche assez proche des communistes et une droite favorable à la lutte nationaliste sans révolution.

En 1926, Jiang Jieshi qui devient l’homme fort du parti nationaliste, s’écarte des communistes et lance une campagne militaire victorieuse contre les seigneurs de la guerre du nord. Le R-U est tellement impressionnée qu’elle rend sa concession de Wu- han, c’est une première depuis les Traités inégaux. Mais le but des nationalistes est Shanghai où les communistes organisent des grèves insurrectionnelles pour s’emparer de la ville avant l’arrive des troupes de Jiang Jieshi. Lorsqu’il entre dans la ville, il rassure les étrangers, les entrepreneurs, se rapproche de la pègre (la « bande verte ») et fait éliminer des milliers de communistes le 12 avril 1927 (5 000 morts) et rompt avec l’URSS ; simultanément le mouvement révolutionnaire qui s’était développé dans les campagnes est lui aussi écrasé.

Jiang Jieshi qui a établi son gouvernement à Nankin, opère un retour en arrière conservateur qui stoppe le processus de modernisation. Il s’est tourné vers les forces du passé, en tournant le dos à l’héritage du mouvement du 4 mai. Il devient un seigneur de la guerre plus puissant que les autres qui proclame la fin de la guerre civile le 10 octobre 1928, dont l’armée, la police politique, les factions ultra- nationalistes ( » chemises bleues  » qui s’inspirent de Mussolini) contrôlent les provinces du bas Yangzi.

Le Guomindang, épuré des communistes et de ses membres de gauche, devient un parti de militaires, de policiers et de fonctionnaires soucieux de leur carrière.
Les paysans sont frappés par une fiscalité arbitraire, une crise agricole (baisse des prix, hausse du taux de l’usure) et la famine. Le parti n’est pas du tout implanté dans les campagnes qui restent dominées par les notables traditionnels.

Dans la réalité, la guerre civile se poursuit, avec des trêves, les provinces périphériques sont indépendantes (Tibet) ou sous l’orbite des puissances voisines (URSS, Japon).

Les premières insurrections urbaines des communistes (1927) sont des échecs et ils se retirent dans des territoires de l’intérieur (République soviétique du Jiangxi fondée en 1931 par Mao Zedong dans le sud-est du pays). L’Armée rouge, organisée par Mao et le général Lin Biao, compte 200 000 soldats et résiste par la guérilla aux « campagnes d’anéantissement » lancées chaque année par le Guomindang.

Cependant, en 1934, la 5e campagne d’anéantissement est plus efficace et oblige les communistes à abandonner le Jiangxi pour fuir vers l’intérieur du pays puis le nord. C’est l’épisode de la Longue Marche (1934-1935), un parcours héroïque de 12 000 km, qui permet à Mao de prendre la tête incontestée du mouvement communiste. A partir de 1935 depuis leur bastion reculé de Yan’an, les communistes vont s’engager dans la lutte contre le Japon pour se doter d’une légitimité nationale.
En aout 1935, le 7e congrès du Komintern engage tous les partis communistes à s’allier aux partis bourgeois pour lutter contre le fascisme. Le Kremlin veut une Chine assez forte pour contenir le Japon et mise sur Jiang Jieshi pour cette tâche. Après que celui-ci ait été séquestré par des membres de son entourage favorable à un front chinois uni contre les Japonais, il suspend la guerre contre les communistes (compromis de Xi’an) et ceux-ci sont intégrés au sein de l’armée du Guomindang.

Le 7 juillet 1937, un incident au pont Marco Polo, près de Pékin, oppose des militaires japonais et chinois. Pendant l’été 1937 la guerre gagne toutes les régions littorales de la Chine.
L’armée japonaise était numériquement inférieure (800 000 h face à 2 à 3 millions de Chinois) mais motorisée et dotée d’une force aérienne. En conséquence elle conquit rapidement les grandes villes : Pékin, Shanghai et Nankin, la capitale, où furent commis d’immenses massacres (de 100 000 à 200 000 civils et soldats désarmés) accompagnés de viols et de pillages.
Le pays était dorénavant divisé en trois zones :
◦ La Chine occupée à l’est (la Chine utile) avec des gouvernements collaborateurs séduits par le discours pan-asiatique des Japonais. En fait cette partie du pays est exploitée par les Japonais dans le cadre de leur « sphère de coprospérité ».
◦ La Chine libre au sud-ouest. Le gouvernement de Jiang s’est réfugié à Chongqing, et pratique une stratégie attentiste tout en percevant une aide américaine. La corrup- tion est généralisée et touche l’entourage de Jiang, alors que les paysans sont frappés de taxes et de corvées et la famine (2 à 3 millions de morts). L’armée est mal com- mandée, ravitaillée et soignée et alors que 16 millions de conscrits sont recrutés, les pertes sont de 4 millions et les désertions de 8 millions.
◦ La Chine rouge : le nord, autour de Yan’an. Mao lutte contre les Japonais et mène aussi un combat politique en éliminant ses concurrents, en diffusant sa pensée, une sinisation du marxisme prônant une révolution paysanne en satisfaisant des revendications comme la diminution des fermages et des impôts, et une réforme agraire.


Les communistes élargissent leurs bases à partir de 1943 en profitant du recul japonais. En 1945 ils contrôlent un territoire peuplé de 100 millions d’habitants, ont une force armée de plusieurs millions d’hommes. Les États-Unis, inquiétés par le risque communiste, veulent préparer un gouvernement d’union après la victoire et font figurer la question chinoise à toutes les conférences interalliées : en 1943, aux conférences du Caire et de Téhéran, Jiang reçoit une aide américaine importante et obtient une place pour la Chine au conseil de sécurité dans la future ONU. À Yalta, Staline promet d’entrer en guerre contre le Japon 3 mois après la capitulation du Reich et reconnait le gouvernement de Jiang comme seul interlocuteur.

Au surlendemain du bombardement d’Hiroshima, le 8 aout 1945, l’Armée rouge soviétique entrait en Mandchourie. Mao et Jiang se rencontraient et convenaient de fusionner leurs armées. Les Américains transportaient les troupes du Guomindang par avion sur le littoral où les troupes japonaises capitulaient à partir du 15 août 1945. Les Etats-Unis voulaient un compromis entre les deux parties tout en favorisant les nationalistes. Cependant Jiang se croyait capable d’écraser les communistes avec une nouvelle armée moderne.

En 1946-1947 c’est le Guomindang qui remporte les premières batailles en Mandchou- rie. Toutefois Jiang manque totalement la récupération des régions reconquises : dans les régions reprises aux communistes, le retour des grands propriétaires s’accompagne de violences qui rapprochent les paysans de l’Armée populaire de libération. Mais À partir de l’automne 1947 l’APL (Armée populaire de libération) refoule le Guomindang. Au début de l’année 1949 la Chine du nord est conquise et le 1er octobre Mao proclame la République populaire de Chine sur la place Tian’anmen. Les communistes sont apparus comme les héritiers de ceux qui voulaient moderniser de la société chinoise en 1919, comme des patriotes et de meilleurs administrateurs, plus honnêtes que le Guomindang, favorables aux paysans en luttant contre l’usure et les abus. Jiang Jieshi, les restes de son armée et de ses partisans (2 millions de personnes) s’enfuient à Taïwan. C’est ce gouvernement de la République de Chine que les occidentaux reconnaissent comme le gouvernement légitime de la Chine et qui conserve le siège au conseil de sécurité jusqu’en 1971.

I La Chine communiste sous Mao : un État totalitaire à la puissance limitée (1949 – 1976)

A – La Chine adepte du modèle soviétique (1949-1957)

1 – La RPC, satellite de l’URSS

• Révolution et terreur rouge. En 1949, la chine ne produit plus que 75% du riz d’avant guerre et sa production industrielle n’est que de 55% de celle de 1936. La priorité du nouveau gouvernement est donc la reconstruction et la révolution :

En 1950 la famille patriarcale est abolie, les femmes gagnent l’égalité juridique

La terre des grands propriétaires est redistribuée à 300 millions de paysans (45% des terres changent de main)

La terreur rouge fait entre 4 et 6 millions de victimes. Les autorités locales doivent identifier au moins une famille d’ennemis du peuple par village. Le goulag chinois (laogai) est inauguré

• « Pencher d’un seul coté »
Mao choisit alors de « pencher d’un seul coté » (1949), c’est à dire de rejoindre le camp soviétique. En 1950 un traité d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle est signé.

L’URSS obtient des bases à Port-Arthur et Dalian.

En octobre 1950 la Chine envoie un million de « volontaires » secourir l’arméenord-coréenne en déroute devant l’intervention de l’ONU. Le général Mac Arthur propose de bombarder les grandes villes chinoises avec l’arme atomique mais il est révoqué par le président Truman en 1951.

A partir de 1953, alors que l’armistice de Pam Mun Jon met fin à la guerre de Corée, l’ancrage sur le modèle soviétique se confirme :
◦ des plans quinquennaux mis en place
◦ une constitution sur le modèle soviétique est adoptée
◦ la collectivisation des terres, qui tardait, est accélérée ◦ les entreprises industrielles sont nationalisées

2 – Un regain d’influence en Asie

Une Chine plus étendue
La République populaire reprend en grande partie le contrôle de l’espace de l’em- pire chinois :

Le Tibet, quasi indépendant depuis 1913, est envahi en 1950 ; la RPC impose unaccord qui le place sous souveraineté chinoise en 1951. Le dalaï-lama accepte de jouer un rôle officiel jusqu’en 1959, date à laquelle il s’enfuit en Inde.

L’URSS rend le Xinjiang à la Chine en 1949 et ses bases (Port-Arthur, Dalian) en1954.
En revanche la Chine, à la faible marine, ne peut s’emparer de Taiwan, soutenue par les Américains (traité de défense de 1954).

La RPC, ennemi des Etats-Unis et leader du tiers-monde.
Les USA qui organisent un embargo contre la Chine, deviennent alors les ennemis principaux ; ils sont dénoncés comme un « tigre de papier ». Toutefois, sur la scène internationale, la Chine apparaît à différentes occasions, grâce au rôle clé quelle joue pour soutenir les forces communistes dans les grandes crises asiatiques du début de la Guerre froide : guerre de Corée et guerre d’Indochine.

  • en 1953 elle figure à la table des négociations de l’armistice de Pam Mun Jon.
  • en 1954, son ministre des affaires étrangères, Zhou Enlai, est un des artisans des accords de Genève qui mettent fin à la guerre d’Indochine.
  • en 1955 la Chine, pourtant proche de l’URSS, participe à la conférence de Ban- dung qui rassemble les partisans de non-alignement. Elle se rapproche de l’Inde et apparaît comme un possible chef de file des peuples du tiers-monde luttant pour leur indépendance.

B – La rupture avec l’URSS et les politiques utopiques de Mao (1957 – 1976)

1 – La Chine s’éloigne puis rompt avec l’URSS

L’éloignement
En 1956 les dirigeants chinois accueillent mal les nouvelles qui leur viennent du XXe congrès du PCUS. Ils rejettent l’idée d’une coexistence pacifique comme celle d’une évolution pacifique vers le socialisme. D’autre part, le culte de la personnalité de Mao plus vigoureux que jamais entre en contradiction avec les idées nouvelles de Khroucht- chev.
Mao fait lui-même une critique du modèle soviétique et veut se doter de l’arme nucléaire.

La rupture
Le grand frère soviétique abroge son traité de coopération nucléaire avec la Chine, rappelle ses experts en 1960. La rupture est officielle en 1962 alors que des incidents de frontière éclatent au Kazakhstan. Lors de la crise de Cuba, Pékin critique Moscou d’abord pour son aventurisme et à l’issue de la crise pour sa capitulation.
La Chine affirme son indépendance en refusant de signer le traité de Moscou de 1963 qui met fin aux essais nucléaires atmosphériques et fait exploser sa première bombe A en 1964. Elle développe la théorie des Trois mondes qui régiraient l’ordre géopolitique mondial :

  • Les deux superpuissances à la recherche de l’hégémonie régionale : l’URSS et lesÉtats-Unis. Elles représentent une grave menace pour les autres. L’URSS est jugée la plus aggressive et la plus dangereuse.
  • Les autres pays développés : ils sont liés aux super-puissances par un rapport de dépendance, mais essayent de lutter contre elles.
  • Les pays en voie de développement et la Chine : ils ont des intérêts communs reposant sur la lutte contre l’hégémonie du premier monde.

2 – Les politiques utopiques désastreuses de Mao Zedong

Mao se dirige vers d’autres solutions que celles préconisées à Moscou et mène plu- sieurs expériences volontaristes successives :
« Cent Fleurs » et « Grand bond en avant » (1957- 1961)
En février 1957 il demande que les bons communistes dénoncent les « manda- rins rouges », responsables des injustices et des difficultés. C’est le « mouvement des Cent Fleurs » pendant lequel les intellectuels, les étudiants, les ouvriers s’en prennent au parti unique et qui vire parfois au troubles dans certaines provinces. L’impopularité du régime et de ses cadres surprend Mao et au mois de juin 1957 le parti dénonce les « fleurs vénéneuses » et met fin au mouvement. Deng Xiaoping, chef du secrétariat du parti conduit la répression : plus d’un million de Chinois sont sanctionnés, généralement exilés pour une vingtaine d’année au fin fond des campagnes.

En mai 1958 on lance officiellement le « Grand bond en avant ». On généralise les communes populaires, qui regroupent des villages. Ce sont à la fois des unités de production agricole et industrielle visant à l’autosuffisance, et le nouveau cadre ad- ministratif, politique, social et militaire du pays. Les paysans sont mobilisés pour des grands travaux, des hauts fourneaux de petite capacité sont construits dans chaque commune, les repas gratuits sont pris en commun et les paysannes jettent leurs cas- seroles pour fabriquer de l’acier qui se révèle inutilisable. La récolte 1958 est bonne, et on envisage le passage au communisme pour un avenir très proche.

Mais le « Grand bond en avant » tourne à la catastrophe car les paysans ne peuvent pas travailler à leurs récoltes qui pourrissent sur pied. Le parti n’ose critiquer Mao qui poursuit cette politique alors même que les responsables du parti se rendent compte du désastre et de l’effondrement de la production (200 millions de tonnes de céréales en 1958 → 148 en 1961) : entre 18 et 23 millions d’entre eux (pour 650 millions d’habitants) meurent de faim entre 1959 et 1961 (« les Trois années noires ») Liu Shaoqi, numéro 2 du régime, met fin à cette politique et remplace Mao à la présidence de la République et lance, avec Deng Xiaoping, une redistribution des terres collectives aux familles qui s’engagent à livrer une partie de la récolte à l’Etat et peuvent disposer du reste.

La « révolution culturelle » (1966 – 1969)
Mao réagit en lançant une révolution dans la révolution pour éliminer les « mandarins rouges » qui s’opposent à lui (Liu Shaoqi, Deng Xiaoping). Pour cela il appelle à la révolution culturelle.

En 1964, sa femme, Jiang Qing, réforme l’opéra de Pékin en y faisant jouer des pièces mettant en scène des héros positifs communistes.

L’armée distribue le « Petit livre rouge », des citations de Mao qui doivent servir de catéchisme à tous les Chinois.

En 1966, à l’université de Pékin, des dazibao, « affiches en gros caractères », dé- noncent les « révisionnistes » qui sont attaqués par des groupes d’étudiants maoïstes, c’est le véritable début de la révolution culturelle qui va durer 3 ans, jusqu’en 1969. On livre à la jeunesse déchainée des Gardes rouges les « cadres engagés dans la voie de la restauration du capitalisme, les Khrouchtchev chinois et leurs complices », on détruit les vieilleries car « toute rébellion est juste ». Les Gardes rouges humilient, frappent et tuent des milliers de suspects. Des groupes de Gardes rouges « loyalistes » et « rebelles » s’opposent dans les grandes villes et s’en prennent aux diplomates étran- gers dans la capitale.

Mao utilise l’armée et sa garde prétorienne, l’unité 8 341, pour reprendre le contrôle de la situation et 16 millions de jeunes sont envoyés dans les campagnes pour y être rééduqués par les paysans. Il clôt la révolution culturelle en 1969 en faisant exclure Liu Shaoqi du parti, il mourra en prison, Deng Xiaoping a échappé de peu à la mort.

3 -Volte face diplomatique et succession de Mao

La volte face diplomatique
Si Mao a un certain prestige auprès de jeunes révolutionnaires occidentaux (« maoïstes » de mai 1968 en France par exemple), sa politique étrangère, inspirée par la théorie des Trois monde, connait peu de succès. La France de de Gaulle, qui affirme son indépendance par rapport aux deux Grands reconnait la RPC en 1964.

Une seule démocratie populaire s’est ralliée à la Chine : l’Albanie.

En Afrique les Chinois ont des intérêts et une influence en Tanzanie.
La Chine a deux ennemis principaux en Asie : l’URSS et à l’Inde, ce qui la conduit à se rapprocher du Pakistan, s’éloigner de la République démocratique du Vietnam (proche de l’URSS).
En 1969 les incidents de frontière très graves éclatent avec les soviétiques le long de l’Oussouri, ceux-ci envisagent d’utiliser l’arme atomique et sondent les Américains. Alors qu’en 1967 ces derniers encourageaient les pays d’Asie du sud-est à former l’Asean pour contrer le communisme, les États-Unis vont maintenant chercher à affaiblir l’URSS en se rapprochant de la Chine :

- en 1971 l’équipe de Ping-pong des Etats-Unis accepte une invitation en Chine, et la même année Kissinger se rend secrètement dans le pays pour préparer une visite de Nixon,
- les USA lèvent leur véto à l’entrée de la RPC à l’ONU qui occupe le siège de la Chine au conseil de sécurité alors que Taiwan est exclu de l’organisation (ce que n’avaient pas prévu les dirigeants américains)
- Nixon vient à Pékin rencontrer Mao en février 1972.

Les dernières années de Mao
Pendant la révolution culturelle, la situation du pays s’est dégradée : la production a baissé (85% de celle de 1965), les recettes de l’Etat se sont effondrées, la société est déstabilisée (délinquance, absentéisme au travail)
Le PCC est divisé entreLes pragmatiques (Zhou Enlai, Premier ministre, Deng Xiaoping) qui veulent relancer l’économie par Quatre modernisations : agriculture, industrie, science et technologie et défense.

Les idéologues, soutenus par Mao : la « Bande des Quatre » proches de sa femme Jiang Qing. Après la mort de Zhou Enlai, en janvier 1976, c’est le ministre de l’intérieur, Hua Guo- feng, qui n’est d’aucun des deux clans, qui est choisi par Mao pour lui succéder et qui devient Premier ministre. Deng est destitué de ses fonctions dans le parti et l’armée.

La succession de Mao
Mao Zedong, meurt le 9 septembre 1976. Sa veuve et la « bande des quatre » sont arrêtés par Hua Guofeng. Celui-ci se veut l’héritier du Grand Timonier dont il fait construire le mausolée place Tian’anmen. Il a un programme qui s’inspire du volontarisme maoïste, mais, sous pression de dirigeants militaires qui l’ont aidé à éliminer la Bande des Quatre, il doit accepter le retour au pouvoir de Deng en 1977.
Pour améliorer le sort des paysans, celui-ci soutient des initiatives locales de vente libre des surplus agricoles, qui ébranlent le principe de la collectivisation. Il formule son principe du « critère de la pratique » (« tout ce qu’à dit ou fait Mao n’est pas forcé- ment juste, il faut juger d’après les résultats », « qu’importe la couleur du chat, pourvu qu’il attrape les souris »).
Des dazibaos dénoncent Mao, exigent une 5e modernisation : la démocratie. Deng, utilise ce courant démocratique pour affaiblir Hua et conquérir le pouvoir en dé- cembre 1978 avant de s’en détacher.

II Fuqiang : la richesse (fu) et la force (qiang) – Réformes économiques et ouverture internationale (1978-1989)

A – Les réformes modernisatrices

• Deng place ses proches aux postes clés (Zhao Ziyang, Premier ministre, Hu Yaobang Secrétaire général du PCC)
Son programme tient d’abord dans les Quatre Modernisations qui sont mises en œuvre en 1978-79.

La priorité est accordée à l’agriculture : les communes populaires sont démante- lées, les paysans peuvent exploiter individuellement une partie des terres et en vendre le produit sur les marchés, choisir leur production. La croissance est très nette.

Dans l’industrie, la planification devient indicative pour les entreprises privées, de petite taille, qui peuvent rechercher le profit.
Certaines entreprises d’Etat obtiennent le droit de former des joint-ventures avec des entreprises étrangères et 4 ZES (zones économiques spéciales, zones franches d’exportation – 1980) sont inaugurées pour gagner des devises et des transferts de technologie ; plus tard ce furent 14 villes côtières, puis 3 régions littorales ; en 1988 toutes les villes du littoral sont ouvertes puis en 1990 les villes des régions frontalières (Russie, Asie centrale, Birmanie, Vietnam)

La 4e modernisation, celle qui concerne le domaine militaire, est de moindre priorité, car il ne faut pas effrayer les partenaires, avancer discrètement.La politique de l’enfant unique est inaugurée pour permettre l’élévation du niveau de vie.

B – Les relations avec l’occident

• Les relations avec l’occident s’améliorent et des relations diplomatiques sont établies avec les États-Unis en 1979, des accords commerciaux, de coopération et culturels sont signés. Deng se rend en voyage officiel aux Etats-Unis (1979)

En 1984 un accord sur la rétrocession de Hong Kong est signé avec le R-U pour entrer en vigueur en 1997 : « un pays, deux systèmes »

C– Le mouvement de la place Tian’anmen (1989)

Au milieu des années 1980, les réformes atteignent leurs limites (dégradation de la situation des campagnes qui manquent de capitaux et où le statut encore collectif des terres décourage l’investissement, système irrationnel des prix industriels qui génère de la corruption)

Zhao Ziyang et Hu Yaobang proposent d’intensifier les réformes (libéraliser les prix, diminuer la planification), et soutiennent une évolution vers la démocratie et critique la politique chinoise au Tibet, d’autres proposent un renforcement du contrôle de l’Etat.
En 1987, Hu Yaobang est limogé. C’est l’option autoritaire qui semble l’emporter en 1989, alors que Gorbatchev mène la Glasnost et la Perestroïka en URSS et en Europe de l’est.
La mort de Hu Yaobang, le 15 avril 1989, déclenche un mouvement de protestation démocratique des étudiants de Pékin qui se répand dans tout le pays. Gorbatchev, en visite officielle en Chine est détourné des lieux des manifestations mais la presse internationale rend compte des événements. 1 000 étudiants commencent une grève de la faim sur la place Tien’anmen.
Le 20 mai, Deng fait proclamer la loi martiale est déclarée, des chars entourent Pékin mais la foule les empêche de pénétrer dans la ville. Les étudiants érigent une statue de la liberté sur la place, mais dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 les chars pénètrent dans la ville et massacrent les protestataires, faisant vraisemblablement plusieurs milliers de victimes. Zhao Ziyang est limogé et placé en résidence surveillée (jusqu’à sa mort en 2005). A la rentrée suivante les étudiant sont envoyés en rééducation auprès des militaires.

III – Relance et approfondissement des réformes

A– Poursuivre les réformes et « fuir la lumière » (1989-1992)

Deng veut que la Chine poursuive son avancée sur la voie du développement économique, par des réformes de longue durée (un siècle), et dans la stabilité poli- tique, sous le contrôle du parti. Sa succession est réglée entre 1990 et 1993 au profit de Jiang Zhemin qui poursuit sur la même voie et fait adopter par le parti le principe de « l’économie socialiste de marché » en 1992. Le « petit timonier » meurt en 1997.

Les réformes appliquées aux ZES sont accordées à toutes les régions qui les demandent, les prix sont libérés, un système bancaire moderne est mis en place, les privatisations d’entreprises d’État se multiplient et les entrepreneurs accueillis dans le parti (2001).Ce sont des années de croissance record : 14% en 1993.

Le niveau de vie augmente nettement et une classe moyenne d’une centaine de millions de personnes fait son apparition s’ouvre aux influences étrangères, d’abord celle des Chinois de la diaspora, et au mode de vie à l’occidentale (loisirs – 2 week-end de repos par mois – karaoké, tourisme, nouvelles habitudes alimentaires, etc.)

Dans le reste du pays le progrès n’avait pas atteint tous les villages dont 25% restaient inaccessibles faute de routes, et 80 millions de paysans vivaient sous le seuil de pau- vreté, recherchant à émigrer vers les villes.

« Fuir la lumière »
Après la répression de Tian’anmen, l’isolement sur la scène internationale, l’em- bargo occidental sur les ventes d’armes, la baisse des investissements étrangers et du tourisme, poussent Deng à renouveler sa recommandation de faire profil bas « en fuyant la lumière et en recherchant l’obscurité ».
La Chine se montre conciliante envers les Etats occidentaux et ses voisins : pas de véto pendant la 1ère guerre du Golfe, accord de reconnaissance des frontières avec la Russie, ratification du traité de non-prolifération en 1992, participation aux forums de l’ Asean à partir de 1993.

Cependant elle reste intransigeante sur certains principes : la non-ingérence dans ses affaires intérieures et l’affirmation de sa souveraineté sur Taiwan (refus de toute indépendance et droit de recours à la force armée pour rétablir sa souveraineté sur l’ ile)

B – Les ambitions s’affirment (1992- 2002)

Une stratégie de « grand pays »
Après le départ de Deng, en 1992, ses successeurs (Jiang Zemin) adoptent une « stratégie de grand pays » En 1996 ils organisent de grands manœuvres navales devant Taiwan et tirent des missiles,lors de la crise du Kosovo en 1999 elle soutien la Serbie.

Les ambitions diplomatiques de la Chine en Asie s’affirment et elle renoue des relations avec ses voisins : Inde, nouvelles républiques d’Asie centrale, Russie qui lui vend des armes et avec laquelle elle met au point le groupe de Shanghai en 1996 (qui est deve- nue depuis l’organisation de coopération de Shanghai, une stratégie de quasi alliance, en 2001). A l’approche du nouveau millénaire le miracle économique se poursuit (croissance de +10% par an en moyenne entre 1995 et 2005).
Le pays entre dans la mondialisation de manière fracassante :
la Chine intègre l’OMC, (2001). Pékin est choisie pour accueillir les JO de 2008 et en 2002 Shanghai l’est pour accueillir l’exposition universelle de 2010.

Le pays passe de la 6e puissance mondiale en 2000 à la 2e en 2010, devient le 1erexportateur mondial (2009) et 2nd importateur, forme plus de 800 000 ingénieurs par an et développe des hautes technologies (Taïkonaute en 2003, centrales nucléaires, TGV)

Hu Jintao et la « société harmonieuse »
En 2002 Hu Jintao, qui doit son ascension à Deng (et à Zhao Ziyang), devient Secré- taire général du PCC, puis président de la République en 2003 (réélu en 2008 pour 5 ans) ; considérant que la stratégie agressive s’avère contreproductive en terme d’image, il décide d’un nouveau tournant tactique : il s’agit de développer une « société harmonieuse dans un monde harmonieux ».

C – La « montée pacifique » (depuis 2003)

L’atelier du monde a les moyens d’avoir de grandes ambitions internationales traduites par le slogan de « montée pacifique » (2003) :

Maitriser les étendues occidentales de son territoire en le sinisant (Xinjiang, Tibet) et contrôler ses abords maritimes (litiges avec les Corées, le Japon, les Philip- pines, le Vietnam à propos des iles Spratleys ou Paracels)
Recouvrer Taiwan : proposition d’une réunification sur le modèle hongkongais : « un pays deux systèmes », ce que refusent les Taiwanais. Les économies sont très liées et personne n’a intérêt à une guerre.

Entretenir de bonnes relations avec les États-Unis, l’Europe et le Japon avec les- quels l’interdépendance commerciale et financière s’est approfondie mais des points de tensions demeurent (excédent commercial et sous évaluation du Yuan, droits de l’homme, Tibet, Taiwan, Iran). L’embargo sur les armes n’est pas levé.

Recherche de stabilité dans la relation sino-américaine car la Chine a besoin du marché américain et place ses réserves en bons du trésor US. Les Etats-Unis ont une supériorité militaire écrasante dans la région Asie-Pacifique, qu’ils consi- dèrent comme leur première priorité pour le XXIe siècle. Ils encerclent toujours la Chine par leurs bases et leurs alliances (Japon, Corée du sud, Taiwan, Thaï- lande, Singapour, Philippines, Inde, Pakistan, Afghanistan, Kirghizstan, Ouzbé- kistan

L’Europe est considérée de manière plus arrogante : cf. réaction chinoise contre les critiques françaises lors des JO de Pékin ; elle profite de la crise pour s’implanter dans des pays périphériques européens : Grèce – rachat du terminal 2 du port du Pirée – Serbie, Bulgarie, mais aussi dans le cœur économique du vieux continent (700 entreprises chinoises en Allemagne emploient 7 000 salariés, une centaine en France)

Avec le Japon des contentieux historiques et territoriaux demeurent mais les économies sont étroitement imbriquées (10 millions de Chinois travaillent dans des usines japonaises)

◦ Développer sa coopération avec les principaux émergents et les puissances régionales :

- Russie (parvenir à établir un condominium sur l’Asie centrale)
- Réconciliation avec l’Inde (1ersommet des BRIC en 2009) mais réel contentieux à propos du dalaï-lama
- Liens privilégiés avec des puissances régionales du Moyen-Orient, d’Afrique ou d’Amérique latine (Iran, Egypte, Afrique du sud, Nigéria, Soudan, Angola, Brésil, Mexique, Argentine, Venezuela, Chili).
La Chine y investit sous forme de prêts qui servent à faire construire des infra- structures par des entreprises chinoises et à consolider ses approvisionnements (acquisition de mines, des exploitations pétrolières et des terres)• De nouveaux instruments de puissance Les vecteurs de cette puissance chinoise sont avant tout les investissements, le commerce mais des évolutions sont en cours :

◦ A partir de 2004, se rendant compte que l’influence économique ne suffit pas, (parex. en Afrique, encore très tournée vers l’Occident) développent une stratégie de soft power : instituts Confucius (250 en 2007, en 1 000 en 2020), radios et télévisions internationales.

◦ La modernisation de l’armée chinoise est très nette depuis 1992. Son budget a doublé entre 2000 et 2005 et devait encore doubler d’ici 2015. Estimé à $ 120 milliards (1/2 de celui des USA) il est le second au monde, et la Chine se dote d’une flotte de haute mer, d’une flotte aérienne, de missiles et de toutes les dernières technologies. se montrent capables de défendre leurs intérêts à l’étranger (elle en a, ce qui est aussi une nouveauté)

en 2012, récupération de 20 000 Chinois en Lybie, 1erporte avion nucléaire (aout 2012)

Conclusion :

La puissance chinoise effraye aujourd’hui : pour preuve les titres d’ouvrages récents parus sur ce sujet en France : La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? (2005), Quand la Chine veut vaincre (2007), Le Vampire du Milieu (2010), L’arrogance chinoise (2011), La visée hégémonique de la Chine (2011)

Elle est accusée d’être un paradis pour la contrefaçon et de la corruption, d’être un concurrent déloyal et d’être à l’origine de la désindustrialisation des pays développés, qui pourtant à bien d’autres causes. On la soupçonne de vouloir bâtir un duopole avec les Etats-Unis, voire de préparer son hégémonie.

Si le monopole de l’Occident est incontestablement terminé, il ne faut pas négliger certaines faiblesses de la nouvelle puissance asiatique :
• son vieillissement : la Chine risque d’être vieille avant d’être riche. Le problème des retraites est épineux (moins d’ 1/4 des ruraux et des mingongs sont couverts contre 90%des citadins)
• la contestation sociale qui se développe et risque de s’amplifier avec les difficultééconomiques (ralentissement de la croissance à 7,5% en 2012) ; le pays n’est pas à l’abri de nouvelles phases d’instabilité. La Chine est devenue un des pays les plus inégalitaires du monde (son indice de Gini est de 47, presque autant qu’au Brésil). Les chiffres officiels font état de 200 000 « incidents de masse » (émeutes) en 2010 ayantfait  dizaines de morts !

• La situation de certaines minorités, qui sont les plus pauvres du pays (Hui, Oui- ghours, Tibétains) recèle un fort potentiel de contestation (émeutes de Lhassa en 2008, d’Urumqi en 2009)

• son soft power est encore très modeste : son modèle politico-économique (le consen- sus de Pékin), soit un État-parti autoritaire et une économie libérale, n’est pas expor- table et peut-être pas viable en période de crise du monde développé. Le laogaï existe toujours et les exécutions capitales sont très courantes (4 000 en 2011 ?).

• Sa croissance a un fort impact en terme de dégradation de l’environnement : consommation d’énergie trop élevée (son industrie consomme, pour les mêmes fabri- cations, 50% de plus qu’en Europe) elle est le 1er émetteur de GES, la pollution et la gestion de l’eau son calamiteux, pollution de l’air très grave, la déforestation se poursuit et la gestion des déchets anarchique.

Xi Jinping, nouveau secrétaire général du PCC en novembre 2012, et la nouvelle équipe qui va succéder à Hu Jintao et Wen Jiabao (Premier ministre jusqu’en 2013) auront donc fort à faire.

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